Herman Premier après la choucroute du nouvel an ?
Par Jacky le mercredi 31 décembre 2008, 16:42 - Lien permanent
illu
Philippe Mercenier http://zurbains.skyrock.com
Ainsi donc, nous aurons un nouveau gouvernement vendredi après le vote de confiance de la Chambre.
Y a-t-il tout lieu de s'en réjouir ? Que nenni non point.
D'accord, le pays évite des élections anticipées qui marqueraient, en Flandre, une montée des partis séparatistes, populistes et fascisants. Ce qui rendrait la situation encore plus kafkaïenne et la simple gouvernance (via la recherche d'une majorité parlementaire) transformée en cauchemar.
Mais, au-delà de ce soulagement -qui risque bien de n'être que temporaire- le mini remaniement ministériel ne change rien aux maux et aux graves problèmes qui sévissaient lors de la démission d'Yves Leterme. Non seulement tous les dossiers restent en l'état mais de nouveaux facteurs de risques sont venus s'y ajouter.
La situation au CD&V, tout d'abord, qui en est déjà revenu aux meurtrières luttes assassines qui firent les heures de gloire de feu le CVP. Chassez le naturel... La démission d'Inge Vervotte en est un premier signe. Deux clans se constituent. Un autour d'Yves Leterme, qui n'est pas prêt à pardonner la diffusion aux parlementaires par Herman VR de la note du président de la Cour de Cassation qui a provoqué sa démission. Il est fort à parier que ce clan sera très tenté de retirer le tapis sous les pieds d'Herman Ier à la première occasion. Et les occasions ne manqueront pas, on s'en doute.
D'autre part, l'Open-VLD ne cache pas son désir d'élections fédérales en juin 2009, histoire de noyer dans le fatras fédéral l'image de Chris Peeters à la tête de la région flamande. Si les libéraux flamands le veulent ainsi, ce ne sont pas les occasions qui vont leur manquer pour provoquer une crise gouvernementale.
Au sud du pays, le casting et le scénario ne sont guère plus emballants. CdH et PS font assaut de mamours et annoncent leur souhait de reconduire leurs alliances à Bruxelles et en Wallonie. Didier et Elio se chamaillent ferme à coups de seaux et de pelles dans le bac à sable, pour devenir le chef du premier parti francophone et ainsi avoir la main pour la formation des prochains gouvernements.
Mais il y a bien pire: l'absence de projets novateurs et de vision à long terme. Le fonds de réserve pour les pensions futures est gravement négligé, le budget 2009 est un chef d'oeuvre de trompe l'oeil, et le développement durable et l'enjeu climatique sont passés à la trappe dans ce "plan de relance" qu'on croirait tout droit ressorti des crânes d'oeufs des années septante. Juste un plan "disco", avec paillettes et boules lumineuses, mais rien d'ambiteux sur la recherche et l'innovation, sur le soutien aux filières vertes, au Green Deal, qui permettraient pourtant de commencer enfin à répondre au défi écologique, de réduire la facture des ménages et de créer des emplois non délocalisables, comme l'ont démontré nombre de pays, de régions et de villes en Europe. Mais il paraît que ça coûte trop cher...
On n'est pas sortis de l'auberge. Mais, moi j'dis ça, j'dis rien.
Un bon an 9 tout de même. Puisse-t-il vous apporter quelques pépites de bonheur et d'espoir à tous et toutes.
Commentaires
Analyse pertinente et lucide J'apprécie aussi beaucoup l'illustration.
Bonne année à tous !
Voici donc bien un pays en pleine décomposition à la fois victime des abus de la démocratie représentative mais, plus encore de la béance toujours plus profonde de..... la fracture communautaire.
S'il ne s'agissait que de mettre un terme au premier de ces maux, je dirais qu'un 13 mai 1958 remettrait de l'ordre dans la " baraque" , mais voilà que l'autre affaire paraît intrinsèquement sans issue.
Et on ne peut compter sur Mr Van Rompuy pour
stabiliser, ne serait-ce que temporairement, la situation : on dit qu'il appartient , fait anecdotique mais oh combien significatif, à la section locale
de " L'ordre du Prince " dan sa commune de Rhode . " L'ordre du Prince" ( dont il est impossible de trouver un site en Français ) est une association pan-hollandaisede 3000 membres , oeuvrant pour la réunion de tous les Bataves de Groningen à....Dunkerque.
