finances

Après l'orgie du politic-fric clinquant à Pékin, la gueule de bois !

Le pied sur l'accélérateur des profits (si ça rate, il reste les parachutes dorés), nos princes de la finance se sont pris une peau de banane et... bardaf, c'est l'embardée.

On nous bassine depuis trente ans avec cette incantation au "moins d'Etat" et la confiance aveugle dans la "main invisible", mamelles nourricières de la prospérité et du bonheur.

Et, puis, quand le système dévisse, c'est tout le choeur de l'opéra(-bouffe) financier qui entonne un "Au secours, l'Etat !". Rappelons au passage que l'Etat, c'est nous : salariés, indépendants, porteurs de PME, allocataires sociaux, pensionnés, chercheurs, fonctionnaires, enseignants et étudiants, malades et soignants, fournisseurs et usagers des services publics, travailleurs sociaux, artistes.; etc. Enfin, les gens de la vraie vie, quoi.

Des banquiers boursicoteurs perdent leur culotte, et immédiatement les USA dégagent 700 milliards de dollars et la Belgique 700 millions d'Euros pour leur sauver la mise, alors que les urgences sociales et écologistes n'ont jamais été aussi criantes et que l'on peine, dit-on à trouver quelques budgets pour y faire face !

C'est comme si, après avoir flambé tout son pèze au casino, le malheureux perdant organisait une collecte dans le quartier pour retrouver ses thunes !

Et on reparle régulation, enfin

L'économie de marché s'est massivement mondialisée et en même temps de plus en plus dérégulée. (Remarquez le trait de génie). Il n'y a plus de gouvernance économique et les marchés ont opté pour des investissements "court-termistes" (le max de profit en un minimum de temps) et ont délaissés les prises de risques porteurs d'activité réelle, de développement et d'emplois. L'économie-casino, en fait.

Conséquence : les marchés sont depuis régis par l'exubérance, le mimétisme et la rumeur et qu'ils sont pro-cycliques: les fonds affluent souvent en abondance quand un profit est assuré mais refluent aussitôt et parfois très brutalement dès que l'incertitude s'installe (voir la crise des subprimes chez les zaméricains).

Gageons (espérons) que l'on reparlera bientôt de la Taxe Tobin visant à imposer -donc à freiner- les investissements spéculatifs à très court terme. J'avais obtenu en 2000 la création d'un groupe de travail au sein de la commission du Sénat sur le sujet. Nous avons auditionné pendant des mois tous les acteurs, la proposition a été votée, mais pas à la Chambre... pour cause de dissolution et de campagne électorale.

On n'évitera pas en tout cas un débat sur les instances censées réguler les marchés boursiers, comme la belge Commission bancaire et financière ou la Banque Centrale Européenne.

Un flop provoqué par la droite et les "humanistes" au Parlement européen

Hier, le Parlement européen était saisi de cette question. Voilà le rapport qu'en fait notre député européen, Pierre Jonckheer. Edifiant ! Pour ceux qui ne savent pas, le groupe PPE, c'est des sociaux-chrétiens, les humanistes, quoi.

"Crise financière - Une tentative ambitieuse de lutter contre la crise balayée par la droite du Parlement européen. Les eurodéputés ont voté aujourd'hui sur deux rapports " d'initiative " visant à mieux réguler les marchés financiers. Ce rapport constituait une bonne tentative de lutte contre la crise financière. Mais balayée par la droite, la majorité du Groupe des Verts/ALE a finalement voté contre le rapport Rasmussen.

S'exprimant sur le rapport Rasmussen qui vise directement les fonds d'investissements spéculatifs (hedge funds*) et qui demande à la Commission européenne la mise en place d'un législation améliorant le cadre de surveillance des fonds spéculatifs et des fonds de capital investissement, Pierre Jonckheer, vice président du Groupe des Verts/ALE a estimé que :

"Au premier abord, ce rapport va dans dans la bonne direction : il insiste sur la nécessité d'une intervention communautaire plus importante dans les domaines des fonds spéculatifs et des fonds capital investissent. Toutefois, la gravité de la crise financière internationale en appelle à des mesures plus ambitieuses. Il faut repenser de fond en comble la réglementation du secteur financier. Dans le domaine des fonds spéculatifs, il incombe de les recadrer davantage pour éviter qu'ils génèrent une crise systémique.

