Jacky Morael

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jeudi 5 janvier 2012

Une 2012 aussi douce... que possible

A toutes et tous, une 2012... aussi douce... que possible. Mais des doutes me viennent.

L'an nouveau a, comme de coutume, provoqué son torrent (depuis Fukushima, on n'ose plus parler de tsunami, décence oblige) de voeux de toutes origines et de toutes natures. Des plus sincères et personnalisés, des plus imaginatifs aux plus tarte à la crème, des plus naïfs et aux plus cyniques. Aux plus inutiles et ridicules aussi, lorsque je vois s'amonceler dans ma caisse de papiers à recycler ces innombrables cartes quadrichromées sur papier glacé émanant de toutes les institutions, organismes, notables et lobbys du pays qui se croient obligés d'inonder ma boîte aux lettres de voeux aussi pompeux qu'hypocrites.

J'ai toujours détesté les cartes de voeux, comme d'ailleurs les musiques et illuminations de Noël, sources impitoyables de cafard chez moi. Tout particulièrement cette année. Mais, recevoir de ces goinfres jamais rassasiés qui nous ont foutus dans la merde leurs meilleurs souhaits de bonheur et de prospérité a, je dois dire, émoussé mes convictions pacifistes et mon passé il est vrai lointain d'objecteur de conscience.

Cette année, j'ai quand même, par politesse ou bienveillance (allez savoir), adressé quelques voeux à ceux qui veulent bien me lire. Lâchement. Du bout des doigts. Sur fessebouc, par sms, par mail ou sur touiteur (oui, je me suis décidé à m'y lancer, après de longues hésitations dues à ma méfiance devant mon indécrottable impétuosité et mon incapacité incurable à me réfréner quand l'envie me prend de balancer un scud verbal ou écrit à qui me semble le mériter, à tort ou à raison).

Cette année, j'ai eu du mal.

Alors, pour ne pas mentir et pour ne pas être grossier ou paraître indifférent au sort de mes contemporains, je me suis replié sur une formule prudente, ni trop béate ni trop plombante, et n'ai rien pu trouver de mieux que "Une 2012 aussi douce que possible".

Que dire de plus et que souhaiter sans mentir ? Que faudrait-il fêter et de quoi devrions-nous nous réjouir ?

Du printemps qui s'est enfin levé sur les pays arabes et de l'espoir qui s'est enfin fragilement ouvert pour des millions d'hommes et de femmes que l'on croyait ou disait condamnés au mépris des droits les plus élémentaires. De la chute pitoyable de quelques dictateurs féroces que nos gouvernements ont maintenu en place pour des raisons dicibles et indicibles. Soit, c'est là une raison de se réjouir.

Mais après ?

L'ordre des choses, enfin le prétendu tel, n'a été en rien modifié. Nous sommes entrés dans la plus grave crise économique et systémique depuis 1929. Celle qui a jeté des millions de travailleurs et d'exclus dans les bras du fascisme, dans la recherche de boucs émissaires, dans la boucherie mondiale et l'abomination finale.

Les causes de cette crise mortifère sont connues, identifiées, analysées, décortiquées, commentées. Tout est sur la table. Tout est connu, rien n'est contesté. Même par les ex-apôtres du néo-libéralisme, aujourd'hui repentants du bout des lèvres, amnésiques ou résistants de la 25ème heure. Cupidité sans limite dans l'explosion des bonus, cynisme absolu quand les sociétés spéculaient contre leurs propres produits, dérégulation forcenée et purement idéologique des activités bancaires et financières, abus de la crédulité des épargnants et des emprunteurs, création de bulles artificielles au détriment de l'économie réelle, collusions obscènes avec les décideurs politiques, socialisation des pertes et privatisation des profits. Les criminels en col blanc s'en tirent dans la totale impunité, bronzés, blanchis, les poches pleines et renfloués par l'argent des contribuables qui vont payer la facture des états qui se sont endettés à forts taux d'intérêts pour éponger les pertes et éviter l'effondrement du secteur financier.

Et, durant ce temps qui presse, l'Europe peine et tarde à mettre en place les seuls remèdes efficaces et impose à ses Etats-membres des politiques d'austérité budgétaire et sociale aussi inopérantes qu'injustes et même contre-productives. "Récession" est le mot revenu à l'ordre du jour. La machine à redistribuer les richesses à l'envers, déjà à l'oeuvre depuis 30 ans dans toute l'Europe, va s'emballer de plus belle. Il y a deux jours, le JT nous annonçait, le sourire en coin, que l'industrie du luxe ne s'était jamais aussi bien portée, partout dans le monde. Pourquoi ce sourire ? Parce que le Tax Freedom Day a commencé le 2 janvier pour les millionnaires alors qu'il ne s'ouvre que le 9 juin pour tous les autres, peut-être ?

Minute, Papillon...

Et chez nous, en Belgiek, que passa ? Chouette, après plus de cinq-cent longues journées et interminables nuits d'immobilisme, d'intrigues, de portes claquées et de zwarte-piet (valet puant pour les wallons), nous avons enfin un gouvernement de plein exercice, avec une majorité et une opposition parlementaires. Le roi en fut content et le peuple aussi. Faut dire qu'à la longue, nous devenions la risée du monde entier et les citoyens n'en pouvaient plus d'une telle indigence. Paraît-il. Mais voilà, comme je l'avais bien supposé, tous ceux qui s'étaient mobilisés pour protester, menacer, pétitionner, manifester et vociférer contre cette incapacité crasse à donner un gouvernement au pays se sont retrouvés Gros-Jean comme devant une fois la messe dite et obligés de reprendre la plume et les chaussures pour manifester contre les mesures décidées par ce gouvernement tant attendu. Ironie du sort...

Nous, on a fait notre job. Rechercher des solutions et ne pas ajouter du chaos au chaos, comme dit si bien Jean-Mi. Avec nos potes de Groen!. Dans des circonstances épouvantables pour tout le monde. Alors que la planète économique brûlait et que la hausse des taux prenait le pays à la gorge, certains continuaient à faire d'un accord institutionnel (BHV, transferts de compétences, loi de financement, et tutti quanti) un préalable à toute formation d'un gouvernement socio-économique... On a les révolutions coperniciennes qu'on peut. Pfff. L'accord a été conclu, estimé équilibré et nous le mettrons loyalement en oeuvre au parlement. La perspective socio-économique, vu le contexte, était vertigineuse, mais nous étions prêts à entrer dans une négociation, bardés de propositions techniques (par exemple http://web4.ecolo.be/?Il-est-possible-de-faire-un-budget). En quelques jours, il en a été décidé autrement.

Faut dire qu'une fois le CD&V convaincu par le gros doigt du Palais de dépasser sa trouille et d'écarter la NVA et une fois les verts du nord et du sud écartés de la table des négociations gouvernementales par un diktat libéral, les choses sérieuses pouvaient enfin commencer entre les trois familles traditionnelles. Comme au bon vieux temps de la Belgique de papa, ma bonne dame. Chrétiens (pardon, centristes radicaux), libéraux (rebaptisés réformateurs, ça fait moins peur) et socialistes (?!?) se sont retrouvés seuls autour de la table. Avec l'ombre omniprésente de Bart De Wever planant en permanence, comme une sourde menace pour l'avenir des partis et du pays. Rien que ça. Remarque au passage, avec les verts, le rapport de force s'en serait trouvé tout autre et la gouvernement disposerait d'une majorité parlementaire flamande, privant ainsi BDW de son principal argument, sinon le seul... Je dis ça, je dis rien.

Mais, je m'égare. Nous avons donc un gouvernement. Un premier ministre francophone. Et même un chief economist à la Banque centrale européenne.

