Jacky Morael

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jeudi 23 octobre 2008

Paradis fiscaux : la paille et la poutre dans l'oeil de Sarkozy

euros

Alors, comme ça le sang du président Sarko-Rolex n'a fait qu'un tour en découvrant, stupéfait, les honteux comportements des princes de la haute-finance: parachutes dorés, subprimes, produits dérivés, actifs pourris, titrisations de valeurs pour le moins vaporeuses, etc. Avec, à la clé, le spectre d'une récession de l'"économie réelle" - admirons au passage le subtil distinguo entre ceux qui entreprennent et travaillent et ceux qui boursicotent, les doigts de pieds en éventail.

Fort de sa position de Président en exercice de l'Union européenne et avec l'entier soutien de son Premier Ministre Courage-Fillon, il convoque illico le ban et l'arrière-ban des décideurs politiques et des opérateurs financiers et, auparavant s'en va convaincre son grand ami G.W. Bush. Qui lui apporte son soutien du bout des lèvres en précisant qu'il ne faut en aucun cas brider la sacro-sainte liberté d'investir et de spéculer quand-même-un-petit-peu.

Le programme est ambitieux. Rien moins que refonder le capitalisme ! Comment ? Simple ; en y réintroduisant sa vertu (distraitement) perdue. En lui imposant des règles de bonne gouvernance : éthique, probité, transparence, décence des rémunérations et régulation des opérations par les autorités publiques. On ne peut qu'applaudir.

Et pendant ce temps-là sous le soleil des territoires d'outre-mer français...

Car la France entretient ses propres paradis fiscaux, sur son propre territoire, enfin plus précisément dans ses département d'outre-mer.

Dans son édition mise en ligne le 17 octobre le site Rue 89 n'y va pas de main morte. Quelques extraits en guise de mise en bouche.

"Ces petits paradis fiscaux français qu'on laisse prospérer.", par Augustin Scalbert | Rue89 | 17/10/2008 | 18H30

"Fillon veut s'attaquer à l'évasion fiscale et au blanchiment d'argent. L'outre-mer français est loin de donner l'exemple... Les paradis fiscaux « ne doivent plus exister », a déclaré un François Fillon emporté par la crise, le 14 octobre. Le Premier ministre pensait-il aux places off shore qu'abrite le territoire français ? Selon les spécialistes, Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Tahiti, Wallis-et-Futuna mais aussi des départements d'outre-mer peuvent fonctionner comme des paradis fiscaux, voire des places de blanchiment. Difficile de quantifier l'ampleur du phénomène, puisqu'un paradis fiscal et une place off-shore sont, par définition, des « trous noir » de la finance mondiale. N'empêche. Mieux contrôler les zones d'ombre financières qui existent sur le territoire français est a priori plus facile que de s'attaquer aux règles fiscales des îles Caïman ou au secret bancaire du Liechtenstein. « Dès qu'il y a défiscalisation, le fisc est moins présent ». Consultant auprès de l'ONU et de la Commission européenne, Michel Koutouzis est co-auteur (avec le magistrat Jean-François Thony) du «Que sais-je ? » sur le blanchiment (PUF, 2005). « Le B.A.-ba, c'est de se demander ce qu'est une place off-shore », dit-il. « C'est un endroit où existe un système économique et financier qui, pour une raison ou pour une autre, n'est pas régulé par les lois du pays auquel il appartient. » Avec les différents régimes de défiscalisation dont ils bénéficient, les départements (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion) et collectivités (Mayotte, Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Polynésie Française) d'outre-mer sont dans ce cas-là, mais, en théorie, uniquement pour les contribuables français. Les COM (anciennement TOM) jouissent même d'une totale autonomie fiscale et douanière. Loin des rivages -« off the shores » en anglais- de l'Hexagone, les contribuables français peuvent défiscaliser leurs investissements destinés à favoriser l'économie et le tourisme locaux. Un rapport sénatorial de 2002 sur « la défiscalisation dans les départements et les territoires d'outre-mer » pointait déjà « l'absence de procédures de contrôle et le nombre incertain de sanctions ». « Vous pouvez utiliser les niches fiscales d'outre-mer pour faire fuir des capitaux » Pour le journaliste Christian Chavagneux, ces niches posent aussi la question du blanchiment. Dès que vous ouvrez des portes qui permettent légalement de réduire l'imposition, vous tentez des gens qui ont acquis des fonds illégalement de les réinvestir dans un circuit légal. "

