Obama élu : joie, espoir ... et incertitudes
Par Jacky le mercredi 5 novembre 2008, 11:42 - Lien permanent

Nous sommes nombreux à avoir veillé tard cette nuit devant nos écrans pour suivre le suspens de l'élection présidentielle américaine, conscients que son issue allait peser sur le cours du monde dans les années à venir.
Au petit matin, nous avons éprouvé un mélange de soulagement, de joie et d'espoir. Ce changement de pouvoir au sein de la toute-puissante amérique ouvrait enfin la possibilité de changements à l'échelle de la planète entière, après huit années de busheries insoutenables (mensonges éhontés pour justifier la guerre en Irak, régression cauchemardesque dans le domaine des droits civiques via le Patriot Act, fichage, espionnage, écoutes, surveillance internet, prisons illégales et recours à la torture, laissez faire-laisser aller dans le monde bancaire et financier, obstructions systématiques aux mesures de lutte contre le dérèglement climatique, politique impériale et unilatérale, etc, etc).
Des raisons d'espérer
Sous réserves d'analyses plus fouillées et plus documentées, le scrutin US offre quelques raisons de se réjouir.
Tout d'abord, la victoire d'Obama est nette et incontestable (364 grands électeurs contre 158), dans une élection dont le taux de participation constitue un record (66%). Obama a réussi à mobiliser nombre de déçus et de laissés-pour-compte : les jeunes, les exclus de la santé, de l'éducation et de l'emploi, les minorités culturelles et sexuelles, qui ont pour beaucoup retrouvé la confiance perdue dans leur démocratie. On peut supposer, par l'absurde, que sa qualité de métis (donc a priori sans aucune chance) a galvanisé ces catégories. "S'il a quelque chance, alors moi aussi". C'est incontestablement une formidable avancée démocratique pour ce pays réputé pour ses préjugés ethniques. Nos démocraties européennes s'en prennent une sacrée gifle par comparaison.
Il faut aussi relever le discours responsable et positif de Mac Cain qui, reconnaissant sa défaite et félicitant le vainqueur (figure classique), lui a aussi adressé ses encouragements et promis son soutien et appelé la nation américaine à faire corps autour de la nouvelle administration. Voilà qui atténue le spectre d'une Amérique coupée en deux clans haineux et son cortège de violences potentielles.
Enfin, Obama a la majorité parlementaire à la Chambre et au Sénat et aura quatre ans pour renouveler partiellement la cour suprême (plusieurs juges âgés -et ultra-conservateurs- sont sur le départ), une cour dont on sait le poids énorme dans nombre de questions judiciaires, constitutionnelles, civiques et éthiques.
Mais des incertitudes également

Obama a, d'un point de vue professionnel, mené une campagne remarquable. Tout à la fois posé et enthousiasmant, rassurant et novateur, imperturbable face aux attaques, souvent nauséabondes, il s'en est tenu à son coeur de cible et à ses promesses de changements ("yes, we can"). But, we can what ?
Certes, il s'est avancé sur des questions cruciales aux USA (comme l'assurance santé ou Kyoto 2). Il s'est également prononcé sur le transfert de troupes d'Irak vers l'Afghanistan.
Mais quid précisément du bourbier israélo-palestinien ? Qu'entend-il par une politique plus multilatérale avec l'Europe, l'Afrique et les pays émergents ? Quid de ses futures relations avec les pays d'Amérique du Sud, dont les relations avec les USA sont quasi congelées ? Quid du nucléaire et des projets de forages pétroliers en Alaska ?
Et puis, il hérite d'une situation financière et boursière catastrophique (la Chine prêtant de l'argent aux USA, inimaginable il y a 20 ans !). Quels sont ses projets pour les indispensables réformes du FMI et de la Banque mondiale ? Quelle sera sa volonté et sa marge de manœuvre pour réguler les marchés boursiers et mettre de l'ordre, de la transparence et de l'éthique dans les pratiques des cinglés de Wall Street ?
Face à la crise alimentaire et économique, osera-t-il s'attaquer aux accords de l'OMC ?
Voilà quelques uns (seulement) des défis auxquels le nouveau président a être confronté. Dur, dur.
Une chose est certaine en tout cas et les résultats en attestent, Obama est bien plus représentatif de l'Amérique d'aujourd'hui et de demain que son rival qui devait supporter le boulet de l'héritage Bush. Une Amérique qui accepte enfin son métissage, plus tolérante et plus respectueuse du monde extérieur.
Beaucoup d'incertitudes, donc. Mais aussi beaucoup d'espoirs.
Un ajout un peu olé, olé
Un ami facétieux m'a envoyé ce fichier. Il n'y a qu'aux states que cela peu se produire. Dans l'incertitude, poilons-nous un peu. Et puis, c'est peut-être le signe qu'Obama pourra apporter un peu de bonheur. A sa manière.