Par ailleurs, sous la pression des Groupes PPE et Libéraux, le rapporteur a cédé sur son ambition de départ sur des questions essentielles. Ainsi, le Groupe des Verts/ALE a déposé des amendements au texte qui demandent notamment la création d'une autorité de surveillance au niveau de l'UE ainsi qu'un enregistrement européen et un agrément des sociétés de gestion et de gérants de fonds. Nous demandions également la fixation d'une limitation d'endettement pour les fonds de capital investissement et pour des fonds spéculatifs.

Ces amendements ont hélas été balayés par une majorité de PPE et de libéraux pour qui l'autorégulation du secteur a toujours constitué la solution privilégiée pour parer aux éventuels problèmes qu'ils posent. Nous pensons par contre que le système dont nous disposons pour surveiller l'ensemble du dispositif des marchés financiers est insuffisant et que la Commission européenne doit cesser avec son orientation du laisser-faire. Nous attendons notamment des autorités bancaires et monétaires européennes des propositions qui favorisent les investissements à long terme et à taux modéré, indispensables pour atteindre les objectifs de la Stratégie de Lisbonne, et du "Paquet énergie-climat"."

Comme en témoignent les vifs débats qui ont eu lieu durant la dernière plénière du Parlement Européen, l’enjeu de la régulation financière se trouve au cœur de l’actualité politique européenne. La résolution d’initiative législative du rapporteur Rasmussen (PSE) adoptée mercredi au Parlement Européen oblige la Commission à présenter des propositions en matière de fonds alternatifs (hedge funds) et fonds capital-investissement (private equity). Le groupe de vert au PE a déploré que les éléments les plus intéressants et audacieux de la résolution aient été supprimés dans le but d’obtenir un accord politique avec la droite. Parmi ces éléments on trouve les demandes suivantes :

• L’instauration d’une agence supervision européenne des marchés financiers ; • La mise en place d’une agence de notation publique et indépendante ; • La mise en place d’une entité de certification des produits structurés ; • La mise en place d’un cadre européen pour l’enregistrement et autorisation des entités qui contrôlent les investissements des fond alternatifs et fonds capital-investissements ; • L’instauration d’exigences en matière d’endettement des fonds capital-investissements et l’imposition de limites aux effets leviers pour les fonds alternatifs. • Des mécanismes de taxation des flux financiers spéculatifs, notamment une taxe de type Tobin et des taxes sur les transactions boursières

Parallèlement à l’injonction reçue par la Commission de la part du PE en ce qui concerne ces fonds, l’agenda législatif de la Commission prévoit dans les semaines à mois à venir deux initiatives législatives importantes en la matière :

• Paquet « supervision financière ». Le paquet vise à renforcer les normes existantes en matière de coordination de la supervision financière au sein de l’UE et à définir un cadre réglementaire portant sur les agences de notation (divulgation de la communication attendue pour octobre 2008). Ce paquet en codécision sera accompagné d’une proposition de révision de la directive du PE et du Conseil sur les exigences en matière de capitaux propres des entreprises du secteur financier.

• Une proposition de révision de la directive du Conseil sur la fiscalité de l’épargne. Plusieurs sources annoncent une proposition de révision imminente de cette directive de 2003 de manière à étendre son champ d’application aux personnes morales et aux autres sources de revenus financiers. Cependant, cette révision ne figure pas dans la dernière version du programme d’adoption d’initiatives législatives de la Commission pour le dernier trimestre de 2008. Il est vraisemblable qu’elle fera l’objet d’une proposition durant le premier trimestre.

Ces deux initiatives législatives circonstanciées donneront l’occasion aux verts européens et à ECOLO et aux verts européens d’exposer les principes et propositions spécifiques par les biais desquels les écologistes entendent repenser la régulation des marchés financiers et lutter contre les paradis fiscaux et l’évasion. Les propositions énumérées de manière succincte ci-dessus feront l’objet d’une proposition de priorité spécifique dans le programme.

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Hommage à l'ami Marc Moulin, qui nous manque terriblement, surtout en ces périodes de folie. Salut, l'artiste !