La lessiveuse

"Prenons le cas très emblématique de Saint-Martin, une île des Antilles qui a obtenu il y a un an (comme sa voisine Saint-Barthélémy) le statut de COM, alors qu'elle dépendait auparavant du département de la Guadeloupe. La souveraineté de l'île est partagée entre la France et les Pays-Bas, mais aucune frontière ne sépare les deux territoires. Michel Koutouzis évoque la coopération entre les établissements bancaires des deux parties de l'île, et décrit des moyens beaucoup plus simples de blanchir de l'argent : « Vous arrivez avec de l'argent noir dans un casino côté néerlandais. On vous dit de vous mettre à une table donnée pendant une heure. Le casino vous fait gagner une somme arrangée au préalable, une pratique courante dans les paradis fiscaux. « Une fois vos gains récupérés, vous pouvez aller les investir côté français dans des projets immobiliers ou des marinas. » Outre le blanchiment, ce secteur est aussi utilisé pour l'évasion fiscale. « A Saint-Martin, on voit beaucoup de fleurons de l'industrie touristique déposer le bilan, ce qui donne des hôtels et des marinas vides ou inachevés », témoigne un journaliste en poste dans les Antilles. Michel Koutouzis détaille un autre circuit : « Une fois que vous avez investi de l'argent dans un projet touristique, vous vous déclarez en faillite. Vous pouvez ensuite récupérer l'argent et le transférer non loin de là, à Curaçao par exemple, sans aucun contrôle. » C'est ainsi que le contribuable français finance des investissements vers des paradis fiscaux. A Saint-Barth', des people... et un statut fiscal en or. Non loin de Saint-Martin, on trouve l'île de Saint-Barthélémy, plus connue des milliardaires et des lecteurs de la presse people sous son gentil diminutif de « Saint-Barth ». En 2006, un article du Monde Diplomatique montrait à quel point le statut fiscal de l'île -officialisé depuis- est préjudiciable au reste des contribuables antillais. « Les habitants de Saint-Barthélémy ne voient pas du tout l'effet de ce statut sur leur niveau de vie. Au contraire, le coût de la vie a plutôt tendance à grimper », relève Michel Roy, directeur du plaidoyer international au Secours Catholique, qui fait partie de la plateforme paradis fiscaux et judiciaires avec une dizaine d'ONG (dont Attac, le CCFD, Oxfam, Transparence International...). Pour lui, l'Union européenne « doit réfléchir à d'autres moyens d'aider ces territoires, au lieu d'en faire des places financières ». Si elles favorisent le développement des territoires, les niches fiscales d'outre-mer ont donc aussi pour effet d'encourager l'évasion fiscale, voire le blanchiment d'argent sale. D'après le chercheur américain Raymond Baker, spécialiste des circuits noirs de la finance mondiale, l'argent qui passe par les paradis fiscaux est destiné pour 5% à la corruption, 30% au blanchiment, le reste concernant l'évasion et la fraude fiscale. Selon ces critères, l'outre-mer français devrait donc entrer dans le débat actuel."

Mais, de tout cela, pas un mot du président français. Un oubli de sa part, peut-être ?

Dans quelques jours, on reviendra sous nos cieux, avec quelques explications sur certains comportements de Fortis à l'étranger en particulier au travers de sa branche FortisIntertrust. Passionnant. Et déroutant.

Allez, bonne soirée quand même.

dimanche 19 octobre 2008

Obsèques de la honte pour le fasciste Haider en Autriche

haider

Incroyable! Indécent!

Après son décès la semaine dernière lors d'un accident de la route, le populo-démago-fasciste autrichien Jorg Haider a eu droit à des funérailles quasi nationales hier.

Le cercueil a effectué son parcours tiré sur un affût de canon et entouré d'une escorte militaire officielle.