Équidistance ou courage ?

Au parlement, le ton est déjà donné. Dans tous les débats, les ministres nous font désormais systématiquement remarquer que les deux oppositions réelles, la NVA et les écologistes, critiquent et proposent dans des sens diamétralement opposés. Et que donc, se trouvant au juste milieu de ce feu de critiques et d'exigences, le gouvernement a forcément raison. Curieux raisonnement, n'est-ce pas ? Car les vraies questions ne sont pas dans l'équidistance. Elles sont dans la justice et dans l'efficacité. Pas dans l'entre-deux frileux entre les nationalistes ultra-libéraux et les verts progressistes et novateurs. En politique, il faut toujours faire des choix.

Ce qui a une fois de plus primé est que chacun puisse se valoriser auprès de son électorat. Les libéraux arguent avec fierté avoir défendu la courageuse classe moyenne, celle des gens qui se lèvent tôt pour bosser dur, alors qu'en réalité ils ont surtout veillé à protéger ceux qui se lèvent tard, assurés de leurs rentes et de leurs placements mobiliers et immobiliers, ceux qui usent et abusent de l’ingénierie fiscale. Les sociaux-chrétiens flamands pourront dire qu'ils ont obtenu plus de concessions communautaires que la NVA et leurs frères francophones du CDH qu'ils ont imposé leur centrisme radical (là, je sèche, faudra qu'on m'explique). Et les socialistes, en plus du trophée de premier ministre wallon, pourront invoquer l'inusable "sans nous, ça serait pire".

La nouvelle cuvée gouvernementale se prépare-t-elle à des réformes structurelles susceptibles de contrecarrer la crise multi-forme à laquelle nous sommes confrontés (sociale et sociétale, économique et écologique, immédiate et générationnelle) ? The dutty of the opposition is to oppose, mais, sans faire de procès d'intention, ont peut sérieusement en douter. Les seules mesures concrètes prises et imposées à la hussarde et dans l'urgence au parlement l'ont été pour rassurer les marchés et l'Europe et vont frapper de plein fouet les personnes déjà les plus fragilisées et précarisées (voir le site de la CNE http://www.jugezparvousmeme.be/). Et ce dans une arrogance et un mépris de toutes les traditions de concertation qui nous ont valu la troisième grève générale en 25 ans d'histoire ! Les jeunes, les femmes et les aînés vont payer le prix fort, tandis que les mesures structurelles attendues en restent à l'état de promesses au calendrier indéfini. Le train et les économies d'énergie à la diète. Régulation des marchés et des métiers bancaires ? Lutte contre la fraude et la spéculation ? Contrôle des prix ? Words, words, words.

Il s'agira donc d'être vigilants et pugnaces, d'autant qu'on nous annonce un contrôle budgétaire et de nouveaux "efforts" dès mars prochain.

Bon, demain est un autre jour et l'année ne fait que commencer. Je vous la souhaite donc... aussi douce que possible.

En attendant, je vais me replonger dans le dernier Murakami (1Q84) et dans le recueil de nouvelles de Jean Vautrin qui m'avait échappé en 2005. Génial hymne syncopé aux "éclopés de la vie". Il s'intitule "Et si on s'aimait ?". Tout simplement.

dimanche 11 septembre 2011

10 ans après le 11 septembre : serons-nous à la hauteur du « Printemps des Arabes » ?

Voici un texte de réflexion qui, comme le plus souvent à Ecolo, est le fruit d'une oeuvre collective. Il est porté et co-signé par Sarah Turine et moi. Je remercie tous ceux qui y ont activement collaboré et qui se reconnaîtront.

Dix ans nous séparent du 11 septembre 2001 et c’est comme si un siècle s’était écoulé. Au moment où se déroulent les commémorations du Mardi Noir, les sociétés arabes semblent opposer un démenti cinglant à celles et ceux qui glosaient sur « l’exception arabe ». Aux yeux de trop nombreux observateurs, ces sociétés, parce que majoritairement musulmanes, étaient non seulement vouées à vivre sous des régimes autoritaires mais elles ne pouvaient évoluer que de manière irrationnelle, violente voire terroriste et certainement pas pacifique et démocratique. Aujourd’hui, le « Printemps des Arabes » secoue le joug de nombreux régimes dictatoriaux et sonne la fin de l’exception. Pour autant, les « Révolutions de la Dignité » du printemps 2011 sont-elles à ce point à des années-lumière de la tragédie sanglante du 11 septembre 2001 ? De même, le « Printemps arabe » signe-t-il l’échec d’Al-Qaïda ? Ce serait peut-être aller vite en besogne et, surtout, cela nous épargnerait à nous occidentaux la tâche nécessaire d’introspection et de critique.

En frappant les Etats-Unis au cœur-même de leur puissance économique et militaire, les commandos terroristes réunis sous la bannière d’Al-Qaïda entendaient déclencher une onde de choc qui pousserait l’hyper-puissance américaine dans un conflit planétaire et entraînerait à terme la déstabilisation, voire l’effondrement des régimes dictatoriaux en place sous la pression des masses, à commencer par les dictatures qui avaient forgé une alliance stratégique avec le monde occidental, au profit d’alternatives théocratiques. De fait, au lendemain du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont déclenché deux opérations militaires dont l’onde de choc n’a pas fini de se faire sentir. En novembre 2001, avec un mandat du Conseil de Sécurité des Nations unies, une coalition internationale emmenée par Washington envahissait l’Afghanistan et renversait le régime des talibans. En mars 2003, sous le prétexte fallacieux du soutien au terrorisme et de la détention d’armes de destruction massive par Bagdad, les Etats-Unis, sans mandat de l’ONU, envahissaient unilatéralement l’Irak et renversaient le régime totalitaire de Saddam Hussein.

Les attentats du 11 septembre ont poussé les Etats-Unis et leurs alliés, qu’il s’agisse des démocraties occidentales ou des dictatures arabes, dans une surenchère sécuritaire, aux conséquences désastreuses. Conséquences désastreuses en Occident, où ce sont les valeurs au cœur-même de son projet démocratique qui ont été foulées aux pieds. D’une part, les populations occidentales d’origine musulmane ont été arbitrairement ciblées par des mesures fondées sur la suspicion. D’autre part, de nombreuses démocraties occidentales se sont autorisées à adopter des mesures contraires à leur éthique officielle, allant de la banalisation de la torture dans l’enceinte d’exception qu’est encore et toujours la base de Guantanamo, jusqu’à la sous-traitance de cette même torture dans le cadre des tristement célèbres programmes de « restitution » dénoncés par une série d’ONG de défense des droits de l’Homme. Par ces mesures de « restitution », de nombreux pays occidentaux confiaient aux régimes arabes alliés le soin de pratiquer la torture sur leurs opposants suspects de terrorisme et ce, en toute quiétude, c’est-à-dire sans risquer d’être contredits par des organisations de défense des droits de l’homme, des organisations inexistantes là-bas car évidemment interdites et frappées de répression. Et conséquences désastreuses pour les populations sous le joug des régimes autoritaires arabes. En effet, les attentats du 11 septembre ont offert un sursis à des régimes largement démonétisés aux yeux de leurs sociétés en leur permettant de « se vendre », encore et toujours, à leurs alliés occidentaux comme les meilleurs remparts contre « l’islamisme ». Cette fable avait déjà été déclamée de main de maître par l’oligarchie militaire algérienne au début des années 90 pour justifier son maintien au pouvoir et l’écrasement violent des revendications politiques, économiques et culturelles, qu’elles soient émises ou pas par des mouvements politiques se réclamant de l’islam. Trouvant un auditoire conquis d’avance, les autres régimes arabes de la rive sud de la Méditerranée, jusqu’à la dictature libyenne de Kadhafi, avaient à leur tour entonné l’air de la lutte contre le terrorisme et l’islamisme pour trouver ou retrouver grâce aux yeux des élites politiques européennes et aussi, il faut l’écrire, aux yeux d’opinions européennes traumatisées par les sanglantes équipées d’Al-Qaïda. Au vu des bouleversements en cours depuis 2011 dans le monde arabe, la stratégie des idéologues criminels d’Al-Qaïda a fort heureusement, échoué à remplacer les totalitarismes existants par un autre totalitarisme. Mais elle est néanmoins parvenue à déstabiliser les autoritarismes arabes en poussant la nature sécuritaire de nombre d’entre eux jusqu’à son point de rupture. Au-delà de ce point de rupture, le « contrat » tacite passé entre les dictatures et des sociétés civiles acceptant, bon gré mal gré, de se retirer du jeu politique a été rompu dès lors que les régimes en place n’étaient plus en mesure de légitimer leur autoritarisme par une redistribution minimale de la richesse.