;o))
Commentaires
Salut Jacky,
J'ai suivi moi aussi la soirée électorale sur CNN et je suis enchanté (ré-enchanté même) par ce que l'Amérique vient de faire. Au point d'avoir décidé que je prendrai des vacances aux States en 2009 (je n'y étais plus retourné depuis l'élection de Bush en 2000).
Je suis quand même moins optimiste que toi quant à la disparition du "spectre de l'Amérique coupée en deux". L'attitude de Mac Cain a été très digne et très responsable; mais c'est le chant du cygne d'un homme qui, je le crains, ne pèsera plus rien au sein du GOP, d'autant que celui-ci et ses partisans mettent la défaite sur le compte de la très mauvaise campagne de leur candidat. Je n'ai pas entendu, de la part des républicains interviewés, la même volonté d'union nationale. J'entends par contre - à chaud, sans recul, mais quand même - que Sarah Palin serait celle qui reprendrait les rênes, et serait peut-être la candidate de 2012. D'un côté l'Amérique d'Obama, de l'autre celle de Palin: difficile d'imaginer une union nationale entre ces deux-là.
Mon espoir réside quand même dans cette Amérique des minorités, les jeunes, les blacks, les latinos,... qui se désintéressait souvent de la politique et qui, là, vient peut-être enfin de se rendre compte qu'elle peut faire changer les choses. j'espère qu'elle y a pris goût et qu'elle sera encore au rendez-vous des prochaines échéances.
Tout ceci étant dit, quelle magnifique nuit, et quelle belle Histoire avec un grand H !
Jacky Morael, c'est toujours un régael!
Merci pour cet excellent billet, as usual. C'est un vrai plaisir que ces analyses pertinentes, qui englobent tant d'éléments et qui pourtant sonnent juste. Merci!
L'election d'Obama c'est deja une formidable victoire pour l'evolution des mentalites americaines. Dans une societe ou pres de 50% (des blancs) sont racistes, [on les nomme les rednecks ou encore l'Amerique profonde, tres profonde].
En quelques mois de campagne l'Amerique a fait un bond enorme en avant et meme si Obama venait a decevoir tous nos espoirs futurs, ca restera une avancee inesperee acquise definitivement et rien que pour ca rien ne sera plus comme avant.
Bonjour
C'est pas que je veux jouer les emmerdeurs mais:
Ce n'est pas parce qu'il gagne grâce à un système particulier (celui des grands électeurs) que sa victoire est si nette. Ainsi il ne gagne que dans 26 états sur 50 et le pays est littéralement coupé en 3: l'est et l'ouest sont démocrates mais le centre et le sud-est (sauf la... Floride) sont résolument républicains (voir http://elections.nytimes.com/2008/r...) et en pourcentage des votes il gagne par 52% contre 46% à McCain - on est loin d'un triomphe...
"On peut supposer, par l'absurde, que sa qualité de métis (donc a priori sans aucune chance) a galvanisé ces catégories. "S'il a quelque chance, alors moi aussi". C'est incontestablement une formidable avancée démocratique pour ce pays réputé pour ses préjugés ethniques. Nos démocraties européennes s'en prennent une sacrée gifle par comparaison" écrivez-vous. C'est une lecture. En voici une autre: pour gagner Obama a dépensé 745 milions de dollars (voir http://www.washingtonpost.com/wp-dy...) alors que McCain n'en n'a pour sa part dépensé "que" 450. Est-il vraiment nécessaire de tout ramener à la race du candidat ? Et si il était simplement celui soutenu par l'oligarchie financière et économique ?
Pour le reste, quelques réflexions:
un transfert de troupes n'est pas un retrait des troupes - la situation en Irak étant en voie de normalisation (essentiellement en utilisant la technique Ponce-Pilate) il convient de rediriger les troupe vers l'Afghanistan.
Quant au conflit israelo-palestinien, on vous signale que deux de ses plus fidèles conseillers sont des sionistes hardcore... (voir http://www.bakchich.info/article568... et http://www.bakchich.info/article567...)
Comment dire... L'euphorie ne doit pas faire tomber dans l'angélisme et amener à croire que parce qu'il est relativement jeune et noir tout va changer.
Bref - pour uiliser une petite comparaison, que Coca ait plus de part de marché que Pepsi ne doit pas faire oublier que tous les deux sont du cola...
Une petite question: le candidat "naturel" qu'ECOLO aurait dû soutenir ne serait-il pas plutôt Nader (pour les plus incultes, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Ralph_...) ? Evidemment, il vaut mieux se féliciter d'être pour le vainqueur que pour quelqu'un qui culmine à 0.53 % (voir http://elections.foxnews.com/states... - oui, selon nader.org il n'y a que foxnews qui donne les résultats des "petits" candidats)
Très intéressant de voir tous les vrais progressistes de Belgique (Elio, Fadila, Jacky et tant d'autres) saluer la victoire de leur frère métis au programme économique tel que si demain il était proposé ici provoquerait immédiatement la paralysie du pays organisée par ceux la même qui l'encensent aujourd'hui.