Selon Le Monde, plusieurs orateurs se sont succédés à côté du cercueil veillé par six soldats, s'adressant à un parterre où la plupart des élites politiques autrichiennes avait pris place. Le président de la république Heinz Fischer, le chancelier social-démocrate Alfred Gusenbauer, le chef du parti social-démocrate Werner Faymann – chargé de former le futur gouvernement à l'issue des dernières législatives –, ses homologues des autres partis à l'exception des écologistes et les présidents de régions étaient venus "rendre un dernier hommage à un personnage tout aussi incontournable que controversé".

Parmi les invités étrangers figuraient notamment Said Kadhafi, l'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Khadafi, avec lequel Jörg Haider était très lié.

En revanche, l'événement n'a pas donné lieu à un rassemblement de néo-nazis, comme craint dans la presse ces derniers jours. De même, les délégations des partis d'extrême droite européens sont restées discrètes. A la fin de la cérémonie officielle, l'hymne national a retenti et la procession s'est dirigée vers la cathédrale de Klagenfurt où un requiem devait être donné. En signe de deuil, le match de la 13e journée du championnat d'Autriche de football entre le club de Klagenfurt, Austria Carinthie, et le Rapid Vienne prévu ce samedi a été reporté.

Redoutable populiste, Haider avait conquis le poste de gouverneur de Carinthie, où il pu à loisir déployer son programme autoritaire et xénophobe (principalement à l'égard de la minorité slovène). Il entretenait d'excellentes relations avec les partis néo-nazis d'Europe, y compris le FN et le Belang.

Le Dr Feret et les chasseurs ardennais

Cauchemardons un instant et imaginons les obsèques du Dr Feret, entouré d'une escorte de chasseurs ardennais, en la présence du Président du Sénat, d'un vice-premier ministre et d'une délégation des parlements wallon et bruxellois et amenant à l'annulation d'un match Standard-Anderlecht ! Imaginons la même situation à propos du président du Vlaams Belang.

Le presse se félicite que l'enterrement d'Haider n'ait pas donné lieu à des débordements de groupuscules néo-nazis. C'est peut-être le plus inquiétant. Ils n'ont plus besoin de se comporter en minorités combattues par les démocraties. Leur discours nauséabond s'instille insidieusement dans un nombre croissant d'esprits et gagne du terrain par sa banalisation. Et c'est sans doute cela le plus dangereux.

jeudi 16 octobre 2008

Le chatroom d'hier est en ligne

chatroom

Hier, à l'occasion de la déclaration du Premier Ministre devant la chambre, Ecolo et Groen ! ont organisé un chatroom durant deux heures entre les internautes et nos parlementaires.

La retranscription intégrale de ces questions-avis-réponses est en ligne sur le site d'Ecolo.

Bonne lecture....

Jacky

mardi 14 octobre 2008

Après l'accord gouvernemental, venez chatter en direct avec nos élu(e)s en direct du Parlement

parlementaires

Alors, ainsi, le gouvernement fédéral aurait conclut un accord en toute fin de nuit, principalement sur le budget 2009.

Vieille tactique toujours efficace : boucler à 7 heures du mat met la presse écrite sur la touche et laisse aux ministres une journée pour répondre aux questions des journalistes audio-visuels peu ou mal informés. Le boulevard, quoi.

Mais déjà, les commentaires de presse ne sont pas tendres : "budget virtuel", "report des charges sur les générations futures", aucun accord sur l'activation des chômeurs, ni sur les critères objectifs de régularisation des sans-papiers. Et, jusqu'à présent nada sur les questions énergétiques et climatiques.

Venez en discuter en direct avec les élu(e)s écologistes

Tous nos parlementaires seront présents demain mercredi de 11H à 13H derrière leurs claviers, depuis une salle du Parlement, pour répondre à toutes vos questions internet et réagir à vos remarques, sans tabous.

Nous avons déjà réalisé cette expérience et cela a super bien marché. Plusieurs centaines de questions et avis nous ont été adressés et tous ont reçu réponse d'un de nos parlementaires, choisi en fonction de son domaine de compétence. Fébrilité, analyse et bonne humeur ont à chaque fois été au rendez-vous de cet espace de débat virtuel.

Alors, n'hésitez pas. Rejoignez-nous dans notre chatroom demain de 11 à 13 H.

J'aurai personnellement le plaisir et l'honneur de faire office de modérateur lors de cet échange de vues citoyennes.