Autre constat que d’aucuns jugeront provocateur, les réponses formulées par les Occidentaux et leurs alliés arabes aux attentats du 11 septembre ont, dans une certaine mesure, mis à nu le partenariat euro-méditerranéen et l’inanité des politiques de voisinage menées par l’Union européenne en direction des rives méridionale et orientale de la Méditerranée. Depuis son entrée en vigueur en 1995, le Partenariat euro-méditerranéen avait toujours été dénoncé par les partis verts européens, qui en avaient prédit l’échec à moyen terme. Pour les écologistes, ce Partenariat était une fiction qui reposait sur l’aide économique et financière apportée par les démocraties européennes pour que les régimes dictatoriaux arabes ouvrent leurs frontières à nos biens et investissements, garantissent notre approvisionnement en pétrole, gardent leurs populations sous contrôle sécuritaire (sous prétexte de lutte contre le terrorisme islamiste) au prix de violations massives et sanglantes de leurs droits les plus élémentaires, et, surtout, nous aident à juguler, violemment si nécessaire, les flux migratoires vers le continent européen. Dénoncé par les écologistes depuis 15 ans mais, hélas, soutenu par la majorité des forces politiques de l’Union européenne, ce « modèle » vient de subir un échec politique et moral retentissant et sanglant. Il n’est donc pas inutile de rappeler que, contrairement à d’autres courants politiques européens contraints d’exclure de leurs « amicales » internationales des partis comme le RCD tunisien de Ben Ali ou le PND égyptien de Moubarak, les écologistes belges et européens n’ont été ni surpris ni déstabilisés par l’éruption contestatrice qui traverse l’ensemble du Maghreb et du Moyen-Orient arabes.

Dix ans après le 11 septembre et dans le contexte des printemps arabes, nous, écologistes occidentaux, estimons qu’une formidable fenêtre d’opportunité s’est ouverte pour vaincre Al-Qaïda et l’alternative totalitaire qu’il proposait aux totalitarismes en place. L’histoire générale des sociétés a montré vers quelles dérives mortifères la réalité de régimes politiques cadenassés pouvait mener des individus aliénés. Pendant plusieurs décennies et au terme de décolonisations empêchées, les sociétés arabes ont acquis une longue expérience de dictatures oscillant entre les régimes policiers, les monarchies de droit divin et les régimes de terreur. Le printemps 2011 a permis aux sociétés arabes de rappeler au reste du monde qu’elles n’avaient jamais renoncé aux valeurs de liberté et de dignité. Les démocraties souvent vieillissantes et désenchantées qui constituent notre Occident en crise financière, sociale, environnementale mais aussi morale seront-elles à la hauteur du défi prométhéen lancé par les peuples du Sud et de l’Est de la Méditerranée ? Les écologistes le souhaitent, parce qu’ils refusent le désenchantement démocratique auquel est en proie le Vieux Continent et parce qu’ils partagent l’exigence de liberté, de dignité et d’autodétermination des citoyens arabes.

Le partenariat euro-méditéranéen est en tout à état de cause à revisiter de fond en comble et devra respecter certaines balises sous peine d’être voué à l’échec : il faudra se garder de toute impatience inconsidérée à l’égard de ces démocraties naissantes et balbutiantes (en gardant présent à l’esprit que nos démocraties et nos états de droit ne se sont pas construits en un jour), comme de la tentation de pratiquer dans les faits un néo-colonialisme et un occidentalo-centrisme qui seraient désastreux pour toutes les parties. Seul un partenariat adulte mené dans le respect de chacun ouvrira la voie aux espoirs de paix et de développement.

Ce n’est qu’en relevant et en soutenant le défi démocratique posé par les sociétés arabes qu’Al-Qaïda et tout ce qui s’en inspire seront vaincus, par les Arabes et les Occidentaux. Ce n’est qu’à ce prix que le 11 septembre 2011 pourra déserter notre quotidien et entrer dans les pages sombres des livres d’histoire.

mercredi 12 janvier 2011

Un ras-le-bol citoyen, légitime ... et partagé !

BoîteDeSurvie(Thévenet)

__''Après plus de deux cents jours d'incessantes et pénibles discussions, la réforme de l'Etat, pourtant posée par certains comme condition préalable à la formation d’un gouvernement, est, à chaque fois, renvoyée sur sa ligne de départ, alourdie d'exigences supplémentaires par des gens dont le plaisir est insatiable et pour lesquels l'histoire et la course du monde paraissent inéluctablement tourner autour de leur fantasmes linguistiques, de leur volonté de revanche sur un passé révolu et, surtout, de leur indécrottable égoïsme de nouveaux riches.

Alors, de la population prise par les difficultés du quotidien et par les angoisses du lendemain, montent le ras-le-bol et l’exaspération, le rejet et le dégoût, la rage et l’exigence. Quoi de plus légitime, de plus normal, de plus compréhensible. Encore faut-il ne pas se tromper de colère. Et de cible… ''__

A voir l'abondance de courriers, d'interpellations et d'initiatives citoyennes, il en ressort une constante : TOUS les responsables politiques sont mis dans le même sac et accusés de se livrer à des jeux de bac à sable, de faire durer le plaisir et d'être déconnectés des attentes de la population. Ainsi, il suffirait des les "enfermer au pain sec et à l'eau" pour que par magie une solution émerge subitement. Ou de consulter la "sagesse populaire" pour que la solution soit, comme par miracle, trouvée.

Qui peut croire un seul instant qu'il peut y avoir un quelconque plaisir à trouver dans ces palabres surréalistes ?

Je ne me suis pas présenté et n'ai pas été élu pour ça.

Vraiment, j'ai autre chose à f...

Si je me suis engagé en politique il y a maintenant près de trente ans, c'est avec la volonté d'agir dans une démarche collective pour changer la vie, pour la rendre plus chaleureuse, plus humaine, plus respectueuse, plus solidaire. C'est là ma passion, ma raison d'être vivant et fier. Toute ma vie d'adulte a été consacrée à cela et je ne m'en plaindrai jamais, cet engagement ayant été source de rencontres personnelles et de découvertes intellectuelles qui ont émerveillé et enrichi mon existence. Qui lui ont donné du sens.

J'ai été élu sur un programme de parti et sur un engagement personnel. Pour porter au parlement des enjeux sociaux et écologiques, pour défendre la solidarité et les libertés citoyennes, la préservation de notre qualité de vie et de celle des générations futures, la juste répartition des richesses collectives. Pour défendre des idéaux démocratiques et planétaires.

Pas pour faire l'inverse.

