Jacky Morael

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mercredi 31 décembre 2008

Herman Premier après la choucroute du nouvel an ?

belgiquedéchirée illu Philippe Mercenier http://zurbains.skyrock.com

Ainsi donc, nous aurons un nouveau gouvernement vendredi après le vote de confiance de la Chambre.

Y a-t-il tout lieu de s'en réjouir ? Que nenni non point.

D'accord, le pays évite des élections anticipées qui marqueraient, en Flandre, une montée des partis séparatistes, populistes et fascisants. Ce qui rendrait la situation encore plus kafkaïenne et la simple gouvernance (via la recherche d'une majorité parlementaire) transformée en cauchemar.

Mais, au-delà de ce soulagement -qui risque bien de n'être que temporaire- le mini remaniement ministériel ne change rien aux maux et aux graves problèmes qui sévissaient lors de la démission d'Yves Leterme. Non seulement tous les dossiers restent en l'état mais de nouveaux facteurs de risques sont venus s'y ajouter.

La situation au CD&V, tout d'abord, qui en est déjà revenu aux meurtrières luttes assassines qui firent les heures de gloire de feu le CVP. Chassez le naturel... La démission d'Inge Vervotte en est un premier signe. Deux clans se constituent. Un autour d'Yves Leterme, qui n'est pas prêt à pardonner la diffusion aux parlementaires par Herman VR de la note du président de la Cour de Cassation qui a provoqué sa démission. Il est fort à parier que ce clan sera très tenté de retirer le tapis sous les pieds d'Herman Ier à la première occasion. Et les occasions ne manqueront pas, on s'en doute.

D'autre part, l'Open-VLD ne cache pas son désir d'élections fédérales en juin 2009, histoire de noyer dans le fatras fédéral l'image de Chris Peeters à la tête de la région flamande. Si les libéraux flamands le veulent ainsi, ce ne sont pas les occasions qui vont leur manquer pour provoquer une crise gouvernementale.

Au sud du pays, le casting et le scénario ne sont guère plus emballants. CdH et PS font assaut de mamours et annoncent leur souhait de reconduire leurs alliances à Bruxelles et en Wallonie. Didier et Elio se chamaillent ferme à coups de seaux et de pelles dans le bac à sable, pour devenir le chef du premier parti francophone et ainsi avoir la main pour la formation des prochains gouvernements.

Mais il y a bien pire: l'absence de projets novateurs et de vision à long terme. Le fonds de réserve pour les pensions futures est gravement négligé, le budget 2009 est un chef d'oeuvre de trompe l'oeil, et le développement durable et l'enjeu climatique sont passés à la trappe dans ce "plan de relance" qu'on croirait tout droit ressorti des crânes d'oeufs des années septante. Juste un plan "disco", avec paillettes et boules lumineuses, mais rien d'ambiteux sur la recherche et l'innovation, sur le soutien aux filières vertes, au Green Deal, qui permettraient pourtant de commencer enfin à répondre au défi écologique, de réduire la facture des ménages et de créer des emplois non délocalisables, comme l'ont démontré nombre de pays, de régions et de villes en Europe. Mais il paraît que ça coûte trop cher...

On n'est pas sortis de l'auberge. Mais, moi j'dis ça, j'dis rien.

Un bon an 9 tout de même. Puisse-t-il vous apporter quelques pépites de bonheur et d'espoir à tous et toutes.

jeudi 27 novembre 2008

40% de la Flandre sous les eaux ?

Climat

Une hausse des températures de moins de deux degrés à l'échelle mondiale suffirait à déclencher la fonte des banquises du Groenland et de l'Arctique, avertit jeudi l'organisation de protection de l'environnement World Wildlife Fund (WWF, Fonds mondial pour la nature).

"Les scientifiques estiment aujourd'hui que même un réchauffement climatique de moins de deux degrés Celsius serait suffisant pour voir disparaître la banquise de l'océan Arctique et fondre celle du Groenland", déclare l'ONG dans un communiqué.

"A la suite (de ce phénomène), le niveau des mers et des océans s'élèverait de plusieurs mètres, menaçant des dizaines de millions de personnes à travers le monde", prévient WWF.