L'accès est direct depuis le site ecolo.be

A demain. ;o))

dimanche 12 octobre 2008

Le G7 et les verts au chevet de la crise financière: mêmes conclusions ?

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Illu Philippe Mercenier

Vendredi, se réunissaient les ministres de Finances du G7, pour tenter de trouver des solutions à la crise. Soit. Mais ce n'est quand même pas la première. Et à chaque fois que la bourse dévisse, c'est toute l'économie réelle qui douille; entreprises, PMEs, Indépendants, avec toutes les conséquences pour l'accès au crédit, pour l'investissement, pour l'activité et donc pour les travailleurs directs et pour les sous-traitants.

Les gouvernements, ils n'ont pas le choix, colmatent les brèches, injectent des fonds publics, garantissent l'épargne. Et jouent au giga-monopoly avec les banques. Nos amis flamands appellent ça du "paniek-football".

Rien n'y fait, la panique s'installe et s'amplifie.

Jusqu'à la prochaine crise (celle-ci n'étant pas encore terminée, et de loin) ?

Ei si on parlait de régulation, de contrôle, de surveillance ?

La réunion du G7 s'est uniquement bornée à parer au plus pressé : injecter des liquidités et assurer la garantie des dépôts pour tenter d'enrayer la panique.

Rien de structurel, rien qui soit de nature à éviter que ce genre de krach se répète à court ou moyen terme.

Jeudi, les députés verts Ecolo et Groen ! ont présenté une conférence de presse dont le titre est en soi l'exact contraire de l'attitude couarde et irresponsable des grands financiers du G7 : "A crise systémique, réponses systémiques" (le lien vers le texte complet est en bas de page).

Au menu, la proposition de créer un fonds de liquidités interbancaire, la question des "ventes à découvert" et le problème des agences de notation, toutes américaines, dont la plupart ont décerné une note AAA (placement sans risques) à des produits qui se sont ensuite avérés "pourris", "toxiques" mais qui ont entretemps attiré nombre d'investisseurs rassurés par ces notations "expertes".

Ces 20 propositions démontrent qu'une beaucoup plus saine régulation des marchés est possible.

Jean-Marc Nollet a encore appuyé la création d'un régulateur européen - de préférence pour l'ensemble de l'Union et sinon pour la seule zone euro ou via une coopération renforcée - et réclamé un élargissement de la mission de la Banque centrale européenne (BCE) afin qu'elle ait également comme objectifs prioritaires la croissance durable et la stabilité des marchés. Les Verts souhaitent enfin l'introduction des règles CFC ("Controlled Foreign Capital") taxant les flux financiers en provenance des paradis fiscaux.

La présidente de Groen! , Mieke Vogel, s'en est au passage prise à l'ancien premier ministre Jean-Luc Dehaene (CD&V), jugeant cynique que celui qui a "vendu la CGER et le Crédit communal pour assurer l'équilibre" du budget fédéral voici quinze ans soit maintenant présenté comme un "sauveur" de Dexia avec de l'argent public, au risque de créer un nouveau déficit budgétaire.

Autre actualité symbolique de la semaine, Fortis Insurance Belgium aurait dépensé quelque 150.000 euros pour organiser ce vendredi un événement culinaire exclusif, pour ses courtiers, dans l'hôtel le plus cher de la Principauté de Monaco.

Bon appétit et bon dimanche. Il en restera toujours que la honte n'étouffera pas. Quelque soit le prix...

Marasme bancaire : 20 propositions

jeudi 2 octobre 2008

LA BOURSE OU LA VIE ?

finances

Après l'orgie du politic-fric clinquant à Pékin, la gueule de bois !

Le pied sur l'accélérateur des profits (si ça rate, il reste les parachutes dorés), nos princes de la finance se sont pris une peau de banane et... bardaf, c'est l'embardée.

On nous bassine depuis trente ans avec cette incantation au "moins d'Etat" et la confiance aveugle dans la "main invisible", mamelles nourricières de la prospérité et du bonheur.

