Jacky Morael

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mercredi 23 juin 2010

NVA-PS : alliance contre nature ou alliés objectifs, vers un gouvernement flamand-rose ?

ElioBart.jpg Quel pays stupéfiant que le nôtre, tout de même. Rappelez-vous, c'était il n'y a pas si longtemps, juste avant le 13 juin. Bart était le croque-mitaine incarné, l'horrible nationaliste, séparatiste, fossoyeur de notre belle et chère patrie. Pire que le boche en 14 et en 39. Des voix viriles s'élevaient dans tous nos médias. "'Jamais avec moi", "no pasaran" ! De fiers candidats offraient leur poitrail en courageux martyrs de la cause patriotique. Des bataillons de Jean Moulin se présentaient aux urnes pour empêcher l'abjecte abdication, le dépeçage du pays et la main-mise flamingante sur Bruxelles. Et soudain ?

!!!Et soudain ?

Comme transmuté par une rarissime et jusqu'ici introuvable pierre philosophale, voilà notre Bart transfiguré dès potron-minet le 14 juin, lendemain de son tsunami électoral, et dans les jours qui ont suivi. D'horrible repoussoir infréquentable, nous le voici désormais présenté sous des lumières quasi paradisiaques : "homme d'Etat conscient de sa mission", "à l'écoute", "il prend des notes", "un accord raisonnable avec lui est possible", "un homme courtois et cultivé", etc et à l'envi.

Qué passa ?

Au MR, Armand De Decker a au moins eu le mérite de la franchise cynique. Evincés des gouvernements régionaux et de la communauté française, les libéraux francophones sont prêts à négocier un grrrrand accord institutionnel et les élus FDF et leurs frères du VLD comptent pour pipeau, pourvu qu'ils se maintiennent dans le gouvernement fédéral et sauvent ainsi quelques postes de ministres. Ite missa est. Le président Reynders confirmera dans un langage certes beaucoup plus diplomatique.

Mais le plus interpellant est ce qui se passe au Boulevard de l'Empereur, l'autre vainqueur incontestable. Alors que toute la presse nous inonde de comparaisons des programmes PS et NVA, personne ne semble s'inquiéter de ce qui les réunit.

Car le triomphe de la NVA a déjà eu un effet collatéral : le réveil des vieux démons régionalistes wallons du PS. Qui trouvent en Bart De Waver un allié inespéré. Christophe Collignon (fils de et nouveau maître auto-proclamé à Huy) ouvre très vite le bal en affirmant que bien des choses peuvent être régionalisées, y compris la justice. Dans ses traces, l'ineffable Gomez (patron des métallos liégeois FGTB) qui pousse le bouchon encore plus loin: tout peut être régionalisé (les conventions collectives de travail, l'emploi, la fiscalité,... sauf la sécu). Quelle idiotie, s'il ne reste plus que la sécu comme point d'accord-désacccord entre flamands et francophones, je ne lui donne pas plus que quelques années de survie. Viennent ensuite les cerises sur le gâteau, avec les interventions de Rudy Demotte et de Karl-Heinz Lambertz qui dévoilent leurs appétits de nouvelles compétences et d'autonomie accrue.

Derrière les simagrées guerrières, Bart a déjà en grande partie réussi son coup. Le prochain (et dernier ?) gouvernement fédéral sera constitué au départ des maîtres des régions. Vous avez dit confédéralisme ?

Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvaise augure, mais avec des ennemis pareils, Bart peut tout à fait se passer d'amis.

samedi 12 juin 2010

Ultimes impressions de campagne

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Citoyens, électeurs, électrices et candidat(e)s sont aujourd'hui au dernier jour de campagne, à la veille de choix cruciaux.

Je vous livre ici, en vrac et un peu dans le désordre, quelque unes de mes dernières impressions. Et, là, je suis en colère.

Ces élections n'ont pas été désirées par les écologistes. Au contraire, puisque bien que dans l'opposition au niveau fédéral, Ecolo et Groen! ont activement participé aux tentatives de régler les questions communautaires et linguistiques qui minent le pays et ont paralysé toute action gouvernementale durant 3 années alors que le contexte de crise plurielle et structurelle (bancaire et financière, budgétaire, socio-économique, démographique, environnementale, climatique, énergétique,..) nécessitait des mesures claires, fortes, courageuses et durables.

Au final, tout ce que le gouvernement sortant peut mettre à son actif ce sont les décisions contestables et contestées visant, dans la panique, à limiter les dégâts dans le secteur bancaire et commercial et à éviter le marasme pour les épargnants et les travailleurs victimes des errements et du cynisme des véritables décideurs, malheureusement totalement irresponsables, de notre avenir à tous (Fortis, Dexia, Carrefour, etc). Avec pour dégât collatéral de plomber gravement l'état de nos finances publiques, sur lequel ces mêmes marchés se sont mis à spéculer une fois sauvés de la banqueroute. D'où une montée des taux d'intérêts sur la dette et une spirale de sur-endettement. Et son cortège d'austérité annoncée. Une austérité qu'Ecolo entend bien combattre résolument afin d'empêcher que ce soient à nouveau les mêmes (travailleurs salariés, fonctionneires et indépendants, PME, allocataires, services publics) qui paient encore les pots cassés d'une société où tout a été dérégulé et livré à la course folle au profit à court terme et au sacrifice des générations futures.

