Isabelle Philippon: une interview sur le Vif
Par Jacky le lundi 2 février 2009, 21:04 - Lien permanent

Comme elle l'avait écrit sur ce même blog, Isabelle Philippon, l'une des quatre journalistes licenciées du Vif, se déclarait prête à livrer son vécu et son analyse de cet évènement qui a fortement agité la blogosphère et le monde des médias.
Elle a tenu parole et m'a accordé une interview et je l'en remercie. D'autant plus qu'elle s'applique à elle-même la règle qu'elle a toujours tenté d'imposer à ses interviewés durant sa carrière au Vif: pas de langue de bois !
"Il y a une vie après le Vif"
Isabelle, tu as envoyé un commentaire sur mon blog où tu te déclares dispo à donner toutes les explications sur le pourquoi de ces quatre licenciements. Es-tu toujours dans le même état d'esprit ?
Oui, bien sûr ! Moins pour moi – même si cela fait du bien de faire l'objet de tant de marques de soutien et de recevoir tant de manifestations de solidarité – que pour mes ex-collègues qui travaillent toujours au Vif. Je souhaite qu'à l'avenir personne, au Vif, ne puisse être traité de la sorte. Au-delà, je pense que ce séisme largement médiatisé peut être utile pour l'ensemble des journalistes, de plus en plus mis sous pression et précarisés. Voilà pour le préambule.
Venons-en aux faits. Avant de tenter de voir clair dans les raisons de ces licenciements, je crois qu'il faut revenir sur les conditions dans lesquelles ils se sont déroulés. Cela en dit long sur les valeurs et les pratiques de certains « patrons de presse » ou, en tout cas, sur Amid Faljaoui, le directeur du Vif/L'Express et de Trends-Tendance, qui est, je crois, un cas à part dans le petit monde de la presse.
1/ SMS laconique envoyé par Amid Faljaoui, la veille au soir, me convoquant sur un lieu autre que mon lieu de travail habituel : « Je veux te voir à 9h30 demain, à Zellik » (je l'ai conservé précieusement). J'ai immédiatement téléphoné à Dorothée Klein, ma rédactrice en chef, pour savoir si elle savait de quoi il s'agissait. Elle n'était au courant de rien et elle-même était convoquée à 9 h, soit une demi-heure plus tôt. Renseignements pris, 2 autres journalistes étaient également convoquées : au total, 4 femmes ! ; 2/ Notification du licenciement des 3 journalistes (la rédactrice en chef, virée également, s'était vue signifier son congé juste avant nous), dont moi, le lendemain matin, par Amid Faljaoui ; 3/ Cette communication a duré trois minutes, et Faljaoui ne m'a pas regardée une seule fois : il suait le malaise . On peut le comprendre : quelques semaines auparavant, il m'envoyait encore un mail de félicitations pour mon « remarquable travail » (je l'ai, aussi, préciseusement gardé)! Et, trois semaines plus tôt, j'avais été priée de retarder mes vacances de fin d'année pour sortir, avec mon collègue et ami Philippe Engels, un supplément spécial sur la chute d'Yves Leterme ! ; 4/ Il a tenu les propos suivants : « Il fallait du changement au Vif. La rédactrice en chef a été virée pour incompétence. Mais on ne pouvait pas se contenter de ne couper que la tête : il fallait aussi s'en prendre aux membres de la rédaction, pour faire en sorte que l'ambiance au Vif change et que les autres marchent au pas à l'avenir. C'est tombé sur vous, mais cela aurait pu tomber sur trois autres têtes » ; 5/La responsable du personnel nous a ensuite communiqué la durée de notre préavis (non presté) : le minimum légal. Tant qu'à faire, autant ajouter l'avarice sordide à l'inélégance. 6/ Elle nous a également ordonné de ne plus nous rendre sur le lieu de notre travail, où nous avions pourtant laissé toutes nos affaires, notre ordinateur, nos contacts, notre documentation et autres affaires personnelles ; 7/ De retour chez nous, j'ai voulu prévenir mes relations professionnelles de mon licenciement, de façon à ce qu'elles arrêtent de m'envoyer des messages au Vif. Las ! L'accès à mes mails était déjà verrouillé : on avait ajouté la violence et la censure à l'avarice et à l'inélégance ; 8/ Nous avons pu retourner sur notre lieu de travail le samedi, lorsque les bureaux étaient vides. Une vingtaine d'années de documentation à trier, cela ne se fait pas en deux heures. Pourtant, à midi, un garde de la sécurité est venu nous ordonner de partir : il n'avait pas l'autorisation de nous accepter à l'intérieur du bâtiment après midi. A ce moment, nous aurions dû le laisser appeler la police et, de notre côté, rameuter les copains journalistes et caméramen, pour qu'ils viennent filmer ce qui était en train de se passer, mais nous étions trop sonnées pour y songer.