Et, puis, quand le système dévisse, c'est tout le choeur de l'opéra(-bouffe) financier qui entonne un "Au secours, l'Etat !". Rappelons au passage que l'Etat, c'est nous : salariés, indépendants, porteurs de PME, allocataires sociaux, pensionnés, chercheurs, fonctionnaires, enseignants et étudiants, malades et soignants, fournisseurs et usagers des services publics, travailleurs sociaux, artistes.; etc. Enfin, les gens de la vraie vie, quoi.

Des banquiers boursicoteurs perdent leur culotte, et immédiatement les USA dégagent 700 milliards de dollars et la Belgique 700 millions d'Euros pour leur sauver la mise, alors que les urgences sociales et écologistes n'ont jamais été aussi criantes et que l'on peine, dit-on à trouver quelques budgets pour y faire face !

C'est comme si, après avoir flambé tout son pèze au casino, le malheureux perdant organisait une collecte dans le quartier pour retrouver ses thunes !

Et on reparle régulation, enfin

L'économie de marché s'est massivement mondialisée et en même temps de plus en plus dérégulée. (Remarquez le trait de génie). Il n'y a plus de gouvernance économique et les marchés ont opté pour des investissements "court-termistes" (le max de profit en un minimum de temps) et ont délaissés les prises de risques porteurs d'activité réelle, de développement et d'emplois. L'économie-casino, en fait.

Conséquence : les marchés sont depuis régis par l'exubérance, le mimétisme et la rumeur et qu'ils sont pro-cycliques: les fonds affluent souvent en abondance quand un profit est assuré mais refluent aussitôt et parfois très brutalement dès que l'incertitude s'installe (voir la crise des subprimes chez les zaméricains).

Gageons (espérons) que l'on reparlera bientôt de la Taxe Tobin visant à imposer -donc à freiner- les investissements spéculatifs à très court terme. J'avais obtenu en 2000 la création d'un groupe de travail au sein de la commission du Sénat sur le sujet. Nous avons auditionné pendant des mois tous les acteurs, la proposition a été votée, mais pas à la Chambre... pour cause de dissolution et de campagne électorale.

On n'évitera pas en tout cas un débat sur les instances censées réguler les marchés boursiers, comme la belge Commission bancaire et financière ou la Banque Centrale Européenne.

Un flop provoqué par la droite et les "humanistes" au Parlement européen

Hier, le Parlement européen était saisi de cette question. Voilà le rapport qu'en fait notre député européen, Pierre Jonckheer. Edifiant ! Pour ceux qui ne savent pas, le groupe PPE, c'est des sociaux-chrétiens, les humanistes, quoi.

"Crise financière - Une tentative ambitieuse de lutter contre la crise balayée par la droite du Parlement européen. Les eurodéputés ont voté aujourd'hui sur deux rapports " d'initiative " visant à mieux réguler les marchés financiers. Ce rapport constituait une bonne tentative de lutte contre la crise financière. Mais balayée par la droite, la majorité du Groupe des Verts/ALE a finalement voté contre le rapport Rasmussen.

S'exprimant sur le rapport Rasmussen qui vise directement les fonds d'investissements spéculatifs (hedge funds*) et qui demande à la Commission européenne la mise en place d'un législation améliorant le cadre de surveillance des fonds spéculatifs et des fonds de capital investissement, Pierre Jonckheer, vice président du Groupe des Verts/ALE a estimé que :

"Au premier abord, ce rapport va dans dans la bonne direction : il insiste sur la nécessité d'une intervention communautaire plus importante dans les domaines des fonds spéculatifs et des fonds capital investissent. Toutefois, la gravité de la crise financière internationale en appelle à des mesures plus ambitieuses. Il faut repenser de fond en comble la réglementation du secteur financier. Dans le domaine des fonds spéculatifs, il incombe de les recadrer davantage pour éviter qu'ils génèrent une crise systémique.

Par ailleurs, sous la pression des Groupes PPE et Libéraux, le rapporteur a cédé sur son ambition de départ sur des questions essentielles. Ainsi, le Groupe des Verts/ALE a déposé des amendements au texte qui demandent notamment la création d'une autorité de surveillance au niveau de l'UE ainsi qu'un enregistrement européen et un agrément des sociétés de gestion et de gérants de fonds. Nous demandions également la fixation d'une limitation d'endettement pour les fonds de capital investissement et pour des fonds spéculatifs.