Pas pour plier devant les diktats d'un parti qui, parce qu'il a gagné les élections dans sa communauté et parce qu'il est docilement suivi par son ancien allié, veut imposer au pays une régression sociale, économique et démocratique sans précédent.

Pas pour accepter docilement une négociation dont l'agenda caché est la dissolution à terme d'un Etat fédéral multi-culturel basé sur le droit des citoyens, son incapacité programmée à faire face à ses missions (assurer et financer les pensions, la solidarité, la justice).

Pas pour admettre un système de financement pervers qui appauvrira implacablement les personnes déjà les plus fragiles du pays.

Pas pour permettre une compétition dangereuse en matière fiscale entre les régions, à l'heure où l'Europe a tant besoin de cohérence et de convergence.

Pas pour rendre les institutions encore plus compliquées pour les citoyens, par exemple en matière de justice, d'allocations familiales ou d'emploi.

Un jour, il faudra voter au parlement

Il est urgent que notre Etat fédéral soit réformé, simplifié, modernisé, rendu plus efficace, plus responsable et plus transparent.

Quels que soient les partenaires autour de la table, ils seront acculés à se montrer constructifs et à négocier un compromis. Il est grand temps d'y parvenir sans quoi la formation d'un gouvernement de plein exercice ne sera toujours pas possible.

Mais ce compromis devra respecter les grands équilibres qui fondent notre pays. Et éviter les pièges de la lassitude, de la pression, du chantage et des caprices. Sans quoi, après un bref moment de soulagement, la désillusion sera grande et la facture très lourde. Pour tous les citoyens.

Car un jour il faudra bien voter ces réformes au parlement, avec toutes leurs conséquences. Et je n'ai ni l'envie, ni l'intention de voter contre mes convictions et contre le mandat de l'électeur. Ni l'envie, ni l'intention.

Et s'il se trouve encore des gens pour croire qu'il y a du plaisir à prendre dans la "bac à sable", qu'ils sachent seulement...

... que je préférerais, et de loin, consacrer mes heures à débattre et tenter de convaincre sur les enjeux réels et urgents du moment : le développement économique durable de notre économie, les emplois verts et utiles, la répartition équitable des contributions et des richesses, l'innovation, la construction européenne, l'éthique en politique, l'efficacité des services publics, etc, etc, etc.

... que je préférerais, encore plus, consacrer le temps enfin disponible à construire des moments de bonheur avec mon fils et mon amoureuse, avec ma famille et avec mes amis.

dimanche 12 décembre 2010

La longue marche vers plus d'éthique en politique

cumul7__2_.jpg Le parlement wallon vient d'adopter, dans le bruit et la fureur, le projet de décret qui limitera le cumul du mandat de député avec certaines fonctions exécutives locales (bourgmestre, échevin, président de CPAS). Ce vif débat a vu fleurir nombre de noms d'oiseaux, d'insultes et de déclarations-choc. Le débat n'est pas nouveau et, sous l'écume médiatique, se situe un long combat pour rendre à l'action politique ses lettres de noblesse et inscrire celle-ci dans une éthique exigeante, certes, mais indispensable. Coup d'oeil dans le rétroviseur.

Créé il y a tout juste trente ans, Ecolo décroche pour la première fois 3 sièges de députés aux élections législatives de 1981 avec un programme de 90 propositions placées sous le titre "Faire de la politique autrement".

D'emblée, ce titre vient nous rappeler que, contrairement a ce que certains continuent encore à affirmer, Ecolo n'est pas à sa naissance un parti environnementaliste mais bien la résultante des divers mouvements sociaux qui lui ont donné naissance : environnementalistes, bien sûr, mais aussi fédéralistes, féministes, pacifistes, tiers-mondistes, syndicalistes, objecteurs de croissance, défenseurs des droits civils, etc. Dès le départ, "Faire de la politique autrement" indique une volonté farouche de dépoussiérer une vie politique qui a fini par étouffer sous ses codes, ses habitudes et ses pratiques plus ou moins avouables, plus ou moins acceptables, plus ou moins légales.

Il faut se remémorer la vie politique de l'époque : une saga familiale à la Chabrol, engoncée dans ses rituels immuables, une bourgeoisie rance peuplée de mecs couillus, costumes trois-pièces-attaché-case, multipliant les cumuls de pouvoirs et dont le fonctionnement et les campagnes électorales sont assurés par les "enveloppes" distribuées par les entreprises privées, toujours en attente d'un providentiel "renvoi d’ascenseur" lorsqu'arrive le moment des décisions et des lois au parlement.

Entre personnes de bonne compagnie, tout finit toujours par s'arranger...

Et puis déboulent ces écolos, fers de lance d'une société civile qui crie son ras-le-bol et en appelle à ce qu'on ouvre grand les fenêtres.

Il faut que tout change pour que tout reste comme avant

Bien du chemin a été parcouru depuis trente ans et bien des avancées concrètes ont été engrangées. Il a été mis un terme au financement des partis et des campagnes par les entreprises au début des années nonante pour faire place à un financement public et objectif (sur base des suffrages récoltés). Les budgets de campagne ont été limités et contrôlés par une commission parlementaire ad hoc (toujours imparfaite, puisque toujours sur le mode contrôleur-contrôlé). Une déclaration annuelle des mandats et du patrimoine des élus est devenue obligatoire. Et tout cela sous la vigilance médiatico-citoyenne (cf l'excellente et impitoyable enquête annuelle de Cumuleo) et sous la menace de sanctions d'inégibilité.

Un autre terrain qui aura vu des avancées notables est celui de la présence des femmes en politique. Certes, des partis ont édicté leurs propres règles, comme Ecolo, où la parité effective est de stricte application -la règle de la tirette un homme, une femme-. Mais il aura fallu bien des mobilisations, bien des débats parlementaires pour que enfin les assemblées élues se féminisent et accordent enfin à l'"autre moitié de l'humanité" la place qui lui revient. Le résultat est encore loin de l'idéal, mais que de chemin parcouru ! Reste aussi a faire avancer cette cause dans d'autres sphères de notre vie sociale, notamment les syndicats et les entreprises (voir la proposition de loi de Muriel Gerkens sur la composition des conseils d'administration).

Ce n'est qu'un début...

Il faut donc replacer le débat au parlement wallon dans sa perspective historique, dans sa ligne du temps.

De nouveaux chantiers ne cessent de s'ouvrir : une proposition de loi interdisant les cumuls a été déposée par les verts au parlement fédéral, le gouvernement wallon vient de décider sur un projet diminuant d'un tiers le nombre de conseillers et de députés provinciaux, les parlements légifèrent sur la rémunération des "fonctions spéciales" (présidents de groupe ou de commission,etc).

A chaque fois, le même scénario se répète, qui oppose ceux qui veulent avancer à ceux qui disent "pas de précipitation, pas d'idéologie, pas de règle contraignante, laissons faire l'évolution naturelle des choses".

A chaque fois, ces derniers seront battus. Parce que "c'est la liberté qui opprime, c'est la loi qui libère".

Parce que la démocratie a sans cesse besoin d'être bousculée pour se régénérer.

Parce que, sans vouloir insulter quiconque, les chiens aboient, la caravane passe.

Aux éclaireurs de cette majestueuse caravane, un tout grand merci.

vendredi 22 octobre 2010

Financement des cultes et de la laïcité: pour en finir avec l'arbitraire et l'hypocrisie

Ce jeudi, j'ai déposé ma première proposition de loi de la session parlementaire.

Déjà déposée en 2001, sa discussion en commission avait été interrompue par la chute du gouvernement.