On avait ajouté la vulgarité à la censure, la violence, l'inélégance et la cupidité ! Telles semblent être devenues, aujourd'hui, les « valeurs » du groupe Roularta…
Plusieurs thèses ont circulé: rédaction trop critique à l'égard des positions flamingantes, tensions croissantes au sein de la rédaction, influence (in)directe du PS à la veille des élections, peopolisation-marcandisation de l'hebdo. Ces thèses te semblent-elles crédibles ou en vois-tu une ou plusieurs autres ?
Une semaine après notre licenciement, alors que la polémique faisait rage (au grand désespoir de Faljaoui qui avait cru pouvoir « nettoyer » le Vif en toute discrétion), nous découvrions, dans le Soir, ces propos d'Amid Faljaoui : « Les journalistes licenciées avaient un problème avec l'éthique ». Nous aurions formulé, aussi, des « fatwas intellectualisantes ». Dans La Libre, il assure nous avoir virées parce que « les ponts étaient définitivement coupés entre la rédaction en chef et une majorité de la rédaction ». Dame ! Avions-nous été promues à notre insu ?, Etions-nous devenues adjointes à la rédaction en chef ? Balivernes, que tout cela ! Le cas de Dorothée Klein, l'ex-rédactrice en chef, est à dissocier de celui des 3 journalistes virées dans son sillage : le statut de rédac chef est une position risquée, l'interface entre les managers et les journalistes, le premier fusible que l'on fait sauter lorsque les choses tournent à l'aigre. Les journalistes, en principe, ne sont virés que s'ils sont incompétents, paresseux, réfractraires à l'autorité. J'ai la faiblesse de croire que notre incompétence, notre parresse ou notre résistance à l'autorité auraient été repérées avant quenous n'ayons, ensemble, atteint 55 ans d'ancienneté au Vif ! J'ai, pour ma part, remporté 7 prix de journalisme. Pascale Gruber, spécialisée en articles médicaux et scientifiques, en a récolté 3. Soyons sérieux. Il est clair que les raisons de notre licenciement se trouvent ailleurs.
Pascale Gruber était la présidente de la Société des journalistes du Vif. A ce titre, elle se faisait le porte-voix des inquiétudes de l'ensemble de la rédaction quant à l'évolution de la ligne éditoriale, de la peopelisation du magazine, de la disparition des sujets de fond au profit d'articles d' « actu », légers, « réactifs », ainsi que des couvertures de plus en plus « accrocheuses », « coup de poing » (exemples : « Comment l'Islam menace l'école » et la série de covers anti-flamandes). Bref, elle relayait nos inquiétudes devant la constatation que la forme prenait de plus en plus souvent le pas sur le fond. Autrement dit : aux yeux de la hiérarchie et des « managers », elle était considérée comme encombrante, dérangeante. Elisabeth Mertens, quant à elle, ex-coordinatrice des pages culturelles, a fait les frais de la création du supplément Focus, axé sur la « culture jeune » et désormais vendu en même temps que Le Vif et Week-End,son supplément « lifestyle » : puisqu'un nouveau rédac chef avait été nommé à la tête de Focus, cela faisait beaucoup (trop) de monde pour la gestion de la culture, une rubrique de plus en plus négligée dans un magazine de plus en plus people. Quant à moi, journaliste politique depuis vingt ans au Vif, j'occupais une fonction « en vue ». J'étais fort visible dans les colonnes du magazine, sur la scène de la rentrée politique du Vif (co-organisée, ces dernières années, avec la RTBF), mais également à l'extérieur, sur les plateaux de télé, à la radio, dans les débats publics. Cela a dû faire peur à Christine Laurent, la nouvelle rédac chef, soucieuse de se créer, pour elle-même, une visibilité dont elle est jusqu'ici cruellement dépourvue : je l'imagine très bien « échangeant » son arrivée à la tête de la rédaction du Vif contre mon licenciement. Je vois, aussi, une autre raison à mon licenciement : à plusieurs reprises, l'air de ne pas y toucher, Amid Faljaoui avait souligné mon « impertinence », ma liberté de ton, mon indépendance à l'égard de l'establishment. Or le directeur du Vif et de Trends n'aime rien davantage que la fréquentation de l'élite politique et économique. Il s'y fait des relations, il flatte d'importants egos qui lui rendent la pareille. L'impertinente que j'étais a dû, parfois, lui valoir quelques remarques acerbes d'une éminence ou l'autre, président de parti, ministre en vue. Un vrai journaliste, voire un patron de presse soucieux de la qualité de son magazine et de l'ndépendance de ses journalistes, en aurait éprouvé de la fierté. Lui, au contraire, en était contrarié. Ainsi, en me congédiant pour libérer de l'espace pour Christine Laurent, il se faisait également plaisir : cela s'appelle joindre l'agréable à l'utile.