Ces amendements ont hélas été balayés par une majorité de PPE et de libéraux pour qui l'autorégulation du secteur a toujours constitué la solution privilégiée pour parer aux éventuels problèmes qu'ils posent. Nous pensons par contre que le système dont nous disposons pour surveiller l'ensemble du dispositif des marchés financiers est insuffisant et que la Commission européenne doit cesser avec son orientation du laisser-faire. Nous attendons notamment des autorités bancaires et monétaires européennes des propositions qui favorisent les investissements à long terme et à taux modéré, indispensables pour atteindre les objectifs de la Stratégie de Lisbonne, et du "Paquet énergie-climat"."

Comme en témoignent les vifs débats qui ont eu lieu durant la dernière plénière du Parlement Européen, l’enjeu de la régulation financière se trouve au cœur de l’actualité politique européenne. La résolution d’initiative législative du rapporteur Rasmussen (PSE) adoptée mercredi au Parlement Européen oblige la Commission à présenter des propositions en matière de fonds alternatifs (hedge funds) et fonds capital-investissement (private equity). Le groupe de vert au PE a déploré que les éléments les plus intéressants et audacieux de la résolution aient été supprimés dans le but d’obtenir un accord politique avec la droite. Parmi ces éléments on trouve les demandes suivantes :

• L’instauration d’une agence supervision européenne des marchés financiers ; • La mise en place d’une agence de notation publique et indépendante ; • La mise en place d’une entité de certification des produits structurés ; • La mise en place d’un cadre européen pour l’enregistrement et autorisation des entités qui contrôlent les investissements des fond alternatifs et fonds capital-investissements ; • L’instauration d’exigences en matière d’endettement des fonds capital-investissements et l’imposition de limites aux effets leviers pour les fonds alternatifs. • Des mécanismes de taxation des flux financiers spéculatifs, notamment une taxe de type Tobin et des taxes sur les transactions boursières

Parallèlement à l’injonction reçue par la Commission de la part du PE en ce qui concerne ces fonds, l’agenda législatif de la Commission prévoit dans les semaines à mois à venir deux initiatives législatives importantes en la matière :

• Paquet « supervision financière ». Le paquet vise à renforcer les normes existantes en matière de coordination de la supervision financière au sein de l’UE et à définir un cadre réglementaire portant sur les agences de notation (divulgation de la communication attendue pour octobre 2008). Ce paquet en codécision sera accompagné d’une proposition de révision de la directive du PE et du Conseil sur les exigences en matière de capitaux propres des entreprises du secteur financier.

• Une proposition de révision de la directive du Conseil sur la fiscalité de l’épargne. Plusieurs sources annoncent une proposition de révision imminente de cette directive de 2003 de manière à étendre son champ d’application aux personnes morales et aux autres sources de revenus financiers. Cependant, cette révision ne figure pas dans la dernière version du programme d’adoption d’initiatives législatives de la Commission pour le dernier trimestre de 2008. Il est vraisemblable qu’elle fera l’objet d’une proposition durant le premier trimestre.

Ces deux initiatives législatives circonstanciées donneront l’occasion aux verts européens et à ECOLO et aux verts européens d’exposer les principes et propositions spécifiques par les biais desquels les écologistes entendent repenser la régulation des marchés financiers et lutter contre les paradis fiscaux et l’évasion. Les propositions énumérées de manière succincte ci-dessus feront l’objet d’une proposition de priorité spécifique dans le programme.

Plus d’informations sur cette page.

Hommage à l'ami Marc Moulin, qui nous manque terriblement, surtout en ces périodes de folie. Salut, l'artiste !

jeudi 25 septembre 2008

« Je te quitte, moi non plus » : CD&V et N-VA veulent le beurre et l’argent du beurre, et puis quoi encore de la crémière ?

letreme.Dewever

Les nationalistes et les démocrates-chrétiens flamands aiment bien se vanter qu’ils « tiennent parole ». Ils se présentent comme les champions des grands principes de la bonne gouvernance (good bestuur).

Des grands principes, toujours, mais quand cela les concerne directement et matériellement, le ton et la stratégie changent.

