belgiquedéchirée illu Philippe Mercenier http://zurbains.skyrock.com

Ainsi donc, nous aurons un nouveau gouvernement vendredi après le vote de confiance de la Chambre.

Y a-t-il tout lieu de s'en réjouir ? Que nenni non point.

D'accord, le pays évite des élections anticipées qui marqueraient, en Flandre, une montée des partis séparatistes, populistes et fascisants. Ce qui rendrait la situation encore plus kafkaïenne et la simple gouvernance (via la recherche d'une majorité parlementaire) transformée en cauchemar.

Mais, au-delà de ce soulagement -qui risque bien de n'être que temporaire- le mini remaniement ministériel ne change rien aux maux et aux graves problèmes qui sévissaient lors de la démission d'Yves Leterme. Non seulement tous les dossiers restent en l'état mais de nouveaux facteurs de risques sont venus s'y ajouter.

La situation au CD&V, tout d'abord, qui en est déjà revenu aux meurtrières luttes assassines qui firent les heures de gloire de feu le CVP. Chassez le naturel... La démission d'Inge Vervotte en est un premier signe. Deux clans se constituent. Un autour d'Yves Leterme, qui n'est pas prêt à pardonner la diffusion aux parlementaires par Herman VR de la note du président de la Cour de Cassation qui a provoqué sa démission. Il est fort à parier que ce clan sera très tenté de retirer le tapis sous les pieds d'Herman Ier à la première occasion. Et les occasions ne manqueront pas, on s'en doute.

D'autre part, l'Open-VLD ne cache pas son désir d'élections fédérales en juin 2009, histoire de noyer dans le fatras fédéral l'image de Chris Peeters à la tête de la région flamande. Si les libéraux flamands le veulent ainsi, ce ne sont pas les occasions qui vont leur manquer pour provoquer une crise gouvernementale.

Au sud du pays, le casting et le scénario ne sont guère plus emballants. CdH et PS font assaut de mamours et annoncent leur souhait de reconduire leurs alliances à Bruxelles et en Wallonie. Didier et Elio se chamaillent ferme à coups de seaux et de pelles dans le bac à sable, pour devenir le chef du premier parti francophone et ainsi avoir la main pour la formation des prochains gouvernements.

Mais il y a bien pire: l'absence de projets novateurs et de vision à long terme. Le fonds de réserve pour les pensions futures est gravement négligé, le budget 2009 est un chef d'oeuvre de trompe l'oeil, et le développement durable et l'enjeu climatique sont passés à la trappe dans ce "plan de relance" qu'on croirait tout droit ressorti des crânes d'oeufs des années septante. Juste un plan "disco", avec paillettes et boules lumineuses, mais rien d'ambiteux sur la recherche et l'innovation, sur le soutien aux filières vertes, au Green Deal, qui permettraient pourtant de commencer enfin à répondre au défi écologique, de réduire la facture des ménages et de créer des emplois non délocalisables, comme l'ont démontré nombre de pays, de régions et de villes en Europe. Mais il paraît que ça coûte trop cher...

On n'est pas sortis de l'auberge. Mais, moi j'dis ça, j'dis rien.

Un bon an 9 tout de même. Puisse-t-il vous apporter quelques pépites de bonheur et d'espoir à tous et toutes.