La fonte de la banquise de l'Arctique pourrait avoir des répercussions sur les écosystèmes, tandis que la disparition d'une partie de celle du Groenland serait susceptible d'entraîner une hausse du niveau de la mer pouvant aller jusqu'à sept mètres.

Face à ces prévisions, l'organisation de protection de l'environnement exhorte les participants d'une réunion internationale sur le climat qui se tiendra à partir de lundi en Pologne à "élaborer un texte de négociations fort pour un nouveau traité sur le climat", attendu l'année prochaine.

"La fonte précoce des banquises du Groenland et de l'Arctique pourrait avoir bientôt des conséquences dangereuses, accélérant le réchauffement climatique et rendant ce phénomène plus important que prévu", a estimé un haut responsable de de WWF, Kim Carstensen.

"Les hommes politiques responsables ne peuvent pas tolérer de perdre une seconde de plus en remettant à plus tard des stratégies, face à ces avertissements urgents que nous lance la Nature", a-t-il ajouté.

Et chez nous, et ailleurs ?

En cas de fonte de la glace du Groenland et de la hausse de 7 mètres du niveau de la mer qui s'ensuivrait, c'est environ un dixième du territoire belge et 40% de la Flandre qui se trouveraient sous le niveau de la mer.

La figure ci-dessus donne une idée de ce que cela donnerait pour une hausse du niveau de la mer de 8m (source: UCL, département de géographie, le bleu représente les étendues situées sous le niveau de la mer, qui seraient inondées en l’absence de protection).

La Belgique ne serait donc pas épargnée par ce phénomène nouveau des "réfugiés climatiques" ! Avec son cortège de confrontations d'intérêts, d'exclusions, voire de violences.

Les très coûteux plans destinés à contrer la profonde crise bancaire, boursière et spéculative n'auront de sens et d'utilité que s'ils s'articulent en même temps avec une détermination dynamique de s'attaquer au "mal-développement" qui ravage la planète.

Cette fois, il ne suffira plus de sauver les bourses, mais aussi et surtout de préserver la vie !

vendredi 21 novembre 2008

Au nom du père et du fils

2.Daerden.JPG

Bouge-toi de là que je m'y mette ! Alors que la fédération liégeoise du PS s'adonne aux luttes intestines et se montre incapable de s'accorder sur des projets porteurs et cohérents (Tram, Espace Guillemins, Liège capitale européenne de la Culture en 2015, etc), Papa Daerden vient d'en remettre une couche en "offrant ses services" (on sait ce que cet euphémisme veut dire en réalité : "j'exige") pour mener la liste des camarades liégeois aux élections régionales de juin prochain.

Alors que des accords se dessinaient entre le bourgmestre Demeyer (dernier de liste) et le ministre Marcourt (tête de liste), cette sortie intempestive et un brin napoléonesque de Daerden a toutes les chances de foutre la bronca au sein de la fédération.

A l'épicentre de cette sortie, rien moins que des questions d'égo : Daerden veut en découdre directement avec Reynders et voir qui pissera le plus loin. Ah, l'égo-développement a encore de beaux jours devant lui !

Le parlement européen comme salle d'attente

Mais il y a un os, et de taille. Frédéric, le fils prodige, lorgne également vers le Parlement Wallon et aspire à un poste ministériel. Mais leurs liens de parenté interdisent qu'ils siègent ensemble dans la même assemblée. Qu'à cela ne tienne, papa a la solution et conseille vivement au fiston de se porter candidat sur la liste européenne. "Après tout, certains tel Elio Di Rupo, sont passés par là et cela ne les a pas empêchés de retrouver des fonctions intéressantes".

Voilà donc l'opinion de Papa sur le parlement européen; une salle d'attente un peu comme l'espace à boules colorées chez Ikéa où les bambins peuvent passer le temps pendant que leurs parents vaquent à leurs emplettes.

Lamentable et grossier, quand on connaît le poids des délibérations européennes sur notre droit interne et sur la nécessité que les 27 pèsent de tout leur poids sur les urgences du moment : crise climatique, sociale, financière et économique, situation en RDC,...

Le népotisme ne sévit pas qu'au PS. Il suffit d'observer la prise en tenaille de Karel De Gucht par les Michel, père et fils, KDG étant pratiquement mis sur la touche.