Le caprice des petits dieux

Alors que les partis démocratiques étaient engagés dans la négociation d'une nouvelle réforme de l'Etat, le président de l'Open-VLD (libéraux flamands), élu depuis quelque mois seulement, a fait le choix d'un calcul totalement politicien : provoquer une crise gouvernementale et des élections anticipées dans l'espoir d'en tirer les marrons du feu et de s'offrir un brillante victoire personnelle en Flandre. Les sondages lui prédisent une déculottée méritée, mais en attendant le mal est fait.

Cet acte irréfléchi a, il est vrai, été précédé d'attitudes autistes des divers acteurs de cette mauvaise pièce. D'un côté, des flamands (avec leurs modérés et leurs extrémistes) arrogants et sûrs d'eux et de leur capacité à "passer en force" et d'imposer unilatéralement, par la seule voie du nombre, leur volonté à l'autre communauté. De l'autre, des francophones (avec leurs modérés et leurs extrémistes), qui ont cru pouvoir tout bloquer par des refus et des provocations et qui n'ont réussi qu'à exaspérer l'opinion et les médias du Nord et à ouvrir une voie royale à Bart De Wever et à ses thèses séparatistes.

Cette confrontation des "têtes de mule" nous vaudra trois années boulevardières de ruptures, d'éclats de voix, de claquements de portes, de pathétiques démissions en cascade, de sonnettes d'alarme et de conflits d'intérêt. Avec, à chaque fois, le report aux calendes grecques de la résolution de cette dispute familiale. Tout ça pour ça ?

Aujourd'hui, tant les tenants du passage en force brutal que ceux du blocage perpétuel semblent avoir compris que leurs stratégies les menaient dans l'impasse. Beaucoup semblent ainsi avoir enfin compris que la seule voie praticable d'ascension de la paroi montagneuse qui est devant nous est celle de la négociation ouverte et respectueuse des attentes, des points de rupture et des balises de chaque communauté. Mais que de temps perdu...

Il ne reste plus qu'à espérer que demain, les électeurs et électrices opteront pour un choix de raison plutôt que pour un geste d'exaspération et que, dès lundi, la table du dialogue puisse enfin être dressée.

Un quatrième pouvoir écartelé entre citoyenneté et rentabilité

En bien comme en mal, la presse a joué dans cette courte campagne un rôle décisif.

On sait qu'elle est mal en point, inquiète quant à son avenir. Prise dans les implacables mâchoires du marché. Écartelée entre les chutes de ventes et d'audience, les tentatives de contrôle par des groupes financiers ou par les pouvoirs en place, la méfiance des citoyens à l'égard de tout ce qui peut paraître "officiel", la baisse des recettes publicitaires, la fragilisation croissante des rédactions et des journalistes, la concurrence de l'offre d'info sur internet, le discrédit de l'écrit, de l'explication et de la remise en contexte.

D'où, pour vendre du papier ou faire de l'audience, la tentation est grande de se laisser aller au facile, au buzz immédiat, à "l'info qui fait l'info". Les temps de parole se font de plus en plus brefs (avec le reproche de faire dans le slogan préparé par les conseillers en com'), les appels à l'info people de plus en plus répétés (avec le reproche d'en faire trop), la chasse au scoop effrénée (on balance n'importe quelle rumeur pour faire la une, quitte à devoir démentir le lendemain), la volonté d'occuper l'espace et l'antenne à tout prix dans un contexte concurrentiel acharné (quitte à inviter n'importe qui, même quand il n'a rien à dire), la tentation de répercuter des provocations pourtant purement irréalistes (comme l'annexion de Bruxelles) mais qui alimentent la polémique, etc, etc, etc.

Ces mêmes médias qui nous assommaient de questions "tuyaux" (BHV, les alliances préelectorales, les rumeurs loufoques sur la création d'un nouveau parti, la NVA, le futur premier ministre) et nous faisaient ensuite le reproche que la campagne "manquait de contenu" et passait à côté des "vrais problèmes des vrais gens" !

Remarquons aussi l'irruption soudaine du phénomène Twitter dans cette campagne. Quelques mots suffisent désormais pour toucher des dizaines de milliers de personnes par une affirmation démagogique ou un scud contre un adversaire. La presse s'en est fait l'écho, sans la moindre prise de distance critique. Dans le jambon, tout est bon...

Interrogeons-nous aussi sur les forums "citoyens". Faut-il continuer à accepter des posts anonymes, le plus souvent intolérants, revanchards, parfois même insultants et grossiers ? Une poignée de personnes multiplient les pseudos pour déverser leur bile et asséner leurs fulgurances de café du commerce. J'ai connu un temps où la presse refusait de publier les lettres anonymes dans leurs "courrier des lecteurs". Ne faut-il pas réhabiliter le "courage de ses opinions" ?