La Belgique est un des pays européens les plus rétrogrades sur ce sujet. La répartition des budgets (Ministère de la Justice) de financement des cultes et de la laïcité organisée est totalement arbitraire et ne correspond plus du tout à la sociologie des convictions des citoyens. Ainsi, le culte catholique récolte, à lui seul, plus de 80 % de ces budgets (sans compter les interventions des autres pouvoirs, par exemple au travers des fabriques d'église dont les déficits doivent être apurés par les communes).

Il aura malheureusement fallu les scandales de pédophilies et les inacceptables déclarations rétrogrades de Mgr Léonard pour que le monde politique, médiatique et les citoyens exigent que la clarté soit enfin faite sur ce système.

J'espère que, cette fois, le débat démocratique va enfin s'ouvrir.

Voici le texte de cette proposition.

Sénat

SESSION DE 2010-2011 __ Octobre 2010 __

Proposition de loi visant à fixer un critère objectif de répartition du budget finançant les cultes et la laïcité (déposée par J. Morael et Freya Piryns)

__ DEVELOPPEMENTS __

MESDAMES, MESSIEURS,

Les cultes jouissent en Belgique d’une liberté absolue d’adhésion et d’exercice, garantie par la Constitution. Celle-ci interdit toute ingérence de l’Etat dans l’organisation et l’exercice des cultes, tout en disposant que tous les pouvoirs émanent de la Nation. On ne connaît cependant pas en Belgique de séparation stricte entre l’église et l’Etat, telle que l’observe par exemple aujourd’hui la République française.

En effet, la Constitution, en son article 181, a conservé l’héritage du Concordat napoléonien en garantissant le financement des cultes reconnus en mettant à charge de l’Etat les traitements et pensions des ministres des cultes ainsi que des délégués chargés de l’assistance morale non confessionnelle. En plus de la laïcité organisée, six cultes sont actuellement reconnus : catholique romain, protestant, israélite, anglican, musulman et orthodoxe.

Le législateur n’a pas non plus modifié substantiellement les autres sources de financement que sont les fabriques d’églises. Celles-ci ont d’ailleurs été régionalisées le 1er janvier 2002 Il a, en outre, instauré des financements nouveaux, aussi divers que les aumôniers pénitentiaires et militaires, les émissions religieuses et de la morale laïque, l’exonération du précompte immobilier. Cependant, le budget global actuellement à charge de la collectivité et affecté au financement des cultes et de la laïcité organisée est proportionnellement bien au-dessous des revenus de la dîme et du patrimoine de l’église catholique sous l’ancien régime. De plus, l’actuelle répartition des budgets alloués au financement des cultes est injuste car elle n’est en rien le reflet de la véritable sociologie des opinions philosophique dans la population.

C’est pourquoi, il semble se dégager un consensus concernant la modification du système de financement des cultes reconnus, hérité du passé, et notamment le financement automatique du culte catholique sur base du nombre de paroisses, lui-même défini par le nombre d’habitants, quel que soit leur choix philosophique. Ce critère est différent de celui appliqué aux autres cultes et mouvements philosophiques, dont le financement se fait en fonction du nombre de « fidèles ». Toutes les estimations, tant de chercheurs indépendants que des instances des cultes eux-mêmes, indiquent une discordance entre la part de chaque culte dans la pratique des fidèles et la part du budget affecté.

Dans le même esprit, le gouvernement a annoncé qu’il donnerait la priorité à la mise sur un pied d’égalité des différents cultes reconnus ainsi que des organisations non confessionnelles et du culte islamique, à la suite de l’élection de l’organe représentatif de ce dernier. Ainsi, en octobre 2006 une commission « des Sages », nommées à l’instigation du Ministre de la Justice a déposé un rapport recommandant plusieurs réformes notamment quant à la transparence et la collecte de données en vue d’établir une répartition équitable des moyens budgétaires, la révision du système des pensions, …

La présente proposition de loi s’attache à réformer le système de financement des cultes et vise à établir le lien le plus objectif possible entre la répartition des subsides et la représentation de chaque culte dans la population, voire la part de la population qui estime que la collectivité ne devrait pas intervenir financièrement. Comme il a été mentionné plus haut, le financement actuel à charge de l’Etat fédéral, qui résulte de l’article181 de la Constitution, consiste en le paiement des traitements et pensions des ministres du culte et des délégués des mouvements philosophiques. Il paraît logique et équitable que ces moyens budgétaires soient répartis entre les différents mouvements bénéficiaires en fonction de leur présence dans la population belge.

Dans cette optique, la présente proposition impose de respecter dans le partage des moyens budgétaires une clé de répartition basée sur une enquête faite au sein de la population du Royaume. Le Roi est chargé d’organiser tous les 5 ans une enquête afin de pouvoir évaluer l’importance relative de chacun des mouvements reconnus. Lors de cette enquête, chaque citoyen majeur résidant sur le territoire du Royaume serait appelé à émettre un choix entre les cultes et mouvements philosophiques proposés ou à émettre un choix blanc. L'indispensable garantie de la protection de la vie privée et de la stricte confidentialité des choix philosophiques des citoyens ne représente aucunement un obstacle à cette proposition. Ainsi, il serait parfaitement praticable d'adresser périodiquement à chaque citoyen majeur un formulaire officiel anonyme où le choix entre l'uns des cultes reconnus ou la laïcité organisée serait à cocher. Ce formulaire serait à renvoyer au Ministère de la Justice sous enveloppe pré-adressée et pré-timbrée. Sur la base des résultats de cette enquête, le Roi, par arrêté délibéré en Conseil des ministres, détermine la clef de répartition des moyens budgétaires affectés au paiement des traitements visé à l’article 181 de la Constitution, entre les différents courants religieux et philosophiques. De cette façon, le nombre des ministres du culte ou des délégués de chaque mouvement philosophique, dont le traitement est pris en charge par l’Etat, sera proportionnel à la représentation de ce mouvement dans la population belge.

Cependant, si ce système est parfaitement applicable aux traitements des ministres du culte et délégués « pratiquants », il ne peut être appliqué à leurs pensions. En effet celles-ci ne peuvent être considérées comme le reflet de l’importance actuelle de l’un ou l’autre mouvement, mais bien résultant de la situation passée. En effet, si l’on considère la pension comme une rémunération différée, il ne serait pas logique de faire varier l’enveloppe budgétaire en fonction de l’importance actuelle des cultes dans la population. Dans le cas contraire des ministres du culte « retraités » pourraient être privés de leur pension dans la mesure où le mouvement qu’ils représentaient perd de l’influence. C’est pour cette raison que l’article 2 de la proposition exclut expressément l’application de la clef de répartition aux moyens budgétaires affectés au paiement des pensions.

PROPOSITION DE LOI __

Article premier

La présente loi règle une matière visée à l’article 78 de la Constitution.

Art.2

Les sommes portées annuellement au budget de l’Etat fédéral en vertu de l’article 181 de la Constitution, à l’exception des pensions, sont réparties entre les cultes et mouvements philosophiques reconnus par le ministre de la Justice en fonction de leur importance relative telle qu’elle résulte des coefficients déterminés par l’arrêté royal visé à l’article 4.

Art. 3 Tous les 5 ans, le Roi organise une enquête auprès de la population, dont Il détermine la forme, par laquelle tous les citoyens majeurs résidant sur le territoire du Royaume déclarent leur choix pour un culte ou un mouvement philosophique reconnu ou déclarent se reconnaître dans aucune des propositions formulées.

Art. 4 Des résultats de l’enquête organisée en application de l’article 3, il est déduit l’importance relative de chacun des cultes ou mouvements philosophiques, qui est traduite dans un coefficient attribué à chacun des cultes et mouvements reconnus et dont la somme est égale à un. Ces coefficients sont sanctionnés par un arrêté royal délibéré en Conseil des ministres.