En ces temps plus que troublés, la méfiance du citoyen envers ses élus a bien peu de chances de se transformer en espoir et en confiance.

mercredi 5 novembre 2008

Obama élu : joie, espoir ... et incertitudes

Obama

Nous sommes nombreux à avoir veillé tard cette nuit devant nos écrans pour suivre le suspens de l'élection présidentielle américaine, conscients que son issue allait peser sur le cours du monde dans les années à venir.

Au petit matin, nous avons éprouvé un mélange de soulagement, de joie et d'espoir. Ce changement de pouvoir au sein de la toute-puissante amérique ouvrait enfin la possibilité de changements à l'échelle de la planète entière, après huit années de busheries insoutenables (mensonges éhontés pour justifier la guerre en Irak, régression cauchemardesque dans le domaine des droits civiques via le Patriot Act, fichage, espionnage, écoutes, surveillance internet, prisons illégales et recours à la torture, laissez faire-laisser aller dans le monde bancaire et financier, obstructions systématiques aux mesures de lutte contre le dérèglement climatique, politique impériale et unilatérale, etc, etc).

Des raisons d'espérer

Sous réserves d'analyses plus fouillées et plus documentées, le scrutin US offre quelques raisons de se réjouir.

Tout d'abord, la victoire d'Obama est nette et incontestable (364 grands électeurs contre 158), dans une élection dont le taux de participation constitue un record (66%). Obama a réussi à mobiliser nombre de déçus et de laissés-pour-compte : les jeunes, les exclus de la santé, de l'éducation et de l'emploi, les minorités culturelles et sexuelles, qui ont pour beaucoup retrouvé la confiance perdue dans leur démocratie. On peut supposer, par l'absurde, que sa qualité de métis (donc a priori sans aucune chance) a galvanisé ces catégories. "S'il a quelque chance, alors moi aussi". C'est incontestablement une formidable avancée démocratique pour ce pays réputé pour ses préjugés ethniques. Nos démocraties européennes s'en prennent une sacrée gifle par comparaison.

Il faut aussi relever le discours responsable et positif de Mac Cain qui, reconnaissant sa défaite et félicitant le vainqueur (figure classique), lui a aussi adressé ses encouragements et promis son soutien et appelé la nation américaine à faire corps autour de la nouvelle administration. Voilà qui atténue le spectre d'une Amérique coupée en deux clans haineux et son cortège de violences potentielles.

Enfin, Obama a la majorité parlementaire à la Chambre et au Sénat et aura quatre ans pour renouveler partiellement la cour suprême (plusieurs juges âgés -et ultra-conservateurs- sont sur le départ), une cour dont on sait le poids énorme dans nombre de questions judiciaires, constitutionnelles, civiques et éthiques.

Mais des incertitudes également

ObamaProgress2

Obama a, d'un point de vue professionnel, mené une campagne remarquable. Tout à la fois posé et enthousiasmant, rassurant et novateur, imperturbable face aux attaques, souvent nauséabondes, il s'en est tenu à son coeur de cible et à ses promesses de changements ("yes, we can"). But, we can what ?

Certes, il s'est avancé sur des questions cruciales aux USA (comme l'assurance santé ou Kyoto 2). Il s'est également prononcé sur le transfert de troupes d'Irak vers l'Afghanistan.

Mais quid précisément du bourbier israélo-palestinien ? Qu'entend-il par une politique plus multilatérale avec l'Europe, l'Afrique et les pays émergents ? Quid de ses futures relations avec les pays d'Amérique du Sud, dont les relations avec les USA sont quasi congelées ? Quid du nucléaire et des projets de forages pétroliers en Alaska ?

Et puis, il hérite d'une situation financière et boursière catastrophique (la Chine prêtant de l'argent aux USA, inimaginable il y a 20 ans !). Quels sont ses projets pour les indispensables réformes du FMI et de la Banque mondiale ? Quelle sera sa volonté et sa marge de manœuvre pour réguler les marchés boursiers et mettre de l'ordre, de la transparence et de l'éthique dans les pratiques des cinglés de Wall Street ?

Face à la crise alimentaire et économique, osera-t-il s'attaquer aux accords de l'OMC ?

Voilà quelques uns (seulement) des défis auxquels le nouveau président a être confronté. Dur, dur.