Es-tu d'accord avec le texte de la tribune libre des universitaires et journalistes ? Que penses-tu du buzz sur le net qui a forcé La Libre et Le Soir à y donner suite ?
Je suis entièrement en accord avec la tribune libre intitulée « Un journalisme mis au pas ». Au-delà de mon petit sort personnel, de celui de mes 2 collègues d'infortune et de celui de mon ex-rédactrice en chef (laquelle a été instrumentalisée par Amid Faljaoui avant d'être désavouée par lui), c'est l'avenir de la presse, la liberté des journalistes, qui est en jeu ici. Je pense qu'à cet égard, le cas du Vif est emblématique : ce magazine, qui était un journal de référence jusqu'il y a peu, a perdu de sa qualité en très peu de temps. La preuve que des egos surdimensionnés, un goût immodéré pour le pouvoir et l'absence de projet rédactionnel peuvent, très rapidement, avoir un impact dramatique. On a l'impression que les managers du Vif « jouent » avec le magazine comme s'il s'agissait de leur hochet, sans se préoccuper de ceux et celles qui le font, et sans se préoccuper, non plus, de ses lecteurs. On croyait l' « institution » Vif insubmersible, il n'en est rien : si l'on ny prend garde, le navire peut couler. Bien sûr, le « trend » actuel, pour emprunter au jargon franglais à la mode, n'est pas favorable à la presse : les gens lisent, paraît-il, de moins en moins, le métier change (ces derniers temps, j'étais fort sollicitée pour pondre des articles destinés à l'Internet, en plus de ma production « papier »), le secteur subit de plein fouet la crise économique et la diminution des budgets publicitaires. Dans les quotidiens, l'heure est aussi aux restructurations. Par conséquent, les rédacteurs en chef de La Libre et du Soir ont pu se sentir visés par les propos des signataires de la carte blanche intitulée « Un journalisme mis au pas ». Sans doute, et on peut le comprendre, ont-ils répondu, dans un premier temps, à un réflexe un brin corporatiste : entre patrons, épargnons-nous. Peut-être, aussi, ont-ils jugé que la charge contre Amid Faljaoui était trop violente, qu'elle ne pouvait être le reflet de la réalité, qu'elle était fatalement caricaturée. Qu'ils se rassurent : les méthodes dénoncées dans cette carte blanche sont le pur reflet de la réalité mais, fort heureusement, elles restent le fait d'une toute petite minorité de « managers » qui croient avoir tous les droits et se comportent comme de vulgaires mercenaires. Les rédacteurs en chef de La Libre et du Soir sont, je le crois, d'une autre espèce. Le succès rencontré par cette carte blanche sur le Net -lequel a finalement forcé les deux quotidiens à revenir sur le sujet - prouve qu'il est vain, désormais, de vouloir confisquer une information, étouffer un débat, d'espérer éviter une polémique. Il prouve aussi que les citoyens sont particulièrement sensibles au sort que l'on réserve aux journalistes, à la qualité de l'information, à la liberté et l'indépendance de la presse. Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle !
Comment vois-tu l'évolution du Vif, dans sa ligne éditoriale et dans les relations entre la rédaction et la direction ?
Pour mes collègues, je souhaite sincèrement que les choses se calment, que les relations entre les journalistes et la direction se pacifient. Je me dis qu'après cette deuxième purge (la première ayant eu raison de vraies grandes carrures, à savoir Jacques Gevers, Stéphane Renard et Jean-François Dumont, respectivement directeur de la rédaction, rédacteur en chef et rédacteur en chef adjoint), les « chefs » vont sans doute se calmer, tenter de désamorcer les tensions. En réalité, il y va de la survie du titre et, aussi, de leur propre emploi. Sur l'évolution de la ligne éditoriale, hélàs, je nourris les craintes les plus vives. Que la patronne du supplément Week-End endosse, désormais, la direction du news, n'augure rien de bon quant au fond. Vous faites allusion, dans votre question, à l'intervention (in)directe du PS. Là-dessus, mon opinion n'est pas faite. Certes, j'ai reçu des témoignages de soutien de TOUS les partis politiques, à l'exception notable du parti socialiste : peut-être est-ce dû, effectivement, au fait que l'on s'y réjouit de l'arrivée de Laurent , réputée proche du PS, à la barre du Vif. J'ai entendu, ces derniers jours, beaucoup de commentaires allant dans ce sens. Je crains, pour ma part, que la réalité soit plus grave encore : que la direction du Vif soit, à l'avenir, soucieuse de ménager TOUS les décideurs, de ne froisser la susceptibilité de personne, si ce n'est celle de petits poissons ou d'ambulances sur lesquelles il ne coûte plus rien de tirer. On verra rapidement quel type de journalisme sera désormais appliqué au Vif. Mais les lecteurs seront meilleurs juges que moi. J'ai, désormais, autre chose à faire…
Comment, humainement, as-tu vécu ton licenciement et les méthodes utilisées pas la direction du Vif ?