Cette semaine nous avons enfin vu le cartel flamand du CD&V et la N-VA se désintégrer. Après 15 mois d'immobilisme et de prise en otage, consenti par le parti chrétien, les nationalistes de Dewever&co se déclarent de nouveau autonomes. Le CD&V continue à soutenir le Premier Ministre en place, et la N-VA se déclare maintenant haut et fort « dans l’opposition ».

Excellente nouvelle.

Or, malgré les grands principes, ils s’acharnent tout de même à essayer de garder les avantages du mariage. « Les députés de la N-VA seront assis ensemble, séparément du CD&V, et nous serons clairement dans l'opposition », dit-on à la N-VA. Mais : même s’ils envisagent de se mettre séparés dans l’hémicycle, ils veulent en même temps rester techniquement dans un seul groupe parlementaire, afin de ne pas perdre la vice-présidence de la Chambre de Dewever, un siège de questeur (ça rapporte gros) et un siège du CD&V dans les commissions parlementaires.

L'indécence, tout simplement

Des députés de « l’opposition », dans le même groupe que les coreligionnaires du Premier Ministre ? On croyait avoir tout vu, mais le surréalisme augmente encore d'un cran.

La constitution de "groupes techniques" est assez courante dans les assemblées parlementaires; deux groupes parlementaires élus sur des listes différentes et autonomes se trouvent assez de points de convergences pour adjoindre leurs forces, ne fut-ce que pour obtenir un droit de vote en commission.

Rappelons que cela ne s'est jamais pratiqué qu'entre élus démocratiques, excluant toute alliance, même technique, avec des élus fascistes.

On se trouve ici dans un tout autre cas de figure. Deux partis distincts forment un cartel et se présentent aux électeurs sur une liste commune, avec un programme commun. C'est leur droit.

Mais après quinze mois d'impuissance, malgré les surenchères et les provocations. Nada.

Le divorce est consommé. Le cartel consumé.

Alors, par simple honnêteté, rendez au Parlement vos postes de pouvoir, employés, et avantages financiers que vous ne méritez plus !

lundi 22 septembre 2008

René Dumont, notre précurseur à tous et toutes

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José Daras vient de mettre en ligne sur son blog, une édifiante trouvaille : un des discours télévisés du premier candidat écologiste aux élections présidentielles françaises ... en 1974 ! J'avais quinze ans.

Membre des Amis de la Terre, agronome, professeur, auteur prolifique, son discours et ses constats n'ont pas pris une ride 34 ans après. Malheureusement. Dépendance au pétrole, disparition des ressources alimentaires, les mers et fleuves transformés en poubelles, course à la croissance à tout prix, le Sud de la planète laissé à la misère et aux dictatures (en particulier l'Afrique), la dénonciation des douteuses pratiques politiques et l'exigence de la transparence. Déjà "Faire de la politique autrement".

Rien n'a changé. René Dumont aurait du être le premier à s'approprier l'expression "Une vérité qui dérange".

Allez voir et écouter ce discours sur le site de José.

Pour en savoir un peu plus sur ce citoyen visionnaire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Dumont

Bonne lecture. Et n'attendons pas à nouveau 34 ans pour changer le cours des choses. Chaque jour qui passe accroît l'urgence du changement.

jeudi 18 septembre 2008

L'automne social s'annonce chaud bouillant !

ColèreFonda

L'affiche du film "Les raisins de la colère", d'après le roman de John Steinbeck (1939, Prix Pulitzer, et porté à l'écran un an plus tard par John Ford.

Alors que le communautaire continue d'occuper une large place dans l'agenda des partis politiques et des médias, les questions socio-économiques vont rapidement remonter sur le devant de la scène inéluctablement. Les responsables syndicaux sont tout sauf optimistes et, à cet égard, les manifestations organisées avec succès en front commun en décembre et juin derniers pourraient n'être que de sympathiques répétitions générales bon-enfant.

L'AGENDA EST LOURD ET LA CONJONCTURE EST DANGEREUSEMENT NEFASTE

Chacun l'aura compris le contexte économique et les rapports de forces politiques n'incitent pas à espérer de grandes avancées sociales: crise financière internationale, croissance en berne, inflation record, budget de l'Etat très serré ? Pendant ce temps, le pouvoir d'achat des ménages ne cesse de se détériorer, du fait de l'augmentation des prix de l'énergie, des matières premières et des biens de consommations quotidiens. Au point que certains ménages sont acculés à faire des choix dramatiques (en soins de santé ou en alimentation) ou à entrer dans la spirale du sur-endettement.