C'est le même homme qui a déclaré à L'Echo que les 2 communautés n'avaient rien à faire ensemble sur le plan culturel .
Dernier mot et non des moindres : la VRT vient
de diffuser à deux reprises un catalogue de blagues antisémites à travers un émission animée par de bien tristes comiques : il faut les écouter pour le croire. J'invite tous les démocrates , quelque soit leur sensibilité, à protester, comme je l'ai fait moi - même, contre le contenu obscène de cette émission ( dont on peut légitimement penser qu'elle aurait été censurée sur nos propres chaînes ...en France )
Nous voilà donc plongés dans une campagne électorale de 2 ans et demi, avec des remaniements répétitifs.
Je ne vais pas reprendre toute l'analyse présente sur mon blog, mais je ne peux que déplorer que la Belgique n'aille pas aux élections car elle a peur des résultats...
Meilleurs voeux, Jacky !
Courage, Fuyons....
Ou comment reculer pour mieux sauter....
Nouveau coup de barre à droite, Vervotte au tapis, Dewael au perchoir (siège bcp moins sensible aux turbulences politiques, mais tout autant rémunérateur, non ?), De Clercq de retour.... Misère !!!!!
Les perspectives "sociales" ? : les soldes ! Consommez, consommez, c'est bon pour l'économie !!! Pour qui ????
Quand donc sortira-t-on de ce consumérisme qui agite les poulets dociles ???
Quant à BHV, je crains bien que ce ne soit pas Herman, domicilié à St-Genesius-Rode, qui parvienne à faire passer l'intérêt collectif avant le personnel... Mais, j'aime être surpris ! Qui a dit "naïf" ???
Tiens, un post de Jacky. Il va mieux...
Vous lirez ci-dessous quelques citations d'hommes politiques flamands de premier plan issus des partis "démocratiques" au pouvoir au gouvernement fédéral (CD&V et Open VLD) et au gouvernement régional flamand (CD&V, Open VLD, SPa, Spirit). Il s'agit donc uniquement des partis politiques flamands avec lesquels les quatre partis politiques francophones traditionnels sont censés "négocier" la réforme de l'Etat. Pour rappel, l'opposition flamande est constituée du Vlaams Belang (extrême-droite néo-fasciste), de la Lijst De Decker (droite nationaliste et populiste), de la N-VA (droite séparatiste), et de Groen (écologistes).
Stefaan Platteau, bourgmestre Open VLD de Dilbeek, dans "Le Devoir" (Canada) du 22/09/2007: "Celui qui rattachera les communes à facilités à Bruxelles connaîtra le sort d'Yitzhak Rabin" (ndlr: le politicien flamand qui renoncera à l'occupation de territoires francophones sera assassiné comme l'ancien premier ministre israélien, tué par un extrémiste juif en 1995 pour avoir céder un contrôle partiel de certaines zones de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie aux Palestiniens, cfr les Accords d'Oslo).
Herman Van Rompuy, actuel Premier Ministre CD&V, sur son "weblog" du 18/08/2006: “Les francophones pensent encore toujours qu’ils peuvent déterminer quel flamand deviendra Premier Ministre. Ce temps est passé. Evidemment ils (ndlr: les francophones) ont été tranquilles pendant sept ans avec Verhofstadt qui ne leur a même pas posé un brin de paille sur leur chemin." (ndlr: Edmond Leburton fut le dernier Wallon à exercer le mandat de Premier ministre en ... 1974. Selon Herman Van Rompuy, un bon Premier Ministre de la Belgique ne doit pas être seulement flamand, il doit aussi mener une politique qui va à l'encontre des intérêts de la minorité francophone de Belgique).
Kris Peeters, Ministre-Président CD&V de la Région Flamande, dans "Het Nieuwsblad" du 09/01/2009: “Le niveau (ndlr : de pouvoir) Flamand est au moins aussi important que le niveau fédéral et il deviendra encore plus important dans le futur … Notre ligne en ce qui concerne BHV est très claire. Nous ne négocions pas sur BHV. Le Gouvernement Flamand ne participera pas non plus au groupe de travail qui devrait négocier sur BHV … J’ai choisi la Flandre et je resterai pour la Flandre".