La démocratie repose sur un sain équilibre dans l'indépendance des pouvoirs et aucun ne doit échapper à l'examen critique et à la réflexion prospective. Je me réjouis déjà d'apporter ma contribution lors de l'atelier consacré à ce sujet lors de prochaines Rencontres Écologiques d'Eté à Borzée.

Un redoutable lissage et pillage des programmes et des discours

C'est un phénomène qui m'a terriblement frappé durant cette campagne. De débat en débat, j'ai du constater un pillage systématique des programmes, des propositions, des postures et des phrases.

Dès que l'un d'entre nous sortait quelque chose qui semblait faire mouche, le lendemain l'expression se retrouvait mot à mot dans la bouche de nos adversaires. Manifestement, les agences de com' et les centres d'étude étaient de garde 24 heures sur 24, scannaient en permanence toutes les interviews, toutes les communications écrites ou internet, tous les débats et toutes les postures de campagne.

On a ainsi vu et entendu des libéraux se trouver subitement partisans d'une régulation des marchés, d'une lutte résolue contre la grande fraude fiscale organisée et d'une taxation de la spéculation boursière, des socialistes attachés sincèrement à un renforcement de l'éthique politique et à la création d'une circonscription électorale fédérale et des chrétiens plaidant pour une ambitieuse réforme de l'Etat et pour la stimulation "d'emplois verts, durables et non délocalisables". En complète contradiction avec leurs attitudes et décisions précédentes comme avec leurs intentions réelles !

D'où la très désagréable impression lors des débats des présidents vendredi soir "qu'ils disent tous la même chose".

Les positionnements et le marketting au jour le jour l'ont largement emporté sur la sincérité et le pluralisme des opinions. Sur la conviction réelle et la confrontation des projets de société.

Et ça, c'est potentiellement mortel pour la démocratie.

Verdict ce dimanche 13 juin !

mercredi 26 mai 2010

Cumuleo : une enquête cinglante sur les cumuls de mandats

2053308785_1.jpg Illustration de Philippe Mercenier

!!Cumuléo est un site implacable et toujours passionnant à consulter pour constater ces cumuls de mandats que beaucoup aimeraient pourtant voir rester... disons discrets.

Voici ce que disent d'eux-mêmes ces fameux dénicheurs.!!!!

__«Disponible en ligne depuis le 14 décembre 2009, Cumuleo permet à chaque citoyen d'accéder, en toute simplicité, aux détails des mandats, fonctions et professions des 11 448 mandataires ayant exercé un mandat depuis l'année 2004.

Grâce aux classements, aux fiches détaillées par mandataire et aux 19 833 pages d'informations, le site offre une vision complète de la situation du cumul des mandats en Belgique.

Cumuleo est une initiative privée et indépendante, sans aucun lien avec un parti politique.» __

!!!Voici leur Newsletter du 26 mai 2010

Dossier spécial élections 2010 - Un autre regard sur les candidats aux élections 2010 Avant d'accorder votre confiance à ceux qui auront pour mission de vous représenter, il est important et parfaitement légitime que vous soyez informés au mieux sur les candidats qui sollicitent votre suffrage.

Pour cela, vous pouvez bien évidemment consulter les sites internet des partis politiques qui vous présentent chaque candidat avec par exemple leur photo, quelques informations sur leur parcours et leurs mandats politiques actuels.

Etrangement, il s'agit là d'une version fortement édulcorée qui fait l'impasse sur la majorité des mandats, fonctions et professions des différents candidats.

Les partis politiques semblent donc estimer au mieux qu'il s'agit d'une information qui ne vous intéresse pas, au pire qu'elle ne vous regarde pas !

Nous ne partageons pas ce point de vue. Savoir qu'un candidat fait partie du conseil d'administration de diverses sociétés ou qu'il est actif dans diverses organisations nous paraît une information pertinente face à un choix électoral.

Si vous pensez comme nous, consultez le dossier spécial élections 2010 sur Cumuleo et découvrez une information complète et non filtrée sur les mandats, fonctions et professions des candidats francophones.

Vous trouverez dans ce dossier spécial de 666 pages :

Tous les candidats des partis politiques francophones. Le classement des candidats en fonction du nombre de mandats, fonctions et professions cumulés. Les candidats en défaut de dépôt de leur liste de mandats, fonctions et professions ou de leur déclaration de patrimoine. L'analyse détaillée des candidats en matière de mandats, fonctions et professions cumulés et exercés. La position des candidats en matière de cumul de mandats, fonctions et professions par rapport à la moyenne nationale et à la moyenne des autres candidats aux élections 2010. La vision de Cumuleo : Plus d'informations pour un choix électoral plus éclairé !