Les échéances sont pourtant là, imminentes et potentiellement lourdes de conséquences.

Et le cahier de charges des prochaines négociations entre partenaires sociaux est des plus copieux.

Ces discussions commenceront dans quelques jourset divers points risquent de donner lieu à de difficiles empoignades. On peut citer en vrac, la liaison des allocations sociales au bien-être, le rapport que devra remettre en novembre le Conseil Central de l'Economie sur la compétitivité et l'emploi, le formation et le renforcement du congé-éducation payé, la négociation sur les salaires minimas, l'égalité des salaires entre hommes et femmes, les dérives mercantiles dans le domaine des titres services, etc, etc

UN ACCORD INTER-PROFESSIONNEL POSSIBLE ?

L'AIP qui va bientôt se négocier porte sur la période 2009-2010. On ne dira jamais assez l'importance de ces AIP sur la paix sociale et l'équité entre tous les travailleurs. Faute d'un tel accord, la négociation reviendra aux secteurs. Il y en a de forts et de faibles. en termes de marge de manoeuvre. Dans les secteurs forts, comme l'énergie, les travailleurs ont des chances réelles de voir leur sort s'améliorer. Dans les autres, plus faibles, comme la distribution ou le non-marchand, ils risquent fort de se retrouver sans biscuits.

D'autres menaces pointent leux nez. Ainsi, l'idée de ne plus indexer que la part nette du salaire. Proposition sournoise, qui aurait pour effet d'affaiblir le fianancement de la sécu et de diminuer le montants des pensions futures (car calculées sur le dernier salaire... brut).

ACTIONS LE 6 OCTOBRE

Les organisations syndicales annoncent aujourd'hui des actions le 6 octobre prochain.

Ce qui me paraît évident par ailleurs, c'est que si le gouvernement persiste à maintenir certains tabous, comme la quasi non taxation des opérations boursières et spéculatives, les sur-bénéfices d'Elecrabel, les dysfonctionnements dans la lutte contre la grande fraude fiscale, etc. Il n'y aura aucune marge de manoeuvre pour financer le dialogue social. Avec tous les dangers que cela comporte.

mercredi 17 septembre 2008

Vers les noces MR-PS en 2009

didierélio

Illu de Philippe Mercenier

Le Pan d'aujourd'hui, gazette généralement bien informée grâce aux innombrables indiscrétions provenant de tous les partis, consacre sa Une à un scénario qui ne manque pas de sel (ni de poivre d'ailleurs).

Le MR et le PS seraient en train de peaufiner un accord préelectoral pour les régionales de 2009. Il est vrai qu'au vu du sondage de Soir d'hier (tous les deux en perte sévère) , les prédictions de votes n'assurent à aucun d'eux la garantie de retrouver les joies du pouvoir.

Sauf s'ils s'allient en coalition des perdants et verrouillent à l'avance l'inéluctable résultat des urnes.

Voici le scénario du Pan. Accrochez-vous à la rampe.

Di Rupo, en fin de mandat présidentiel, serait "convié" avec insistance à de hautes fonctions internationales. Genre Commissaire européen, en lieu et place de Louis Michel. Lequel ferait alors campagne à Bruxelles et s'offrirait un carton qui lui ouvrirait les portes de la place de Ministre-Président de la Région.

Et on ne nous dit pas tout ! Comme le répète chaque dimanche Anne Roumanov sur le plateau de Drucker.

Et le Pan de nous alimenter de la suite du probable casting. Le cdH évacué - sauf au fédéral- les pions se mettent place. Milquet se retire au Parlement européen et à la ville de Bruxelles, où elle retrouve sa fonction d'échevine "empêchée"et laisse la place de la présidence du cdH au fils Lutgen. Elio écarté, Rudy Demotte peut sans difficulté ambitionner la présidence du PS. Charles Michel se voit propulsé vice-premier au fédéral.

Reste la présidence future du MR. Pierre-Yves Jeholet ?

Et le programme dans tout ça ? Qui vous a dit que ça discutait programme ?

Une seule consigne, timonier, la barre à droite toute !

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