Une chose est certaine en tout cas et les résultats en attestent, Obama est bien plus représentatif de l'Amérique d'aujourd'hui et de demain que son rival qui devait supporter le boulet de l'héritage Bush. Une Amérique qui accepte enfin son métissage, plus tolérante et plus respectueuse du monde extérieur.

Beaucoup d'incertitudes, donc. Mais aussi beaucoup d'espoirs.

Un ajout un peu olé, olé

Un ami facétieux m'a envoyé ce fichier. Il n'y a qu'aux states que cela peu se produire. Dans l'incertitude, poilons-nous un peu. Et puis, c'est peut-être le signe qu'Obama pourra apporter un peu de bonheur. A sa manière.

http://www.headostate.com/

;o))

vendredi 31 octobre 2008

La procrastination, redoutable alliée du nucléaire

La "procrastination", très très peu de gens connaissent ce mot rare. Il a été sorti de l'oubli par Francis Van de Woestyne, excellent journaliste de La Libre, pendant les années 80 (il est toujours en fonction, pour le plus grand honneur de la presse). A l'époque, il critiquait les gouvernements successifs dans leur incapacité à prendre les mesures nécessaires à juguler la grave crise budgétaire dans laquelle se trouvait la Belgique.

La procrastination est la déplorable politique qui consiste à reporter à bien plus tard ce qu'il serait possible, et souvent indispensable, de mettre en oeuvre sans tarder.

Le débat sur la sortie progressive du nucléaire est une insupportable illustration de cette politique.

La loi sur la sortie progressive du nucléaire par tranches successives, en commençant par les installations les plus anciennes, a été votée en 2003. Le premier démantèlement étant prévu pour 2015.

12 ans de délais pour anticiper, planifier, organiser dans le bon ordre et sans porter préjudice aux besoins nécessaires en électricité.

Deux gouvernements n'ont pris aucune initiative et se sont assis sur le dossier

Les verts, battus aux élections, quittant le gouvernement fédéral après les élections de 2003, suivent le gouvernement violet (socialistes-libéraux), puis l'actuelle pentapartite (sociaux-chrétiens, libéraux et PS). Leur responsabilité première en matière d'énergie était de préparer le terrain pour une harmonieuse conversion progressive de notre politique énergétique fidèle à la loi de 2003.

Une foule d'initiatives auraient pu être prises: efficacité et isolation thermique des bâtiments publics, développement du système du tiers payant pour les particuliers et les collectivités locales (écoles, communes, CPAS, logements sociaux,etc), aides à la recherche et au développement de méthodes alternatives (solaire, éolien, géothermie, co-génération, production combinée, centrales gaz-TGV, etc).

On sait très bien que le principal gisement énergétique réside dans les économies d'énergie , tant les gaspillages sont gigantesques. Ce qui nécessite des mesures et des incitations en direction des ménages, des entrreprises et ... des pouvoirs publics.

Aveuglement, manque de courage ou de moyens ?

Aveuglement et manque de courage, assurément. Mais manque de moyens, non !

Il existe une série de fonds publics destinés à amortir le choc énergétique. Ils ne sont tout simplement pas activés et laissés en déshérence.

Citons, en vrac :

Le Fonds social mazout (30 millions d'euros), le Fonds OSP (48 millions d'euros), le Fonds de réduction du coût global de l'énergie (100 millions d'euros sur 5 ans), le Fonds Kyoto (100 millions), le Fonds tarif social (45 millions), le Fonds "passif nucléaire" (55 millions pas an). Sans oublier le Fonds Synatom, principalement financé par nous, consommateurs.

Le problème avec ces fonds, c'est qu'ils sont utilisés comme des amortisseurs, comme si la crise énergétique était passagère, conjoncturelle. Des aides sont octroyées pour atténuer la hausse implacable des coûts énergétiques... en attendant des temps meilleurs. Au lieu de les inciter et de les aider à réduire leur consommation.

Or, la crise est profondément structurelle. Ne nous trompons pas. La baisse récente des prix du brut ne sont que la conséquence de la crise financière : les usines diminuent leur production, mettent des lignes en chômage technique. Lors de la reprise, la hausse des prix reprendra de plus belle.

