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Hier, dans le portrait d'été que lui consacrait La Libre, Bart De Wever confiait, presque touchant, que les attaques et critiques des francophones l'avaient "touché" et qu'il envisageait même parfois de quitter la vie politique devenue insupportable pour lui et pour sa famille.

Notre victime s'exprimait hier sur les ondes de la Première, en des propos unanimement repris par toute la presse. Pour ceux qui auraient préféré s'adonner au pastis ou à la pétanque, rappelons-leur l'essentiel du discours du chef de file de la NVA. Pour lui, il n'y a pas de minorités en Belgique et les francophones sont des "immigrés" en terre flamande et qu'ils doivent dès lors s'adapter au même titre que les marocains et autres allochtones.

Pour moi, qui n'ai certes pas toute la science historique de l'ami Bart (son meilleur ami est francophone assure-t-il, un peu sur le mode "je ne suis ni raciste, ni antisémite, d'ailleurs j'ai même un ami arabe et un ami juif, c'est vous dire, mon bon monsieur !"), mais j'ai toujours naïvement pensé qu'un immigré était quelqu'un qui, pour diverses raisons, quittait son pays pour aller s'installer dans un autre. Je ne suis pas historien, mais j'ai quand même suivi quelques cours de droit.

Et là, je m'étonne (pour rester poli).

Imaginons un excité de Bruxelles ou des communes à facilités de Wallonie, soudainement frappé d'une fulgurante insolation caniculaire, se mettre à déclarer sur les ondes de la VRT: "les flamands de Bruxelles et de Wallonie ne sont en rien une minorité disposant des droits prévus par la Constitution, la Convention du Conseil de l'Europe et les lois linguistiques, ils sont des immigrés au même titre que des kosovars, des réfugiés du Kivu ou autres maliens". Ils doivent donc s'adapter. La valise ou le cercueil, en quelque sorte. Ou, plus moderne, le charter ou la grue. Il suffit de ce respect et des protections dont jouissent les flamands habitant -sans poser le moindre problème- en francophoneland.

On imagine le barnum, les excuses immédiatement exigées, les rétorsions mises en oeuvre. Les preux nationalistes déjà occupés à enfiler leurs éperons d'or, prêts à enfourcher leurs fougueux destriers et à mettre à éxécution la "loi du nombre".

C'est ce qu'on appelle en langage commun : deux poids, deux mesures.

Et puis, si Bart se sent si mal dans sa peau, qu'il profite de ses vacances pour aller consulter un psychiatre actuellement désoeuvré dans une cellule du TPI, un certain Radovan K. Entre épuration ethnique et épuration linguistique, il devraient avoir bien des choses à se dire, non ?

Ah, oui, j'oubliais, Melchior, Gaspard et Balthasar s'en sont allés remettre leur rapport au Palais

Quoi de mieux qu'un facétieux dessin de mon pote Philippe Mercenier, comme à son habitude perspicace et féroce :

http://zurbain.skyrock.com

Et pour terminer, je ne résiste pas à l'envie de citer la conclusion d'une des brillantissimes plaidoiries du regretté Pierre Desproges "Les statistiques sont implacables; il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde !".

Etonnant, non ?