Retrouvez toutes ces informations et bien d'autres sur www.cumuleo.be/elections/2010/

samedi 22 mai 2010

Ecolo, la gauche et les syndicats : une interview

J'ai donné, il y a quelques jours, une interview à mon ami Karim Majoros pour son excellent blog "A gauche dans les faits !". http://www.majoros.net/

La voici.

''1996, je lançais des œufs sur les vitres de la place Surlet de Chokier, siège d’une Communauté française qui venait de sabrer dans l’éducation. Transformant ma révolte, Jacky Morael et d’autres m’avaient donné envie de me lancer… dans le combat politique.

2010. Revenu de loin, mais jamais vraiment parti, Jacky Morael est tête de liste au Sénat, animé par « cette volonté d’être progressiste et novateur, responsable et subversif, ouvert et déterminé ». Il place ECOLO résolument à gauche, face à l’« aveuglement ultra-libéral« . Voici la première interview qu’il m’a accordé spécialement pour ce blog.''

Thierry Bodson, le boss de la FGTB wallonne souhaite qu’ECOLO se déclare de gauche. Chiche ?

Olivier Deleuze répondait récemment à un journaliste: « Ecolo est de gauche et la terre n’est pas plate. Une autre question ? » Pour moi, cette réponse n’est pas qu’une formule, tant elle est porteuse de sens.

Je crois que Thierry Bodson a adressé ce message bien plus à ses militants et affiliés qu’à Ecolo. Il nous connaît bien. Les réunions que j’organise périodiquement entre la direction de la FGTB (comme de la CSC, par ailleurs) et celle d’Ecolo se déroulent toujours dans une ambiance très constructive. Thierry se souvient aussi sans aucun doute de diverses « actions communes » – ;°) – menées dans un passé récent contre le Pacte des Générations ou les intérêts notionnels, par exemple.

La meilleure réponse à apporter à l’appel de l’Inter-Régionale Wallonne est encore le programme et les 10 priorités qu’Ecolo vient de voter et de rendre publiques. Chacun peut alors juger sur pièce. Peut-être le temps pas si lointain (2009 !) où l’IRW appelait dans sa publication à voter PS est-il révolu ? L’avenir seul nous le dira.

Comme délégué ECOLO aux relations avec les syndicats, comment perçois-tu leur appréciation à l’égard de notre parti ?

Cette appréciation a fortement évolué dans le temps, depuis la création d’Ecolo en 1980. Il y avait de la curiosité, teintée d’une certaine irritation. Ecolo déboulait sur la scène politique, et donc aussi économique et sociale, en rupture avec les codes traditionnels, et remettait énergiquement en cause le dogme quasi-religieux de la croissance à tout prix, quelles qu’en soient les conséquences sociales ou environnementales.

Il a fallu aussi qu’Ecolo apprenne les modes de fonctionnement assez complexes et particuliers des organisations syndicales et de la concertation sociale en général. Au fil du temps, les échanges d’infos et les concertations se sont multipliées avec nos parlementaires et nos ministres.

Aujourd’hui, il me semble qu’Ecolo et les syndicats ont franchi ces premiers obstacles et sont entrés depuis plusieurs années dans des relations adultes et respectueuses. Je m’en réjouis.

Pourquoi un citoyen de gauche devrait-il voter ECOLO et pas PS, Front des gauches ou PTB ?

Je n’aimer pas attaquer les autres et préfère affirmer et défendre les valeurs. Chacun est libre de faire son choix, comme militant ou électeur.

Partout en Europe, les verts assument sans complexe leurs valeurs telles qu’héritées des combats historiques de la gauche. L’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers, la justice sociale, l’émancipation des personnes, les droits de la femme et des minorités, le rejet des nationalismes, la solidarité Nord-Sud, le pacifisme, et bien d’autres encore. C’est ce qui me plaît et motive chez Ecolo, cette volonté d’être progressiste et novateur, responsable et subversif, ouvert et déterminé. En un mot : utile.

Si tu ne pouvais déposer qu’un seul projet au Sénat, lequel serait-ce ?

Sans hésiter, reprendre le travail entrepris au Sénat entre 99 et 2003 avec Jean-François Ramquet sur la Taxe Tobin. Ce travail a d’ailleurs abouti au vote d’une Résolution.

Quelques années plus tard, les faits sont cruellement venus nous donner raison. La crise des subprimes en 2008 aux USA va s’étendre à toute la planète et jeter à la rue des centaines de milliers de petits propriétaires et épargnants, réduire à néant des années d’épargne-pension privée. Cette crise en amènera une autre et dégénèrera en cyclone bancaire, financier et boursier et transformant des Etats entiers en proies pour une spéculation vorace, avec les conséquences sociales désastreuse telles que celles qu’on constate en Grèce. Jamais la régulation des marchés ne s’est imposée avec une telle urgence.