Le grand amour entre sociaux-chrétiens et le nucléaire

Les attaques CDH contre Ecolo ne sont pas le fruit du hasard, mais d'une longue histoire. Le CVP et le PSC ont été de longue date de proches amis du secteur nucléaire. Un secteur qui se montrait d'ailleurs particulièrement généreux en financement de leurs campagnes électorales (avant que cela ne soit interdit, suite à l'acharnement d'Ecolo pour mettre fin au financement des partis par les lobbys industriels et financiers). Mais les amitiés restent. Ne trouve-t-on pas deux ex-cadres d'Electrabel dans deux cabinets ministériels CDH; l'un chez le ministre Cerexhe à la région bruxelloise, l'autre chez Joëlle Milquet au fédéral ?

Une chose est évidente : moins des initiatives seront prises pour réorienter nos modes de consommation énergétique, plus nous resterons prisonniers du nucléaire et plus il sera difficile de s'en dégager. Ne serait-ce pas le but poursuivi , finalement ?

jeudi 23 octobre 2008

Paradis fiscaux : la paille et la poutre dans l'oeil de Sarkozy

euros

Alors, comme ça le sang du président Sarko-Rolex n'a fait qu'un tour en découvrant, stupéfait, les honteux comportements des princes de la haute-finance: parachutes dorés, subprimes, produits dérivés, actifs pourris, titrisations de valeurs pour le moins vaporeuses, etc. Avec, à la clé, le spectre d'une récession de l'"économie réelle" - admirons au passage le subtil distinguo entre ceux qui entreprennent et travaillent et ceux qui boursicotent, les doigts de pieds en éventail.

Fort de sa position de Président en exercice de l'Union européenne et avec l'entier soutien de son Premier Ministre Courage-Fillon, il convoque illico le ban et l'arrière-ban des décideurs politiques et des opérateurs financiers et, auparavant s'en va convaincre son grand ami G.W. Bush. Qui lui apporte son soutien du bout des lèvres en précisant qu'il ne faut en aucun cas brider la sacro-sainte liberté d'investir et de spéculer quand-même-un-petit-peu.

Le programme est ambitieux. Rien moins que refonder le capitalisme ! Comment ? Simple ; en y réintroduisant sa vertu (distraitement) perdue. En lui imposant des règles de bonne gouvernance : éthique, probité, transparence, décence des rémunérations et régulation des opérations par les autorités publiques. On ne peut qu'applaudir.

Et pendant ce temps-là sous le soleil des territoires d'outre-mer français...

Car la France entretient ses propres paradis fiscaux, sur son propre territoire, enfin plus précisément dans ses département d'outre-mer.

Dans son édition mise en ligne le 17 octobre le site Rue 89 n'y va pas de main morte. Quelques extraits en guise de mise en bouche.

"Ces petits paradis fiscaux français qu'on laisse prospérer.", par Augustin Scalbert | Rue89 | 17/10/2008 | 18H30

"Fillon veut s'attaquer à l'évasion fiscale et au blanchiment d'argent. L'outre-mer français est loin de donner l'exemple... Les paradis fiscaux « ne doivent plus exister », a déclaré un François Fillon emporté par la crise, le 14 octobre. Le Premier ministre pensait-il aux places off shore qu'abrite le territoire français ? Selon les spécialistes, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Tahiti, Wallis-et-Futuna mais aussi des départements d'outre-mer peuvent fonctionner comme des paradis fiscaux, voire des places de blanchiment. Difficile de quantifier l'ampleur du phénomène, puisqu'un paradis fiscal et une place off-shore sont, par définition, des « trous noir » de la finance mondiale. N'empêche. Mieux contrôler les zones d'ombre financières qui existent sur le territoire français est a priori plus facile que de s'attaquer aux règles fiscales des îles Caïman ou au secret bancaire du Liechtenstein. « Dès qu'il y a défiscalisation, le fisc est moins présent ». Consultant auprès de l'ONU et de la Commission européenne, Michel Koutouzis est co-auteur (avec le magistrat Jean-François Thony) du «Que sais-je ? » sur le blanchiment (PUF, 2005). « Le B.A.-ba, c'est de se demander ce qu'est une place off-shore », dit-il. « C'est un endroit où existe un système économique et financier qui, pour une raison ou pour une autre, n'est pas régulé par les lois du pays auquel il appartient. » Avec les différents régimes de défiscalisation dont ils bénéficient, les départements (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) et collectivités (Mayotte, Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Polynésie Française) d'outre-mer sont dans ce cas-là, mais, en théorie, uniquement pour les contribuables français. Les COM (anciennement TOM) jouissent même d'une totale autonomie fiscale et douanière. Loin des rivages -« off the shores » en anglais- de l'Hexagone, les contribuables français peuvent défiscaliser leurs investissements destinés à favoriser l'économie et le tourisme locaux. Un rapport sénatorial de 2002 sur « la défiscalisation dans les départements et les territoires d'outre-mer » pointait déjà « l'absence de procédures de contrôle et le nombre incertain de sanctions ». « Vous pouvez utiliser les niches fiscales d'outre-mer pour faire fuir des capitaux » Pour le journaliste Christian Chavagneux, ces niches posent aussi la question du blanchiment. Dès que vous ouvrez des portes qui permettent légalement de réduire l'imposition, vous tentez des gens qui ont acquis des fonds illégalement de les réinvestir dans un circuit légal. "