Guy Verhofstadt, ex-Premier Ministre Open VLD, dans "Le Soir" du 06/04/1998: "les facilités ont toujours été conçues comme un processus transitoire… Dans les années 60, on a donné ces fameuses facilités dans les communes de la périphérie. Mais il s’agissait d’une aide temporaire pour s’intégrer en Flandre" (ndlr: les facilités sont "bétonnées", c'est à dire implicitement inscrites dans la Constitution. Si les autorités flamandes remettent en question les facilités, elles ouvrent aussi la question de la fixation de la frontière linguistique puisque la création du régime des facilités a été couplée à la fixation, pour Bruxelles, d'une frontière limitée à 19 communes).
Willy De Waele, bourgmestre Open VLD de Lennik, dans "Le Soir" du 22/08/2008: "La francophonie – je ne parle pas des Wallons mais bien de « Bruxelles et autour » – a des privilèges en Flandre, en Brabant wallon et dans la périphérie. Et ça doit cesser ... L'effort pour apprendre le néerlandais ne suffit plus. Il faut penser dans la langue. Penser en néerlandais veut dire comprendre ce qui se passe en Flandre ... Il faut abroger les facilités. Le territoire de BHV ne respecte pas la Constitution. Il faut le scinder sans négociation ni concession ... La francophonie bloque le réaménagement ferroviaire d'Anvers. Chacun doit gérer son territoire avec ses moyens. Et je ne suis pas opposé aux transferts entre Régions, efficaces, contrôlables et effectués en toute transparence. On finance l'Afrique noire, pourquoi pas nos compatriotes francophones…".
Jean-Luc Dehaene, ex-Premier Ministre CD&V, dans "De Standaard" du 6/06/08: "Le principe de base du modèle belge est que les flamands n’impose pas leur majorité en échange de la promesse de construire des compromis. Quand les francophones refusent de discuter, ils mettent ce principe de côté. Cela est dangereux" (ndlr: Le "compromis" proposé par les partis flamands est la scission unilatérale et non-négociable de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde sans aucune contrepartie pour les francophones. Soit les francophones acceptent la proposition flamande, soit les flamands utilisent leur majorité numérique pour voter au Parlement contre la minorité francophone).
Louis Tobback, bourgmestre SPa de Louvain et ex-Ministre, sur Telebruxelles le 10/06/2008: "Du côté flamand, il est vrai que jamais, au grand jamais, on n'a accepté que Bruxelles soit une Région à part entière. Je suis encore un ancien combattant du Pacte d'Egmont et qui ont voulu le réaliser ce Pacte d'Egmont. Donc, je vous le dis, je vous redis, Bruxelles Région à part entière, ce principe-là, on ne l'a jamais accepté. Cela n'est pas repris dans le vocabulaire de Flandre."
Bart Somers, Président de l'Open VLD, sur le site web officiel du parti: “L’Open VLD veut une réforme de l’Etat approfondie. Elle ne peut être vraiment obtenue que par le dialogue ... ensemble avec les autres partenaires flamands l’Open VLD veillera à ce que des résultats rapides peuvent être enregistrés.” (ndlr: La conception flamande du "dialogue": les partis flamands se mettent d'accord entre eux pour imposer rapidement aux francophones la réforme de l’Etat approfondie que souhaitent les flamands. Un front uni flamand permet en effet de procéder à des votes sectaires, majorité flamande contre minorité francophone).
Bert Anciaux, Ministre Spirit des Sports, de la Culture, de la Jeunesse et des Affaires bruxelloises, dans "Le Soir" du 11 juillet 2008: "Je suis flamingant mais pas séparatiste ... je suis pour la reconnaissance de la Flandre comme Etat ... Je m'arrangeais pour quitter l'école au moment des cours de français. J'ai été élevé comme ça ... Je suis pour qu'il y ait un Premier ministre wallon car, en contrepartie, on pourra tout demander à Reynders. Il vendrait ses enfants pour ça."