C’est tout le système qui est à revoir. Après des décennies d’aveuglement ultra-libéral, de laisser-faire laisser aller, le chantier est énorme (séparation des métiers bancaires et financiers, création d’agences de notation publiques, taxation des flux spéculatifs, etc). Le cadre idéal pour ce faire est l’Europe. Il faudra donc mettre la pression maximale sur le prochain gouvernement pour qu’il inscrive ces urgences à l’agenda de sa présidence de l’Union européenne, qui commence le premier juillet.

mardi 23 mars 2010

Eerdekens ou le chant du cygne d'Ubu Roi

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Claude Eerdekens a réussi la semaine dernière à se sortir à nouveau de l'oubli politique dont personne ne se plaignait en lançant dans la presse une attaque d'une rare violence contre le Ministre Ecolo Philippe Henry, qualifiant celui-ci de "nul parmi les nuls", d'intégriste et de fossoyeur de l'emploi wallon. Au passage, c'est le gouvernement wallon tout entier, "le plus mauvais depuis des années", qui en prenait pour son grade, l'imprécateur terminant mâlement sa sortie par l'annonce de sa décision de siéger dorénavant comme indépendant au Parlement wallon. Aujourd'hui, il passe la deuxième couche en déclarant dans le groupe Sudpresse qu'Ecolo est un "parti dogmatique, stalinien et militaire". Oufti ! Que voilà des propos couillus qui nous sortent du ronron médiatico-politique habituel !

A décoder néanmoins par un petit retour en arrière sur une histoire mouvementée.

Claudius Imperator, le débouté-bourgmestre !!

N'allez pas chercher les causes de cette puissante saillie dans le soleil de Nice (où il se trouvait en "mission" au salon de l'immobilier), ni sur un quelconque excès de pastis. En fait, notre brave édile socialiste voue depuis plus de 20 ans une haine viscérale, obsessionnelle et maladive à tout de qui ressemble de près ou de loin à un écologiste. Ces cuistres qui ont eu l'outrecuidance de se faire élire dans SON conseil communal, dans SA bonne ville d'Andenne, sur laquelle il entend régner comme un despote éclairé.

Depuis des années, les séances du Conseil communal sont en effet émaillées de scènes hallucinantes lors desquelles, ne supportant pas d'être questionné ou critiqué sur sa gestion par les conseillers Ecolo, le député-bourgmestre sort de ses gonds et, au bord de l'apoplexie, déverse sur ceux-ci des tombereaux d'injures et de grossièretés telles que "khmers verts", "pets de sardines", "rexistes", "connards", etc. Jusqu'à cette homérique séance en 2008 où la TV communautaire Canal C, filma pour une fois avec prise de son et diffusa la séquence sur son antenne. Pris la main dans le sac, ou plutôt la langue dans le pot de fiel, il alla jusqu'à menacer de retirer SES subsides communaux à cette TV pour obtenir d'elle qu'elle retire la séquence, qui aura cela dit un grand succès sur internet.

Car, l'homme est coutumier de l'intimidation. Y compris par des actions en justice, aux frais du contribuable andennais. Il échouera à chaque fois. Comme lorsqu'il ira et perdra jusque devant la Cour de Cassation pour une plainte d'une conseillère communale, empêchée d'exercer librement son droit d'interpellation au Conseil communal. Ou encore lorsqu'il se verra infliger un avis négatif de la Commission Permanente du Pacte Culturel pour utilisation abusive à ses seules fins de publicité personnelle du journal communal (toujours aux frais des mêmes contribuables locaux), au mépris du principe élémentaire de pluralisme démocratique.

Quand ils entendent le mot "stalinien" dans la bouche de Claude Eerdekens, tous ceux qui ont suivi l'actualité andennaise en sont à rire à gorge déployée.

Comme tous ceux qui, devant l'accusation de démagogie, se souviennent de ces propos et allégations grotesques dans la commission Dutroux ou dans l'affaire de l'assassinat d'André Cools et de la saga de la fameuse moto rouge retrouvée dans le garage ... de son grand-père et qui a fait perdre des semaines pour rien aux enquêteurs de la cellule Cools.

Le syndrome Citta verde

Mais revenons-en à ce qui aurait déclenché l'ire du bouillant Eedekens la semaine dernière.

En gros, en ce chaud matin cannois, Claude Eerdekens fulminait contre le blocage "intégriste" de Philippe Henry du projet du Groupe Delhaize d'implanter à Andenne un centre de logistique et son désintérêt total pour ces inespérés emplois promis.

Comme ça devient malheureusement de plus en plus l'habitude, la presse relaya dans un premier temps texto ces accusations sans trop chercher à recouper l'info ou à en savoir plus auprès des intéressés.

Il ne fallut que quelques heures pour que la baudruche se dégonfle. Il apparu assez vite en effet que le Ministre Henry ou son cabinet n'étaient en rien saisis du dossier mais que celui-ci se trouvait entre les mains du Ministre PS Jean-Claude Marcourt (compétent pour le développement économiques et les zonings en Wallonie)... et de la commune d'Andenne, qui n'avait encore rien transmis ! Cerise sur le gâteau, Delhaize le jour même se fendait d'un communiqué de presse affirmant que le dossier était toujours à l'étude, que le principe même de l'implantation d'un centre logistique en Belgique n'était pas encore décidé et encore moins sa localisation géographique !