Art. 5

L’article 2 est applicable pour la première fois lors de l’année budgétaire 2011

Jacky Morael Freya Piryns

jeudi 2 septembre 2010

Le sérieux et les Toshiba's Boys

FricFraude.jpgSans doute allèchés par un éventuel et providentiel retour du MR et du VLD aux affaires, certains, dont Gérard Deprez ont osé affirmer qu'avec eux la négociation serait beaucoup plus sérieuse et aurait plus de chances d'aboutir, et ce au plus grand bénéfice des francophones.

Si ces déclarations sont compréhensibles d'un point de vue tacticien, elles sont néanmoins mensongères et ne résistent pas à la réalité des faits.

Si Monsieur Deprez , alors président du PSC, avait sérieusement négocié en 89 la loi de financement face aux Toshiba'boys de Dehaene (1) qui l'ont complètement roulé dans la farine, nous n'aurions pas du la renégocier deux fois (en 91 et en 99) et être des plus vigilants aujourd'hui pour que sa révision annoncée ne se fasse pas à nouveau au détriment des francophones.

En 89, Monsieur Deprez avait mâlement affirmé devant la presse : "J'ai fait une carton pour les enseignants". Je lui avait alors répliqué : "Vous avez surtout fait un carton SUR les enseignants". Les années d'austérité et de restrictions dont l'enseignement de la communauté française a été victime l'ont malheureusement prouvé à suffisance.

Il faut sans doute aussi rappeler à Monsieur Deprez que son parti a participé à des gouvernements qui ont laissé déraper le budget fédéral depuis 2003 et surtout 2007, notamment par une non-maîtrise des dépenses et par des cadeaux inconsidérés aux entreprises (intérêts notionnels) ainsi que par une irresponsable indolence dans la lutte contre la fraude fiscale depuis des années.

Certes, pour être objectif, les milliards de fonds publics injectés pour sauver de la faillite les banques qui s'étaient brûlés les doigts au jeu du casino boursier ont alourdi la facture du déficit, mais cela n'explique pas l'ampleur du dérapage, loin s'en faut.

De lourdes conséquences pour tout le pays

Résultat, la Belgique se trouve aujourd'hui face à un gap budgétaire de 25 milliards à l'horizon 2015. Un gap qui va inexorablement peser lourdement sur la trajectoire budgétaire de l'Etat fédéral et des entités fédérées pendant de nombreuses années.

Certains, à droite, y voient l'opportunité de mettre à nouveau en application leurs vieilles recettes éculées : atteintes aux salaires et aux allocations sociales, nouvelles compressions dans les budgets des services publics, réforme néo-libérale du système de pensions, tout en préservant les niches fiscales si chères à leur électorat (voitures de société, plus-values boursières, etc).

Des pyromanes candidats pompiers, est-ce un seul instant crédible ? Un examen au SELOR s'impose à tout le moins.

(1) Pour préparer la rude négociation de la loi de financement des régions et communautés (d'une complexité terrible), Jean-Luc Dehaene avait chargé une équipe de mettre au point un logiciel de simulation des différents critères en discussion (recettes IPP et TVA, population, nombre d'élèves, etc). Lors de la négociation à Val Duchesse, cette équipe se trouvait avec ses PC portables au premier étage de la salle de négociation et fournissait en direct à Dehaene les projections dans le temps des critères en discussion. Les francophones n'y ont vu que du feu. La loi adoptée était acceptable durant les premières années, puis très vite amenait à un appauvrissement implacable de la communauté française. Avant les élections de 99, au vu de ce précédent catastrophique, j'avais chargé un certain ... Jean-Marc Nollet (déjà !) de fournir à Ecolo un tel outil. Qui a été, croyez-moi, des plus utiles lors de la négociation du gouvernement Arc-en-ciel durant l'été 99 et lors des deux renégociations de cette fameuse loi de financement. Chacun ses méthodes... Ainsi que sa conception du sérieux.

jeudi 5 août 2010

Un mandat balisé aux négociateurs Ecolo

Certains accusent, sans savoir, le sept partis actuellement autour de la table de discussion d'une réforme institutionnelle d'agir dans la précipitation, à l'aveuglette et sans balises.

Ce n'est en tout cas pas la situation des négociateurs d'Ecolo, dont je fais partie. Après une soirée de débat dense et argumenté, le Conseil de Fédération d'Ecolo a, le 30 juillet, voté sur le mandat accordé aux négociateurs. Si les discussions et les échanges de vues devaient passer à une phase de réelle négociation, voici le texte voté par le Conseil de Fédération.

'__'Vu la situation politique de crise dans laquelle la Belgique se trouve depuis 2007 et qui a pris une dimension supplémentaire avec la dissolution anticipée du Parlement fédéral en mai dernier, Vu les résultats des élections fédérales du 13 juin 2010, Vu la nécessité d’élaborer un nouvel équilibre institutionnel pour trouver un point de rencontre entre les positions de plus en plus divergentes quant à l’avenir du pays exprimées à l’occasion de ces élections, et pour permettre à notre pays de rencontrer les enjeux économiques, sociaux et environnementaux auxquels il est confronté,

Vu l’analyse de la situation politique et le positionnement discutés au sein du Bureau politique et définis au sein du Conseil de Fédération, Vu la relation étroite construite et entretenue avec Groen !, notamment à travers le groupe commun qui vient d’être renouvelé au Parlement fédéral, et le travail quotidien mené pour continuer à développer, chaque fois que possible et autant que possible, un point de vue commun sur toute question fédérale ou nationale,

Considérant le programme 2010 d’ECOLO, Considérant le mandat donné au Secrétariat fédéral par le Conseil de Fédération du 23 avril 2010 de pouvoir conclure d’éventuelles négociations institutionnelles relatives à BHV, Considérant le schéma opérationnel de négociation adopté par le Conseil de Fédération à la suite des élections fédérales du 13 juin 2010, Considérant la volonté constante d’ECOLO de contribuer à la recherche de solutions permettant d’aboutir à des compromis équilibrés entre les Communautés et au bénéfice de tous les habitants de notre pays, encore accentuée par la situation de crise, et alors que l’absence de telles solutions conduit à renforcer les points de vue extrêmes au sein des deux Communautés, Considérant la possibilité de faire de cette réforme une opportunité,

Attendu que le pré-formateur désigné par le Chef de l’Etat a distingué, en date du 20 juillet 2010, deux strates, visant d’un côté à conclure une réforme de l’Etat et visant d’un autre côté à former un Gouvernement de législature, Attendu les travaux préparatoires menés sur le plan institutionnel et auxquels ont été associés, à part entière, Ecolo et Groen, et la volonté du pré-formateur d’approfondir ces travaux,

Le Conseil de Fédération d’Ecolo donne mandat au Secrétariat fédéral, de pouvoir entrer en négociation pour ce qui concerne la réforme de l’Etat, avec les négociateurs tels que désignés dans le schéma opérationnel de négociations adopté par le Conseil de fédération après les élections du 13 juin 2010, et moyennant : - le respect des balises du programme Ecolo et notamment :

le maintien de la solidarité interpersonnelle et interrégionale-communautaire ; la recherche d’une plus grande cohérence dans l’organisation institutionnelle des politiques pour améliorer l’efficacité et éviter une concurrence entre entités, et en particulier pour ce qui concerne la Région de Bruxelles-Capitale ; la modernisation d’un système qui reste fédéral et repose sur 3 Communautés et 3 Régions respectées en tant que telles ; l’octroi à l’ensemble des entités des capacités de financement pour mener à bien les politiques dont elles exercent / exerceront les compétences ;

- la poursuite de la concertation permanente avec Groen ! et la recherche de propositions communes aux écologistes dans le cadre de ces négociations institutionnelles ; - le rapport régulier au Bureau politique ou, en cas de nécessité, au Bureau politique restreint, le cas échéant élargi aux élus fédéraux ; - une évaluation régulière et chaque fois que nécessaire de l’évolution des travaux au Conseil de Fédération et, le moment venu, un retour au Conseil de fédération avant la conclusion des négociations institutionnelles.''__

mercredi 23 juin 2010

NVA-PS : alliance contre nature ou alliés objectifs, vers un gouvernement flamand-rose ?