La lessiveuse

"Prenons le cas très emblématique de Saint-Martin, une île des Antilles qui a obtenu il y a un an (comme sa voisine Saint-Barthélémy) le statut de COM, alors qu'elle dépendait auparavant du département de la Guadeloupe. La souveraineté de l'île est partagée entre la France et les Pays-Bas, mais aucune frontière ne sépare les deux territoires. Michel Koutouzis évoque la coopération entre les établissements bancaires des deux parties de l'île, et décrit des moyens beaucoup plus simples de blanchir de l'argent : « Vous arrivez avec de l'argent noir dans un casino côté néerlandais. On vous dit de vous mettre à une table donnée pendant une heure. Le casino vous fait gagner une somme arrangée au préalable, une pratique courante dans les paradis fiscaux. « Une fois vos gains récupérés, vous pouvez aller les investir côté français dans des projets immobiliers ou des marinas. » Outre le blanchiment, ce secteur est aussi utilisé pour l'évasion fiscale. « A Saint-Martin, on voit beaucoup de fleurons de l'industrie touristique déposer le bilan, ce qui donne des hôtels et des marinas vides ou inachevés », témoigne un journaliste en poste dans les Antilles. Michel Koutouzis détaille un autre circuit : « Une fois que vous avez investi de l'argent dans un projet touristique, vous vous déclarez en faillite. Vous pouvez ensuite récupérer l'argent et le transférer non loin de là, à Curaçao par exemple, sans aucun contrôle. » C'est ainsi que le contribuable français finance des investissements vers des paradis fiscaux. A Saint-Barth', des people... et un statut fiscal en or. Non loin de Saint-Martin, on trouve l'île de Saint-Barthélémy, plus connue des milliardaires et des lecteurs de la presse people sous son gentil diminutif de « Saint-Barth ». En 2006, un article du Monde Diplomatique montrait à quel point le statut fiscal de l'île -officialisé depuis- est préjudiciable au reste des contribuables antillais. « Les habitants de Saint-Barthélémy ne voient pas du tout l'effet de ce statut sur leur niveau de vie. Au contraire, le coût de la vie a plutôt tendance à grimper », relève Michel Roy, directeur du plaidoyer international au Secours Catholique, qui fait partie de la plateforme paradis fiscaux et judiciaires avec une dizaine d'ONG (dont Attac, le CCFD, Oxfam, Transparence International...). Pour lui, l'Union européenne « doit réfléchir à d'autres moyens d'aider ces territoires, au lieu d'en faire des places financières ». Si elles favorisent le développement des territoires, les niches fiscales d'outre-mer ont donc aussi pour effet d'encourager l'évasion fiscale, voire le blanchiment d'argent sale. D'après le chercheur américain Raymond Baker, spécialiste des circuits noirs de la finance mondiale, l'argent qui passe par les paradis fiscaux est destiné pour 5% à la corruption, 30% au blanchiment, le reste concernant l'évasion et la fraude fiscale. Selon ces critères, l'outre-mer français devrait donc entrer dans le débat actuel."

Mais, de tout cela, pas un mot du président français. Un oubli de sa part, peut-être ?

