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Illustration de Philippe Mercenier

Décidément, il semble bien que, contrairement aux règles du foot, la carte rouge soit l'assurance de rester sur le terrain et d'en exclure les autres joueurs !

En 2003, après de longues luttes d'Ecolo et du Gerfa, le gouvernement wallon se décide à adopter un décret rénovant les règles de recrutement pour la haute administration wallonne: objectivation et choix selon la compétence, mandats limités à 5 ans renouvelables, évaluation des résultats. Hélas, en 2006, le décret Courard-fuyons! vient largement détricoter le tout. La quasi-totalité des directeurs généraux choisis sont PS !

Examens-bidonnés, tuyaux aux copains, changements de procédure.

Imaginez que ces "copains" vont éventuellement "servir" une majorité différente après les élections régionales de 2009. Avec quelle loyauté et quel souci des décisions démocratiquement adoptées par le gouvernement et le parlement ?

Cette fois, et c'est une première, la fonction publique wallonne refuse de s'incliner et veut faire entendre sa voix. Sa révolte, même.

Ils ont donc défié le pouvoir en place et lancé une pétition.

La voilà.

Pour une administration performante et équitable, au service du citoyen

L'administration est au service de tous les citoyens. Sa mission est d'assurer le traitement impartial des dossiers et de veiller au respect des lois et règlements. Il est essentiel que notre administration soit compétente. Pour ce faire, nous demandons d'exclure les critères particratiques lors des nominations. Cette pétition a été initiée par les agents de la Direction générale opérationnelle de l'Aménagement du Territoire, du Logement, du Patrimoine et de l'Energie (DGO 4 du Service publique de Wallonie), en réaction à la décision du Gouvernement wallon du 24 juillet 2008 relative à la (non-)désignation de Directeurs généraux. Après analyse (voir verso), cette décision apparaît comme une dérive de la démocratie. L'objectif poursuivi est de provoquer un large débat à propos de la modernisation du service public et de l’attribution des postes d’encadrement. Il s’agit d’un enjeu démocratique et citoyen. Nous, signataires de cet appel, demandons au Parlement de veiller à garantir : - la compétence et la stabilité des personnes désignées à des postes de direction ; - la transparence du mode de nomination ; - l'occupation systématique et rapide des postes vacants. Faute de réforme, nous craignons que notre administration soit au service des partis et qu'elle perde dès lors son objectivité et son expertise, au détriment de la collectivité. Nom Prénom Adresse Signature

A retourner, au plus tard pour le 30 septembre 2008, à l’adresse suivante : Agents de la DGO4 Rue des Brigades d’Irlande,1 5100 Jambes Pétition pour une administration performante et équitable, au service du citoyen Contexte : la (non-)désignation de Directeurs généraux http://politisation.be/contexte.htm Adopté en 2003, le nouveau Code de la Fonction publique introduisait la notion de mandat : les hauts fonctionnaires de l’administration wallonne seraient désignés pour 5 ans, pour la durée de la législature. Ce mécanisme a été largement modifié par la réforme du Gouvernement wallon du 31 août 2006 (voir Wallex.wallonie.be / Fonction publique / Livre II ). La désignation des mandataires nommés ce 24 juillet 2008 suivant cette procédure ne manque pas de nous interpeller. L'analyse de cette décision témoigne d'une perversion du mécanisme d'attribution, voire de non-attribution, des postes. Une des modifications de 2006 porte sur la restriction des conditions de recevabilité des candidatures aux postes de mandataires. Sur les 13 postes de hauts fonctionnaires pourvus fin juillet 2008, 10 directeurs généraux sont issus d’un même parti. La couleur politique des directeurs mis en place antérieurement peut expliquer cette proportion importante. Les lauréats ayant réussi tous les examens de sélection organisés par le bureau de sélection de l'administration fédérale (Selor) doivent dorénavant passer un "entretien complémentaire" qui remet en cause l'évaluation objective de leurs compétences ... sur base d'un seul entretien mené exclusivement par des Ministres ! Ainsi 3 lauréats avaient été sélectionnés au poste de Directeur général à l'Aménagement du Territoire, au Logement, au Patrimoine et à l'Energie. En fin de course, ils ont tous été écartés par le Gouvernement sur base d'une question très "pointue" en matière d'énergie (matière nouvellement accolée à cette Direction générale). La mission confiée au Selor n'était-elle pas de sélectionner des managers plutôt que des techniciens spécialisés dans telle ou telle matière ? Lors de cet entretien ministériel complémentaire, les lauréats ont été écartés pour les postes suivants : · le Secrétariat général du Service public de Wallonie, qui doit coordonner l'ensemble de l'Administration ; · la Direction générale de l'Aménagement du Territoire, du Logement, du Patrimoine et de l'Energie, qui était dirigée depuis des années par une lauréate ayant réussi tous ses examens ; · la Direction générale de l'Economie, de l'Emploi et de la Recherche, pourtant privée de direction depuis 5 ans déjà ; · la Direction de l'Institut scientifique de Service public, acteur important en matière d'environnement et de santé. Recommencer la procédure de sélection pour ces 4 postes trouve-t-il d'autres justifications que de repêcher des candidats ayant échoué devant le Selor ou de rééquilibrer le partage politique des mandats ? Un projet de régionalisation du Selor est annoncé; il serait ainsi plus proche du pouvoir politique wallon. On peut douter de l'objectivité d'une opération qui aboutirait à sélectionner des candidats précédemment jugés inaptes par le Selor fédéral. Au niveau hiérarchique inférieur (département), les compétences des candidats à ces postes ne sont plus évaluées par le Selor, depuis la réforme de 2006. En outre, ils sont dorénavant désignés « à vie ». Au total, 63 % de ces postes sont déclarés vacants dans le Service public de Wallonie ! La situation serait pire dans les para-régionaux (Organismes d'intérêt public). La répartition des postes entre partis sera-t-elle ou non le critère déterminant pour ce très grand train de promotions ?

Nihil nove sub sole.

Pour faire dans l'équitable, je vous renvoie à un de mes précédents articles, consacré à la dénonciation par Rudy Aernoudt du "slecht bestuur" qui sévit aussi en Flandre.