Et voilà donc notre arroseur arrosé. Fin du premier acte.

Le mystère de la "Clé D'Hondt" et le retour du fils prodigue

Non, il ne s'agit pas du titre du prochain Indiana Jones. La Clé D'Hondt, c'est du sérieux, du lourd. Cette clé est le système de calcul pour la répartition des mandats entres groupes politiques dans les Conseils d'Administration des OIP (Organisme d'Intérêt Public).

Dans ces OIP, on compte nombre d'intercommunales, d'invests, de sociétés hospitalières ou de logement social ou des organismes tels que Mons 2015 (chargé de piloter le dossier de candidature de la ville de Mons au titre envié de Capitale culturelle européenne, suivez mon regard).

Or, l'annonce matinale par le pourfendeur de sa décision de siéger comme indépendant au Parlement wallon n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et les calculettes se sont mises à chauffer. C'est qu'au PS, quant il s'agit de mandats, on sait compter.

Le départ d'un de ses députés ferait passer le groupe PS de 29 à 28 sièges, ce qui modifierait les quotients de calcul d'après la clé D'Hondt et ferait mathématiquement reculer d'un rang le PS dans l'attribution des mandats dans les OIP wallons, au profit du MR et d'Ecolo. C'est compliqué, mais je tiens un très instructif tableau Excel à la disposition de ceux et celles que cela intéresserait. C'est aussi clair que E=mc².

Bref, dans l'intrépide opération "Rambo Eerdekens contre les khmers verts", le PS risquait d'y laisser de nombreux et précieux mandats.

Faut-il y voir malice et y trouver la raison du soudain revirement de notre héros en moins d'une journée ("Finalement, sous les acclamations de mes camarades, j'ai décidé, après avoir attentivement relu la Charte de Quaregnon, de rester et de rentrer, tel un fils prodigue, au bercail.") ? C'est pas mon genre. ;o))

Il y a une chose qui est sûre au moins, c'est que notre irremplaçable génie andennais a encore une fois perdu, dans ce pathétique vaudeville, une bonne occasion de fermer sa grande gueule !

Les chiens aboient, la caravane passe. RIP.

mardi 16 mars 2010

Réformes électorales : fausses bonnes idées et écrans de fumée ?

Il y a quinze jours, j’ai proposé au Soir un projet de tribune libre en réaction à la multiplication de propositions de réformes des modes de scrutin. Le Soir m’a proposé de participer à un face-à-face avec Charles Michel. Ce face-à-face sera publié demain mercredi. En attendant, voici le texte de mon projet de tribune.

Réformes électorales : fausses bonnes idées et écrans de fumée ?

Depuis quelques semaines, divers élus ou formations politiques (Alexander De Croo au VLD, Charles Michel et Denis Ducarme au MR et l’auto-proclamé « Parti Populaire ») rivalisent d’imagination en proposant des réformes radicales de nos modes de scrutin. Ces réformes viseraient, selon eux, à revitaliser la démocratie et à rendre plus de pouvoir au citoyen. Intention louable et désintéressée ou prurit politico-médiatique ? Je me permettrai d’émettre un doute tant ces jeunes loups, forts déjà de leur patronyme, et cette nouvelle formation (?) politique doivent encore se faire ou se consolider une place dans leur parti ou, pour le PP, sur la scène politique.

Dans ces propositions de réformes on trouve de tout, dans le désordre et sans réflexion à moyen et long terme, un peu comme dans les magasins Carrefour. De bonnes idées, comme l’instauration d’une circonscription unique (qui mettrait fin à cette forme d’autisme national issue du fait que les représentants flamands ne sont élus que par des électeurs flamands et idem pour les francophones et qui a abouti notamment à cette situation kafkaïenne où Yves Leterme, fort de ses 800.000 voix flamandes, ait eu tant de peine à se faire accepter comme Premier Ministre par les francophones qui constatent qu’ils n’ont pas eu voix au chapitre). Ou la suppression du système des suppléants (qui n’est pas nécessairement à remettre en cause de façon aussi radicale mais qui pose au moins la question de la possibilité pour certaines célébrités de se présenter sans vouloir siéger en chauffant la place à leurs suppléants désignés par leur parti). Ou encore le renforcement des possibilités de référendum et de consultations populaires. Mais on y trouve aussi des idées à l’emporte-pièce et dangereuses. Deux, principalement, le passage au mode de scrutin majoritaire et la suppression de l’obligation de vote. Ces idées ne sont pas neuves et réapparaissent chaque fois que, comme par hasard, le pays est en crise et la droite en mauvaise posture.

Un scrutin majoritaire ?