Dans quelques jours, on reviendra sous nos cieux, avec quelques explications sur certains comportements de Fortis à l'étranger en particulier au travers de sa branche FortisIntertrust. Passionnant. Et déroutant.

Allez, bonne soirée quand même.

dimanche 19 octobre 2008

Obsèques de la honte pour le fasciste Haider en Autriche

haider

Incroyable! Indécent!

Après son décès la semaine dernière lors d'un accident de la route, le populo-démago-fasciste autrichien Jorg Haider a eu droit à des funérailles quasi nationales hier.

Le cercueil a effectué son parcours tiré sur un affût de canon et entouré d'une escorte militaire officielle.

Selon Le Monde, plusieurs orateurs se sont succédés à côté du cercueil veillé par six soldats, s'adressant à un parterre où la plupart des élites politiques autrichiennes avait pris place. Le président de la république Heinz Fischer, le chancelier social-démocrate Alfred Gusenbauer, le chef du parti social-démocrate Werner Faymann – chargé de former le futur gouvernement à l'issue des dernières législatives –, ses homologues des autres partis à l'exception des écologistes et les présidents de régions étaient venus "rendre un dernier hommage à un personnage tout aussi incontournable que controversé".

Parmi les invités étrangers figuraient notamment Said Kadhafi, l'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, avec lequel Jörg Haider était très lié.

En revanche, l'événement n'a pas donné lieu à un rassemblement de néo-nazis, comme craint dans la presse ces derniers jours. De même, les délégations des partis d'extrême droite européens sont restées discrètes. A la fin de la cérémonie officielle, l'hymne national a retenti et la procession s'est dirigée vers la cathédrale de Klagenfurt où un requiem devait être donné. En signe de deuil, le match de la 13e journée du championnat d'Autriche de football entre le club de Klagenfurt, Austria Carinthie, et le Rapid Vienne prévu ce samedi a été reporté.

Redoutable populiste, Haider avait conquis le poste de gouverneur de Carinthie, où il pu à loisir déployer son programme autoritaire et xénophobe (principalement à l'égard de la minorité slovène). Il entretenait d'excellentes relations avec les partis néo-nazis d'Europe, y compris le FN et le Belang.

Le Dr Feret et les chasseurs ardennais

Cauchemardons un instant et imaginons les obsèques du Dr Feret, entouré d'une escorte de chasseurs ardennais, en la présence du Président du Sénat, d'un vice-premier ministre et d'une délégation des parlements wallon et bruxellois et amenant à l'annulation d'un match Standard-Anderlecht ! Imaginons la même situation à propos du président du Vlaams Belang.

Le presse se félicite que l'enterrement d'Haider n'ait pas donné lieu à des débordements de groupuscules néo-nazis. C'est peut-être le plus inquiétant. Ils n'ont plus besoin de se comporter en minorités combattues par les démocraties. Leur discours nauséabond s'instille insidieusement dans un nombre croissant d'esprits et gagne du terrain par sa banalisation. Et c'est sans doute cela le plus dangereux.

jeudi 16 octobre 2008

Le chatroom d'hier est en ligne

chatroom

Hier, à l'occasion de la déclaration du Premier Ministre devant la chambre, Ecolo et Groen ! ont organisé un chatroom durant deux heures entre les internautes et nos parlementaires.

La retranscription intégrale de ces questions-avis-réponses est en ligne sur le site d'Ecolo.

Bonne lecture....

Jacky

mardi 14 octobre 2008

Après l'accord gouvernemental, venez chatter en direct avec nos élu(e)s en direct du Parlement

parlementaires

Alors, ainsi, le gouvernement fédéral aurait conclut un accord en toute fin de nuit, principalement sur le budget 2009.

Vieille tactique toujours efficace : boucler à 7 heures du mat met la presse écrite sur la touche et laisse aux ministres une journée pour répondre aux questions des journalistes audio-visuels peu ou mal informés. Le boulevard, quoi.

Mais déjà, les commentaires de presse ne sont pas tendres : "budget virtuel", "report des charges sur les générations futures", aucun accord sur l'activation des chômeurs, ni sur les critères objectifs de régularisation des sans-papiers. Et, jusqu'à présent nada sur les questions énergétiques et climatiques.

