Dans le genre "on ne change pas une équipe qui perd", celle de Leterme est partie en vacances en catimini et sur plusieurs échecs de taille. Ainsi, alors même que la mesure se retrouve prévue texto dans leurs accords de gouvernement, les cinq partis ne sont pas parvenus à s'accorder sur un circulaire qui fixe enfin des critères légaux et objectifs de traitement des demandes des sans-papiers (implantation locale durable, scolarisation des enfants, etc). Les voilà donc livrés à nouveau à l'arbitraire total de l'office des étrangers.

A lire les déferlements de haine et d'égoisme sur les forums, je me suis dit que la politique menée par les néocons depuis Reagan aux USA avait fait aussi des ravages pernicieux chez nous. Cette politique a consisté, devant l'agravation de la crise économique, à dresser les unes contre les autres les catégories les plus faibles de la population. Travailleurs précaires contre assistés forcément profiteurs, chômeurs contre agriculteurs endettés mais subsidiés, afros de souches contre immigrés latinos, petits contribuales contre fonctionnaires, etc, etc... Cette politique a fait le lit des discours sécuritaires et du repli sur soi. De la compétition pour tenter de grapiller les maigres miettes tombées d'un énorme gâteau. De la recherche de boucs émissaires plutôt que la revendication pour plus d'équité, de droits et de justice pour tous. La fin de ce qui fait l'âme même de la politique.