Steve Stevaert, Ministre d'Etat SPa, dans "Gazet van Antwerpen" du 25/09/2004: "Maintenant que la Flandre demande à Bruxelles d’être solidaire pour pouvoir élargir DHL, Bruxelles joue l’égoïste, Bruxelles mord dans la main qui la nourrit. C’est jouer avec le feu." (ndlr: Bruxelles a demandé de limiter les vols de nuit de la société DHL basée à Zaventem, une commune flamande au nord de Bruxelles, au motif que la Flandre doit aussi assumer une partie des nuisances sonores. Le ministre socialiste flamand n'accepte pas le compromis et menace d'asphyxier financièrement Bruxelles déjà pénalisée par une clef de financement inique fixée par la Flandre).
Stefaan Platteau, bourgmestre Open VLD de Dilbeek, dans "Le devoir" (Canada) du 22/09/2007: "Nous sommes ici en Flandre, et les étrangers doivent apprendre le néerlandais s'ils veulent participer à la vie du pays. Il n'y a pas d'autre choix." (ndlr: Après avoir comparé la politique flamande d'occupation de territoires à celle d'Israël, Stefaan Platteau décrit sa politique dans la périphérie bruxelloise: les francophones sont considérés comme des étrangers qui n'ont pas d'autre choix que de s'assimiler à ce qu'il considère comme un pays, la Flandre).
Patrick Dewael, actuel Président Open VLD de la Chambre, dans "Gazet van Antwerpen' du 28/10/2002: "Les facilités linguistiques dans les six communes autour de Bruxelles doivent s’éteindre, parce qu’elles n’ont pas incité les francophones de ces communes à s’intégrer ou à apprendre le néerlandais" (ndlr: le statut des facilités loin d'être provisoire ou extinguible, est destiné à durer aussi longtemps que la frontière linguistique elle-même. Et les facilités n'ont nullement été conçues pour faciliter une quelconque assimilation des francophones dans les communes où ils représentent jusqu'à 85% de la population).
Karel De Gucht, Ministre Open VLD des Affaires Etrangère, dans "De Standaard" du 05/07/08: “Le système ne peut pas fonctionner si la minorité trouve normal d’avoir un droit de veto sur tout. Dans une démocratie la majorité a aussi ses droits. A terme, la loi du nombre l'emportera toujours.”
Kris Peeters, Ministre-Président CD&V de la Région Flamande, dans "Le Soir" du 23/05/2008: "Je suis un Flamand sûr de lui, confiant et ambitieux. Nous sommes économiquement très forts, nous disposons d'entreprises appréciées dans le monde. Même en sport, nos athlètes font des prouesses ... Nous sommes un exemple pour le monde ... Je trouve regrettable que des Francophones fassent appel à des instances européennes pour leur donner raison. C'est anormal. Ce n'est d'ailleurs pas correct ... Mais il n'y a pas que les francophones: la Commission Européenne planche aussi sur Zaventem et le Wooncode ... Et puis, un autre constat : sur les 3500 journalistes étrangers, un pourcent est capable de lire le néerlandais.".
Eric Van Rompuy, député flamand CD&V, dans "De Standaard" du 05/05/2008 et "Le Pan" du 28/04/2008: “Si les Francophones ne veulent pas comprendre que la Belgique n’est pas possible sans la scission de BHV, alors nous irons à la confrontation. Voter est la seule langue que comprennnent les francophones" et "Les pays ne sont pas éternels, ça c’est clair. Et les francophones refusent le dialogue, mais si on fait ça ... on met une bombe sur la Belgique ... On peut discuter des facilités et de la façon dont elles sont appliquées, là on peut négocier. Mais pas d’élargissement, pas de référendum, pas de ratification de la convention européenne sur les minorités, pas de compétences de la Communauté française en communes flamandes, pas de la nomination des trois bourgmestres de la périphérie".
Certains se font encore des illusions ????
Merci Pierre de ce rappel dont j'ai moi même pris connaissance avec stupéfaction ( pour la virulence )
mais sans grand étonnement.
La déclaration de Stéphan Platteau peut être regardé comme un véritable appel à la guerre civile,malgré la position modeste de l'intéressé qui en relativise la portée. Autrement plus significative serait une traduction du bulletin de l'Ordre du Prince auquel appartient Herman Van Rompuy...
rien a dire toujours le meilleur du web!
developez un peu plus votre raisonnement a part ca, 10/10
c est extremement facile mais faut un peu de reflexion quand meme