Venez en discuter en direct avec les élu(e)s écologistes

Tous nos parlementaires seront présents demain mercredi de 11H à 13H derrière leurs claviers, depuis une salle du Parlement, pour répondre à toutes vos questions internet et réagir à vos remarques, sans tabous.

Nous avons déjà réalisé cette expérience et cela a super bien marché. Plusieurs centaines de questions et avis nous ont été adressés et tous ont reçu réponse d'un de nos parlementaires, choisi en fonction de son domaine de compétence. Fébrilité, analyse et bonne humeur ont à chaque fois été au rendez-vous de cet espace de débat virtuel.

Alors, n'hésitez pas. Rejoignez-nous dans notre chatroom demain de 11 à 13 H.

J'aurai personnellement le plaisir et l'honneur de faire office de modérateur lors de cet échange de vues citoyennes.

L'accès est direct depuis le site ecolo.be

A demain. ;o))

dimanche 12 octobre 2008

Le G7 et les verts au chevet de la crise financière: mêmes conclusions ?

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Illu Philippe Mercenier

Vendredi, se réunissaient les ministres de Finances du G7, pour tenter de trouver des solutions à la crise. Soit. Mais ce n'est quand même pas la première. Et à chaque fois que la bourse dévisse, c'est toute l'économie réelle qui douille; entreprises, PMEs, Indépendants, avec toutes les conséquences pour l'accès au crédit, pour l'investissement, pour l'activité et donc pour les travailleurs directs et pour les sous-traitants.

Les gouvernements, ils n'ont pas le choix, colmatent les brèches, injectent des fonds publics, garantissent l'épargne. Et jouent au giga-monopoly avec les banques. Nos amis flamands appellent ça du "paniek-football".

Rien n'y fait, la panique s'installe et s'amplifie.

Jusqu'à la prochaine crise (celle-ci n'étant pas encore terminée, et de loin) ?

Ei si on parlait de régulation, de contrôle, de surveillance ?

La réunion du G7 s'est uniquement bornée à parer au plus pressé : injecter des liquidités et assurer la garantie des dépôts pour tenter d'enrayer la panique.

Rien de structurel, rien qui soit de nature à éviter que ce genre de krach se répète à court ou moyen terme.

Jeudi, les députés verts Ecolo et Groen ! ont présenté une conférence de presse dont le titre est en soi l'exact contraire de l'attitude couarde et irresponsable des grands financiers du G7 : "A crise systémique, réponses systémiques" (le lien vers le texte complet est en bas de page).

Au menu, la proposition de créer un fonds de liquidités interbancaire, la question des "ventes à découvert" et le problème des agences de notation, toutes américaines, dont la plupart ont décerné une note AAA (placement sans risques) à des produits qui se sont ensuite avérés "pourris", "toxiques" mais qui ont entretemps attiré nombre d'investisseurs rassurés par ces notations "expertes".

Ces 20 propositions démontrent qu'une beaucoup plus saine régulation des marchés est possible.

Jean-Marc Nollet a encore appuyé la création d'un régulateur européen - de préférence pour l'ensemble de l'Union et sinon pour la seule zone euro ou via une coopération renforcée - et réclamé un élargissement de la mission de la Banque centrale européenne (BCE) afin qu'elle ait également comme objectifs prioritaires la croissance durable et la stabilité des marchés. Les Verts souhaitent enfin l'introduction des règles CFC ("Controlled Foreign Capital") taxant les flux financiers en provenance des paradis fiscaux.

La présidente de Groen! , Mieke Vogel, s'en est au passage prise à l'ancien premier ministre Jean-Luc Dehaene (CD&V), jugeant cynique que celui qui a "vendu la CGER et le Crédit communal pour assurer l'équilibre" du budget fédéral voici quinze ans soit maintenant présenté comme un "sauveur" de Dexia avec de l'argent public, au risque de créer un nouveau déficit budgétaire.

Autre actualité symbolique de la semaine, Fortis Insurance Belgium aurait dépensé quelque 150.000 euros pour organiser ce vendredi un événement culinaire exclusif, pour ses courtiers, dans l'hôtel le plus cher de la Principauté de Monaco.

Bon appétit et bon dimanche. Il en restera toujours que la honte n'étouffera pas. Quelque soit le prix...

Marasme bancaire : 20 propositions

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