letreme.Dewever

Les nationalistes et les démocrates-chrétiens flamands aiment bien se vanter qu’ils « tiennent parole ». Ils se présentent comme les champions des grands principes de la bonne gouvernance (good bestuur).

Des grands principes, toujours, mais quand cela les concerne directement et matériellement, le ton et la stratégie changent.

Cette semaine nous avons enfin vu le cartel flamand du CD&V et la N-VA se désintégrer. Après 15 mois d'immobilisme et de prise en otage, consenti par le parti chrétien, les nationalistes de Dewever&co se déclarent de nouveau autonomes. Le CD&V continue à soutenir le Premier Ministre en place, et la N-VA se déclare maintenant haut et fort « dans l’opposition ».

Excellente nouvelle.

Or, malgré les grands principes, ils s’acharnent tout de même à essayer de garder les avantages du mariage. « Les députés de la N-VA seront assis ensemble, séparément du CD&V, et nous serons clairement dans l'opposition », dit-on à la N-VA. Mais : même s’ils envisagent de se mettre séparés dans l’hémicycle, ils veulent en même temps rester techniquement dans un seul groupe parlementaire, afin de ne pas perdre la vice-présidence de la Chambre de Dewever, un siège de questeur (ça rapporte gros) et un siège du CD&V dans les commissions parlementaires.

L'indécence, tout simplement

Des députés de « l’opposition », dans le même groupe que les coreligionnaires du Premier Ministre ? On croyait avoir tout vu, mais le surréalisme augmente encore d'un cran.

La constitution de "groupes techniques" est assez courante dans les assemblées parlementaires; deux groupes parlementaires élus sur des listes différentes et autonomes se trouvent assez de points de convergences pour adjoindre leurs forces, ne fut-ce que pour obtenir un droit de vote en commission.

Rappelons que cela ne s'est jamais pratiqué qu'entre élus démocratiques, excluant toute alliance, même technique, avec des élus fascistes.

On se trouve ici dans un tout autre cas de figure. Deux partis distincts forment un cartel et se présentent aux électeurs sur une liste commune, avec un programme commun. C'est leur droit.

Mais après quinze mois d'impuissance, malgré les surenchères et les provocations. Nada.

Le divorce est consommé. Le cartel consumé.

Alors, par simple honnêteté, rendez au Parlement vos postes de pouvoir, employés, et avantages financiers que vous ne méritez plus !