Quid, tout d’abord, du scrutin majoritaire ? C’est le grand dada depuis quelques mois sur les forums et les blogs, d’où la tentation de certains de surfer sur une vague soit-disant « citoyenne ». Mais du populaire au populisme, la frontière est des plus ténues. Qu’elles en seraient les conséquences ? Prenons les deux formes de ce mode de scrutin :

  • Le scrutin majoritaire à un tour (comme en Grande-Bretagne), où la liste qui emporte le plus de voix emporte la majorité des sièges, même si elle n’est pas majoritaire en voix. En supposant que le vote des électeurs serait le même que dans le scrutin proportionnel, ce qui n’est pas prouvé, le CD&V serait maître absolu au niveau national mais avec un PS largement dominant au Sud, le MR maître absolu en Région bruxelloise et le PS en Région wallonne. Serait-ce vraiment démocratique, respectueux des électeurs dans leur diversité, et cela rendrait-il plus claire et plus efficace la gestion de notre pays et de ses régions ? Assurément non !
  • Le scrutin majoritaire à deux tours (comme en France) est-il la panacée universelle, le Graal démocratique auquel d’aucuns voudraient nous faire croire ? Rendrait-il plus de pouvoir au citoyen et moins aux directions des partis ? Que nenni non point, encore une fois ! L’histoire de la Cinquième République regorge de comportements anti-démocratiques : re-découpage à son avantage des circonscriptions électorales par le parti au pouvoir, alliances négociées ou achetées au premier tour pour s’assurer d’être présent au second, appels achetés ou négociés des partis éliminés à voter pour tel parti au second tour (« si ton parti appelle à voter pour le mien, je te promets deux ou trois postes ministériels »). Tout cela dans le dos et à l’insu de l’électeur…

Vote obligatoire ou facultatif ?

Venons-en à la suppression du vote obligatoire, censé respecter le libre choix de l’électeur et obliger les partis à intéresser celui-ci au processus démocratique. Fumisterie et écran de fumée que tout cela. Toutes les études montrent que ces sont les électeurs les moins « dotés » socialement et intellectuellement qui bouderaient le plus l’isoloir. Cela nous mènerait à un retour aussi certain qu’hypocrite au 19ème siècle et au scrutin censitaire. Ces propositions, outre leur aspect opportuniste, ne visent à mon sens qu’à dresser un écran de fumée devant la crise profonde qui traverse tous les piliers de notre démocratie. Il suffit d'écouter les bruits de la rue ou de parcourir les forums de la presse pour constater que tout ce qui "fait société" dans une démocratie comme la nôtre fait l'objet d'une méfiance et d'un rejet-dégoût dans une part de plus en plus grande de la population, amenée paradoxalement à soutenir la fin du vote obligatoire dans un ultime sursaut d'aquoibonnisme. Les sondages consacrés à cette question sont sans appel : les piliers de l'Etat tels qu'hérités du 19ème siècle (les pouvoirs exécutifs et législatifs, le pouvoir judiciaire et même la presse) sont tous en perte vertigineuse de crédibilité auprès du citoyen. On en connaît les principales raisons : multiplications d'affaires politico-judiciaires depuis plus de trente ans, jugements incompréhensibles (KBC, Village Reine Fabiola, Ghislengien, etc) et, pour la presse classique l'émergence, via internet, d'une "information citoyenne" qui donne lieu au pire comme au meilleur, mais qui accrédite surtout en creux l'idée d'une "presse subsidiée" et donc forcément en collusion permanente avec les autres pouvoirs.

Deculottee.jpg Les dégâts sociaux de la crise qui s'accumulent, et devant lesquels les décideurs politiques semblent impuissants ou réduits à atténuer les effets de la casse, ne font qu'attiser ces divers ressentis.

Or, comme on sait : "Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fera disparaître la fièvre".

Seule une reprise en main, à tous les échelons (régional, national, européen), des grands déterminants économiques, sociaux et écologiques, par des politiques audacieuses et novatrices et une remise en question profonde des comportements des élus permettront de combler ce grave déficit démocratique et de réconcilier enfin le citoyen et ses représentants.

vendredi 22 janvier 2010

Une loi liberticide votée hier au Sénat

Une nouvelle loi contre notre liberté et notre vie privée !!!!

Le Sénat a adopté hier (46 pour, 11 contre, 1 abstention) un projet de loi du gouvernement sur les méthodes de recueil d’informations par les services d’espionnage civils et militaires. La chambre ayant déjà voté ce texte, celui-ci prendra force de loi dès sa parution au Moniteur.

Les verts ont en bloc voté contre, car sous prétexte de lutte contre le terrorisme et malgré le fragile cache-sexe du contrôle des opérations par un collège de trois magistrats, le gouvernement offre aux services de renseignement des possibilités de plus en plus larges d’intrusion dans nos vies privées et dans l’exercice de nos libertés constitutionnelles.

Les méthodes explicitement autorisées vont de la surveillance du courrier postal et internet. D’après Le Soir en ligne «  la loi les habilite désormais à recourir à des méthodes « spécifiques » (observation de lieux privés inaccessibles au public, inspection d’objets fermés dans des lieux publics, identification de l’expéditeur et destinataire d’un courrier, identification d’abonné et usager de moyens de communication électroniques) et des méthodes dites « exceptionnelles » (intrusion dans le domicile ou bureau d’un avocat, médecin ou journaliste et inspection d’objets fermés s’y trouvant, usage de faux noms et fausse sociétés, ouverture de courrier, écoutes, intrusion dans un système informatique). »

Les motifs justifiant une investigation sont des plus flous par exemple l’« anarchisme », le « nationalisme », être « mentalement préparé à commettre un attentat », etc.