Un grand moment "historique"
http://www.dailymotion.com/video/x7...
"La route qui nous attend est longue. Le chemin sera escarpé."
Pour l'historien Emmanuel Todd, l'élection de Barack Obama «redonnera quelques années de vie supplémentaires à l'empire». Elle ne suffira pas cependant à restaurer l'autorité d'une puissance en voie de déclassement.
http://www.tdg.ch/actu/monde/empire...
SD,
En 2000, la candidature de Ralph Nader a probablement privé Al Gore des voix qui lui auraient permis de devenir président, et donc d'amener les E-U à entériner le protocole de Kyoto. Nader est pour moi le premier responsable de l'avènement de Bush et de toutes ses conséquences, gravissimes. Je suis écologiste mais jamais je ne soutiendrai Nader, à cause de ça. Nader est indirectement une des personnes qui a causé le plus de tort à l'écologie politique. Si Ecolo devait le soutenir, je ne soutiendrais plus Ecolo.
@ Jean-François
C'est sûr qu'avec 0.37 % des voix il a causé beaucoup de tort à Gore. Je sais que c'était l'argument des démocrates pour excuser une défaite... inexcusable mais si je comprends bien ton raisonnement, par analogie, je devrais justement arrêter de voter ECOLO parce que ça nuit au PS ?
Quant au programme écologique de Gore... Est-il difficile de comprendre que l'élection est surtout le moment du payback et qu'Al - comme tous les autres - a été massivement soutenu par les industriels (dont les pétroliers, les groupes chimiques, etc.)?
Bonne journée
t'ai-je dit que dominique vit depuis quatre ans à chicago ? il m'a téléphoné en pleurant de joie ! cette journée historique restera dans ma mémoire. la vie est ainsi, dans l'alternance du désespoir puis de l'espoir qui renaît.
amitiés de nouméa qui a manifesté bruyamment sa joie, elle aussi.
madeleine
SD,
L'élection de 2000 s'est jouée, tu le sais, à quelque cinq cents voix en Floride. Si Nader n'avait pas été candidat, Gore aurait eu ses voix, et aurait vraisemblablement dépassé Bush.
Quoi que tu penses de Gore et de ses soutiens, on peut raisonnablement penser qu'il aurait eu une politique environnementale nettement plus appuyée que celle de Bush. Bush a été une catastrophe pour le monde entier à tous points de vue.
Ceci dit, Nader ne pouvait pas prévoir cela en 2000, OK. Mais il s'est représenté en 2004 et en 2008, en connaissance de cause. Et au risque de tirer une balle dans le pied de son propre camp.
En Belgique, vu le système électoral à la proportionnelle, si Ecolo prend des électeurs et des sièges au PS, ça ne veut pas dire que le MR se retrouve seul au pouvoir. La comparaison a ses limites à cause des types de scrutin, fondamentalement différents.
Amicalement et bonne journée aussi.
Salut à tous,
Je ne peux m'empêcher de me demander si, au délà de tous nos fantasmes d'européen à propos de ce candidat métissé issu tout droit de la volonté populaire ricaine de construire un autre monde "plus" meilleur, la réalité US ne va pas rattraper très vite le nouveau locataire de la maison blanche.
Parviendra-t-il véritablement à changer une conception du partage made in States très particulière ? ... et même, le veut-t-il vraiment ? (j'ai presque peur en écrivant cela)...
bJ'aime assez ce vieux dicton que l'on attribue aux italiani et qui résume tout : "c'est au pied du mur que l'on voit... beaucoup mieux le mur"...
Entendre Dirupo sans voix et voir Fadila Lanaan fanfaronner avec un tee-shirt Obama m'a presque autant agacé que la pub du cdh reprenant l'image de ce pauvre MLK. Cela dit on ne peut pas se permettre de cracher dans la soupe aujourd'hui. Que l'on me corrige si erreur mais sur 150 députés à la chambre pas un n'est noir...Bon la communauté n'est évidemment pas représentative ici comme là bas mais je crois que la réflexion mérite d'être menée.
Enfin compte tenu du contexte américain on ne peut que souligner le progrès que ça représente, cela ne fera pas des Etats-Unis un pays progressiste pour autant. Ce qui m'a le plus touché était de voir un électeur noir ayant connu la ségrégation pleurer de joie, oui hier il s'est réellement passé quelque chose...
A quand le Gode Bart Dewever???
Nooon, pas ça!!!
Dans la série olé, olé, Larry Flint a réalisé un film X avec le sosie de Sara Palin... Certains ont des fantasmes très très... Euh... Très très...