ElioBart.jpg Quel pays stupéfiant que le nôtre, tout de même. Rappelez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps, juste avant le 13 juin. Bart était le croque-mitaine incarné, l'horrible nationaliste, séparatiste, fossoyeur de notre belle et chère patrie. Pire que le boche en 14 et en 39. Des voix viriles s'élevaient dans tous nos médias. "'Jamais avec moi", "no pasaran" ! De fiers candidats offraient leur poitrail en courageux martyrs de la cause patriotique. Des bataillons de Jean Moulin se présentaient aux urnes pour empêcher l'abjecte abdication, le dépeçage du pays et la main-mise flamingante sur Bruxelles. Et soudain ?

!!!Et soudain ?

Comme transmuté par une rarissime et jusqu'ici introuvable pierre philosophale, voilà notre Bart transfiguré dès potron-minet le 14 juin, lendemain de son tsunami électoral, et dans les jours qui ont suivi. D'horrible repoussoir infréquentable, nous le voici désormais présenté sous des lumières quasi paradisiaques : "homme d'Etat conscient de sa mission", "à l'écoute", "il prend des notes", "un accord raisonnable avec lui est possible", "un homme courtois et cultivé", etc et à l'envi.

Qué passa ?

Au MR, Armand De Decker a au moins eu le mérite de la franchise cynique. Evincés des gouvernements régionaux et de la communauté française, les libéraux francophones sont prêts à négocier un grrrrand accord institutionnel et les élus FDF et leurs frères du VLD comptent pour pipeau, pourvu qu'ils se maintiennent dans le gouvernement fédéral et sauvent ainsi quelques postes de ministres. Ite missa est. Le président Reynders confirmera dans un langage certes beaucoup plus diplomatique.

Mais le plus interpellant est ce qui se passe au Boulevard de l'Empereur, l'autre vainqueur incontestable. Alors que toute la presse nous inonde de comparaisons des programmes PS et NVA, personne ne semble s'inquiéter de ce qui les réunit.

Car le triomphe de la NVA a déjà eu un effet collatéral : le réveil des vieux démons régionalistes wallons du PS. Qui trouvent en Bart De Waver un allié inespéré. Christophe Collignon (fils de et nouveau maître auto-proclamé à Huy) ouvre très vite le bal en affirmant que bien des choses peuvent être régionalisées, y compris la justice. Dans ses traces, l'ineffable Gomez (patron des métallos liégeois FGTB) qui pousse le bouchon encore plus loin: tout peut être régionalisé (les conventions collectives de travail, l'emploi, la fiscalité,... sauf la sécu). Quelle idiotie, s'il ne reste plus que la sécu comme point d'accord-désacccord entre flamands et francophones, je ne lui donne pas plus que quelques années de survie. Viennent ensuite les cerises sur le gâteau, avec les interventions de Rudy Demotte et de Karl-Heinz Lambertz qui dévoilent leurs appétits de nouvelles compétences et d'autonomie accrue.

Derrière les simagrées guerrières, Bart a déjà en grande partie réussi son coup. Le prochain (et dernier ?) gouvernement fédéral sera constitué au départ des maîtres des régions. Vous avez dit confédéralisme ?

Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvaise augure, mais avec des ennemis pareils, Bart peut tout à fait se passer d'amis.

samedi 12 juin 2010

Ultimes impressions de campagne

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Citoyens, électeurs, électrices et candidat(e)s sont aujourd'hui au dernier jour de campagne, à la veille de choix cruciaux.

Je vous livre ici, en vrac et un peu dans le désordre, quelque unes de mes dernières impressions. Et, là, je suis en colère.

Ces élections n'ont pas été désirées par les écologistes. Au contraire, puisque bien que dans l'opposition au niveau fédéral, Ecolo et Groen! ont activement participé aux tentatives de régler les questions communautaires et linguistiques qui minent le pays et ont paralysé toute action gouvernementale durant 3 années alors que le contexte de crise plurielle et structurelle (bancaire et financière, budgétaire, socio-économique, démographique, environnementale, climatique, énergétique,..) nécessitait des mesures claires, fortes, courageuses et durables.

Au final, tout ce que le gouvernement sortant peut mettre à son actif ce sont les décisions contestables et contestées visant, dans la panique, à limiter les dégâts dans le secteur bancaire et commercial et à éviter le marasme pour les épargnants et les travailleurs victimes des errements et du cynisme des véritables décideurs, malheureusement totalement irresponsables, de notre avenir à tous (Fortis, Dexia, Carrefour, etc). Avec pour dégât collatéral de plomber gravement l'état de nos finances publiques, sur lequel ces mêmes marchés se sont mis à spéculer une fois sauvés de la banqueroute. D'où une montée des taux d'intérêts sur la dette et une spirale de sur-endettement. Et son cortège d'austérité annoncée. Une austérité qu'Ecolo entend bien combattre résolument afin d'empêcher que ce soient à nouveau les mêmes (travailleurs salariés, fonctionneires et indépendants, PME, allocataires, services publics) qui paient encore les pots cassés d'une société où tout a été dérégulé et livré à la course folle au profit à court terme et au sacrifice des générations futures.

Le caprice des petits dieux

Alors que les partis démocratiques étaient engagés dans la négociation d'une nouvelle réforme de l'Etat, le président de l'Open-VLD (libéraux flamands), élu depuis quelque mois seulement, a fait le choix d'un calcul totalement politicien : provoquer une crise gouvernementale et des élections anticipées dans l'espoir d'en tirer les marrons du feu et de s'offrir un brillante victoire personnelle en Flandre. Les sondages lui prédisent une déculottée méritée, mais en attendant le mal est fait.

Cet acte irréfléchi a, il est vrai, été précédé d'attitudes autistes des divers acteurs de cette mauvaise pièce. D'un côté, des flamands (avec leurs modérés et leurs extrémistes) arrogants et sûrs d'eux et de leur capacité à "passer en force" et d'imposer unilatéralement, par la seule voie du nombre, leur volonté à l'autre communauté. De l'autre, des francophones (avec leurs modérés et leurs extrémistes), qui ont cru pouvoir tout bloquer par des refus et des provocations et qui n'ont réussi qu'à exaspérer l'opinion et les médias du Nord et à ouvrir une voie royale à Bart De Wever et à ses thèses séparatistes.

Cette confrontation des "têtes de mule" nous vaudra trois années boulevardières de ruptures, d'éclats de voix, de claquements de portes, de pathétiques démissions en cascade, de sonnettes d'alarme et de conflits d'intérêt. Avec, à chaque fois, le report aux calendes grecques de la résolution de cette dispute familiale. Tout ça pour ça ?

Aujourd'hui, tant les tenants du passage en force brutal que ceux du blocage perpétuel semblent avoir compris que leurs stratégies les menaient dans l'impasse. Beaucoup semblent ainsi avoir enfin compris que la seule voie praticable d'ascension de la paroi montagneuse qui est devant nous est celle de la négociation ouverte et respectueuse des attentes, des points de rupture et des balises de chaque communauté. Mais que de temps perdu...