Les militants politiques, syndicaux et associatifs et tout simplement tous les citoyens actifs ont donc bien du souci à se faire.

Benjamin Franklin a écrit un jour : « Une société prête à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux. ». Georges Orwel n’a rien dit d’autre dans son livre « 1984 ». Voir l’excellente intervention de notre sénateur, Benoît Hellings, sur www.youtube.com/watch?v=Y0ZoWcD6eM0

samedi 24 octobre 2009

Bonne chance, Sarah !

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Hier, soir, lors du Conseil de fédération, Jean-Michel Javaux, conformément à la procédure prévue par les statuts, a proposé la candidature de Sarah Turine pour prendre le relais d'Isabelle Durant (élue au Parlement européen) au poste de co-présidente d'Ecolo. Du haut des ses 35 ans, Sarah dispose d'atouts étonnants. Historienne et Islamologue, elle a accompli plusieurs missions de coopération au Moyen-Orient, en Afrique et dans les pays de l'Est. Multilingue, elle parle l'anglais, le néérlandais et l'arabe. Ele est aussi musicienne à ses heures. Au rayon politique, ele n'est pas en manque d'expérience non plus: secrétaire générale de la régionale de Bruxelles; chef de groupe au Conseil communal de Molenbeek et élue en juin dernier aux Parlements bruxellois et de la Communauté française. La procédure normale va se poursuivre. Sarah et Jean-Mi vont faire le tour des régionales d'Ecolo pour présenter leur programme et leur vision du travail à venir et, ensuite, le 20 novembre, le Conseil de fédé se prononcera sur la candidature de Sarah. Quand on observe les péripéties, l'opacité et les coups tordus autour des présidences du MR et du CDH, on ne peut que se réjouir que le fonctionnement d'Ecolo se déroule dans la transparence et la sérénité (ce qui n'empêche pas le débat contradictoire).

Si vous voulez faire plus ample connaissance avec Sarah, consultez son blog

http://sarah.turine.be

Ou allez lire sa contribution au dernier numéro de la revue d'Etopia, sur les dix principes qui doivent désormais guider l'action des décideurs politiques

http://www.etopia.be/IMG/pdf/r6_turine.pdf

dimanche 27 septembre 2009

SPAM Afrique

Je suis victime d'un SPAM envoyé à mes adresses mail, prétendant que je suis en Afrique, victime d'un vol et dans l'incapacité de rentrer. Il n'en n'est rien. Je suis à Liège et en bonne santé. Ceci dit,si tous les destinataires de ce SPAM voulaient m'envoyer les mille euros qu'on m'aurait "volé", je suis preneur. Bon dimanche. ;o))

samedi 12 septembre 2009

Bon vent et merci, Carine !

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Grand moment d'émotion hier soir au Conseil de Fédération. Carine Russo nous avait fait parvenir une lettre annonçant sa décision de démissionner du Sénat, où elle avait été cooptée en juin 2007.

La lecture de sa lettre s'est déroulée, devant de nombreux délégués et mandataires, dans un silence empli de respect, de compréhension et d'affection.

Carine, avec la sincérité qu'on lui connaît, nous a fait part de sa déception devant la lourdeur du mandat, l'inertie et le formalisme des institutions et de ses difficultés de santé. De sa volonté aussi de préserver aussi sa vie familiale.

Elle a insisté sur sa volonté constante et incontestable de toujours placer l'utile avant le pouvoir.

Carine s'est investie avec force dans les dossiers qui lui tenaient à coeur, comme le sort des sans-papiers et des détenus, tout en se tenant toujours à l'écart des caméras et des micros. Alors qu'elle aurait pu aisément jouer sur le corde people et médiatiser sans difficulté chacune de ses initiatives.

Elle a pratiqué un sens de la pudeur rare en politique. Certains diront contre-performant, considérant que le "faire savoir" prime sur le "savoir-faire".

Carine quitte son mandat parlementaire mais pas ses engagements profonds, toujours aux côtés d'Ecolo, dans des groupes de réflexion et d'action sur les questions des sans-papiers et de la réinsertion des détenus dans la société.

J'ai eu le privilège, depuis quelques années, d'être proche de Carine, tantôt confident, tantôt conseiller et en garde une grande leçon de vie.

Lorsque je me suis exprimé au Conseil de Fédération, j'ai posé cette question très simple: les simples citoyens sont-lis inaptes à l'exercice d'un mandat parlementaire ou les parlements sont-ils inadaptés à leur donner une place efficace et valorisante ? A méditer...

Tous mes voeux de bonheur à Carine, ainsi qu'à Gino et Grégory.

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