Ceci dit, l'élection d'Obama est un symbole fort. Mais j'attends de voir ce qu'il fera concrètement. Ces derniers jours, d'aucuns lui ont carrément donné une aura messianique. Et puis quoi, un collant bleu et un slip rouge? L'homme est certes charismatique, et arrive après une période assez désespérante. Mais il est temps de se calmer, et de juger sur les actes. Pourvu qu'il soit à la hauteur des espoirs (fous) mis en lui!
@SD : Pour information, Nader n'était pas un candidat écologiste en 2008. Il se présentait en tant qu'indépendant; la candidate du Green Party était Cynthia Mc Kinney.
Bel article. Je comprends que celui-ci ne soit pas trop critique envers Obama ; ce dernier a l'opportunité de surfer sur une vague positive, autant garder espoir. On sait ce qu'il en est par ailleurs mais on peut toujours croiser les doigts.
Par contre, moi, cette élection, ça m'a furieusement fait penser à la victoire de tonton, en 81, toutes proportions gardées. Beaucoup d'espoir. Des choses se sont réalisées, mais au final, au compte-gouttes. Voyons voir pour le couple Barrak/Michel (uh, pas pu m'empêcher).
@ Oxygène
Oui, effectivement, c'est par habitude que je colle automatiquement Nader chez les verts. Merci pour la correction.
@Jean-François
Si Gore a perdu ce n'est pas au nombre de voix populaires mais au vote des grands électeurs - ce qui montre bien les limites de la démocratie américaine. Et si la Floride a basculé, c'est plutôt grâce à l'appui de la Cour suprème - qui a entériné les petites manoeuvres des Bush Brothers et non à cause de Nader . (Les 500 voix s'appliquent uniquement à la Floride et comme le comptage n'a jamais été terminé on ne saura donc pas qui gagnait au vote populaire dans cet état)
Effectivement notre système est plus favorable aux petits partis et permet plus facilement l'émergeance de nouvelles formes politiques et la notion de vote utile est moins applicable chez nous, même si en tant qu'électeur je l'ai pratiqué au moins une fois (en votant pour un candidat "de droite" et non pour ECOLO afin d'empêcher un candidat "de gauche" de gagner les élections - ECOLO ayant annoncé qu'il s'allierait avec ce candidat "de gauche" que personellement je ne peux pas supporter. Ironie, ECOLO a fianlement dénoncé cet accord et s'est allié au candidat "de droite")
Reste que se réjouir du résultat de Barak Obama sur le seul critère de son appartenance ethnique laisse songeur alors que par ailleurs, au hasard, il est favorable au nucléaire et aux forages pétroliers dans les zones protégées.
Bonne journée à tous
SD,
En 2000, Ralph Nader a fait 2,7% des voix sur l'ensemble du territoire américain. Si, rien que pour la Floride, ces 2,7% étaient allés à Gore, celui-ci aurait eu une marge suffisante pour gagner cet état, aucune manoeuvre de recomptage bidonné n'aurait été possible.
Allez, bonne journée à Schaerbeek ;-)
@ Jean-François
Damned. Blood And Guts. Comment as-tu deviné mon lieu de résidence ? ;-))
Bon, plus sérieux, Gore a eu quasi 550.000 voix de plus que Bush en termes de vote populaire, mais le système des grands électeurs a fait qu'il a perdu (soit dit en passant Obama s'ajuge près de 65 % des votes des grands électeurs quand il ne récolte que 52 % du vote populaire - dans ce cas-ci le candidat préféré de tous profite largement du système, mais ça ne rend pas celui-ci plus "démocratique" pour autant)
Nader a récolté en 2000 97421 voix en Floride (soit 1.63 % du total) mais TOUS les autres petits candidats (7 quand même) ont récolté plus de 500 voix . Pourquoi seulement blâmer Nader ? Après tout, si Buchanan ne s'était pas présenté la victoire de Bush aurait également été plus nette :-)
Autre possiblité: l'impression de bulletins de vote moins ambigus...
Gore aurait-il été un "meilleur" président que W ? J'aurais tendance également à le penser, mais dans certaines limites: les conseillers des présidents et leurs secrétaires d'état sont quasiment interchangeables tant ils présentent des caractéristiques communes (milieu social, études, etc.)
La question qui se pose est finalement de rester fidèle à son idéal (en votant pour un candidat dont on sait qu'il n'a aucune chance de l'emporter) ou calculer. Tu préfères le calcul, je préfère finalement la fidélité (je n'y mets aucun jugement moral - chaque position a ses avantages et ses inconvénients)
Je crains néanmoins qu'Obama ne cristallise trop d'espoirs et que vu les conditions économiques actuelles il n'en revienne finalement à de bonnes vieilles manoeuvres de diversion. Bon, d'accord, je suis un peu parano...
Bonne journée quelque part...