Il ne reste plus qu'à espérer que demain, les électeurs et électrices opteront pour un choix de raison plutôt que pour un geste d'exaspération et que, dès lundi, la table du dialogue puisse enfin être dressée.

Un quatrième pouvoir écartelé entre citoyenneté et rentabilité

En bien comme en mal, la presse a joué dans cette courte campagne un rôle décisif.

On sait qu'elle est mal en point, inquiète quant à son avenir. Prise dans les implacables mâchoires du marché. Écartelée entre les chutes de ventes et d'audience, les tentatives de contrôle par des groupes financiers ou par les pouvoirs en place, la méfiance des citoyens à l'égard de tout ce qui peut paraître "officiel", la baisse des recettes publicitaires, la fragilisation croissante des rédactions et des journalistes, la concurrence de l'offre d'info sur internet, le discrédit de l'écrit, de l'explication et de la remise en contexte.

D'où, pour vendre du papier ou faire de l'audience, la tentation est grande de se laisser aller au facile, au buzz immédiat, à "l'info qui fait l'info". Les temps de parole se font de plus en plus brefs (avec le reproche de faire dans le slogan préparé par les conseillers en com'), les appels à l'info people de plus en plus répétés (avec le reproche d'en faire trop), la chasse au scoop effrénée (on balance n'importe quelle rumeur pour faire la une, quitte à devoir démentir le lendemain), la volonté d'occuper l'espace et l'antenne à tout prix dans un contexte concurrentiel acharné (quitte à inviter n'importe qui, même quand il n'a rien à dire), la tentation de répercuter des provocations pourtant purement irréalistes (comme l'annexion de Bruxelles) mais qui alimentent la polémique, etc, etc, etc.

Ces mêmes médias qui nous assommaient de questions "tuyaux" (BHV, les alliances préelectorales, les rumeurs loufoques sur la création d'un nouveau parti, la NVA, le futur premier ministre) et nous faisaient ensuite le reproche que la campagne "manquait de contenu" et passait à côté des "vrais problèmes des vrais gens" !

Remarquons aussi l'irruption soudaine du phénomène Twitter dans cette campagne. Quelques mots suffisent désormais pour toucher des dizaines de milliers de personnes par une affirmation démagogique ou un scud contre un adversaire. La presse s'en est fait l'écho, sans la moindre prise de distance critique. Dans le jambon, tout est bon...

Interrogeons-nous aussi sur les forums "citoyens". Faut-il continuer à accepter des posts anonymes, le plus souvent intolérants, revanchards, parfois même insultants et grossiers ? Une poignée de personnes multiplient les pseudos pour déverser leur bile et asséner leurs fulgurances de café du commerce. J'ai connu un temps où la presse refusait de publier les lettres anonymes dans leurs "courrier des lecteurs". Ne faut-il pas réhabiliter le "courage de ses opinions" ?

La démocratie repose sur un sain équilibre dans l'indépendance des pouvoirs et aucun ne doit échapper à l'examen critique et à la réflexion prospective. Je me réjouis déjà d'apporter ma contribution lors de l'atelier consacré à ce sujet lors de prochaines Rencontres Écologiques d'Eté à Borzée.

Un redoutable lissage et pillage des programmes et des discours

C'est un phénomène qui m'a terriblement frappé durant cette campagne. De débat en débat, j'ai du constater un pillage systématique des programmes, des propositions, des postures et des phrases.

Dès que l'un d'entre nous sortait quelque chose qui semblait faire mouche, le lendemain l'expression se retrouvait mot à mot dans la bouche de nos adversaires. Manifestement, les agences de com' et les centres d'étude étaient de garde 24 heures sur 24, scannaient en permanence toutes les interviews, toutes les communications écrites ou internet, tous les débats et toutes les postures de campagne.

On a ainsi vu et entendu des libéraux se trouver subitement partisans d'une régulation des marchés, d'une lutte résolue contre la grande fraude fiscale organisée et d'une taxation de la spéculation boursière, des socialistes attachés sincèrement à un renforcement de l'éthique politique et à la création d'une circonscription électorale fédérale et des chrétiens plaidant pour une ambitieuse réforme de l'Etat et pour la stimulation "d'emplois verts, durables et non délocalisables". En complète contradiction avec leurs attitudes et décisions précédentes comme avec leurs intentions réelles !

D'où la très désagréable impression lors des débats des présidents vendredi soir "qu'ils disent tous la même chose".

Les positionnements et le marketting au jour le jour l'ont largement emporté sur la sincérité et le pluralisme des opinions. Sur la conviction réelle et la confrontation des projets de société.

Et ça, c'est potentiellement mortel pour la démocratie.

Verdict ce dimanche 13 juin !

mercredi 26 mai 2010

Cumuleo : une enquête cinglante sur les cumuls de mandats

2053308785_1.jpg Illustration de Philippe Mercenier

!!Cumuléo est un site implacable et toujours passionnant à consulter pour constater ces cumuls de mandats que beaucoup aimeraient pourtant voir rester... disons discrets.

Voici ce que disent d'eux-mêmes ces fameux dénicheurs.!!!!

__«Disponible en ligne depuis le 14 décembre 2009, Cumuleo permet à chaque citoyen d'accéder, en toute simplicité, aux détails des mandats, fonctions et professions des 11 448 mandataires ayant exercé un mandat depuis l'année 2004.

Grâce aux classements, aux fiches détaillées par mandataire et aux 19 833 pages d'informations, le site offre une vision complète de la situation du cumul des mandats en Belgique.

Cumuleo est une initiative privée et indépendante, sans aucun lien avec un parti politique.» __

!!!Voici leur Newsletter du 26 mai 2010

Dossier spécial élections 2010 - Un autre regard sur les candidats aux élections 2010 Avant d'accorder votre confiance à ceux qui auront pour mission de vous représenter, il est important et parfaitement légitime que vous soyez informés au mieux sur les candidats qui sollicitent votre suffrage.

Pour cela, vous pouvez bien évidemment consulter les sites internet des partis politiques qui vous présentent chaque candidat avec par exemple leur photo, quelques informations sur leur parcours et leurs mandats politiques actuels.

Etrangement, il s'agit là d'une version fortement édulcorée qui fait l'impasse sur la majorité des mandats, fonctions et professions des différents candidats.

Les partis politiques semblent donc estimer au mieux qu'il s'agit d'une information qui ne vous intéresse pas, au pire qu'elle ne vous regarde pas !

Nous ne partageons pas ce point de vue. Savoir qu'un candidat fait partie du conseil d'administration de diverses sociétés ou qu'il est actif dans diverses organisations nous paraît une information pertinente face à un choix électoral.

Si vous pensez comme nous, consultez le dossier spécial élections 2010 sur Cumuleo et découvrez une information complète et non filtrée sur les mandats, fonctions et professions des candidats francophones.

Vous trouverez dans ce dossier spécial de 666 pages :

Tous les candidats des partis politiques francophones. Le classement des candidats en fonction du nombre de mandats, fonctions et professions cumulés. Les candidats en défaut de dépôt de leur liste de mandats, fonctions et professions ou de leur déclaration de patrimoine. L'analyse détaillée des candidats en matière de mandats, fonctions et professions cumulés et exercés. La position des candidats en matière de cumul de mandats, fonctions et professions par rapport à la moyenne nationale et à la moyenne des autres candidats aux élections 2010. La vision de Cumuleo : Plus d'informations pour un choix électoral plus éclairé !

Retrouvez toutes ces informations et bien d'autres sur www.cumuleo.be/elections/2010/

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