D'abord avec sidération : comment peut-on faire preuve d'une telle bassesse et d'une telle vulgarité ? Et puis, est venu le soulagement : quel bonheur de ne plus avoir à mettre ma plume et mes connaissances au service de pareilles personnes !
As-tu des projets pour l'avenir ?
Pour l'instant, je profite de ma nouvelle liberté de parole et de pensée. Je savoure tout le soutien que me témoignent des tas de gens « bien ». Je suis rassurée : le travail effectué durant toutes ces années n'aura pas été vain, puisqu'il aura été reconnu et apprécié par un grand nombre de lecteurs et d'internautes. Et, surtout, je continue de savourer ce sentiment de chaleur, je reste nichée dans la solidarité que m'ont témoignée mes camarades restés au Vif – ils ont fait grève durant 6 jours, et ce malgré de terribles pressions ! C'est si bon, d'avoir de vrais amis… Pour le reste, j'adopte une position de disponibilité, de réceptivité. J'écoute ce que l'on me dit, j'enregistre, j'essaie de « sentir » ce que serait bon pour moi, de réfléchir à qui, à quoi je pourrais me rendre utile à l'avenir. Il est encore un peu tôt pour prendre de grandes décisions. Mais je suis persuadée qu'il y a une vie après Le Vif !
Alors, bon vent, Isa...
Commentaires
Mme Philippon,
J'étais lecteur occasionnel du Vif dont j'appréciais la rigueur,celle de votre plume en particulier (la politique étant le sujet qui m'intéresse le plus). J'avais certes été quelque peu inquiet des couvertures anti-flamandes, mais j'avais été sollicité par téléphone pour m'abonner, et j'avais choisi de franchir le pas. Et puis est arrivé dans le même temps la scandaleuse couverture sur l'islam à l'école. J'ai donc refusé de m'abonner, après m'en être expliqué par mail à la rédaction du Vif (reproduit dans un post liéà un article de Jacky sur le sujet, à l'époque).
Cela me fait mal de voir la dérive du Vif, dont votre récente éviction est la plus évidente démonstration. Le comportement de monsieur Faljaoui vis-à-vis de vous et de vos deux collègues est inqualifiable. Sa "carte blanche" dans la Libre ne fait que l'enfoncer. J'éviterai désormais soigneusement les publications dans lesquelles il est impliqué.
Quant à vous, j'espère que vous nous donnerez de vos nouvelles pour qu'on sache où l'on peut vous lire, désormais. Bon vent, comme dit Jacky...
Faljaoui ne m'a pas regardée une seule fois : il suait le malaise .
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Humide Faljaoui ?
Je me permets de vous apporter sincèrement, modestement toute ma sympathie, toute ma compassion, mon soutien inconditionnel, ainsi que des tonnes et des tonnes - virtuelles - d'ondes positives, de courage, de volonté, de détermination ! Bien à vous, chère Madame Isabelle Philippon. P.S. Mes meilleurs souvenirs à Jacky, suite à une rencontre inoubliable (pour moi) à Tournai, fin des années "90" ! Bonne continuation à vous deux !
Bonne interview de Morael (sa licence en journalisme n'a pas trop pris la poussière).
Les propos d'Isabelle Philippon confirment qu'il n'y avait aucune raison fondamentale à la virer (et ses 2 collègues). Les prétendues volontés de Faljaoui de 'remettre au pas' de grands esprits indépendants ne résistent pas longtemps à l'analyse. Quels dossiers censurés, bloqués? En quoi une allégeance au PS (ou à quiconque) servirait-il les intérêts de Roularta qui est de vendre un maximum de papier (ce qui suppose des papiers bien charpentés, anglés de manière originale)? Qu'on nous explique cela par a + b.
La vérité est sans doute beaucoup plus prosaïque et peu glorieuse. Je vois deux raisons de deux ordes
- le coût salarial (j'insiste, désolé)
- l'exaspération d'Amid Faljaoui face au mépris larvé (et qui éclate au grand jour en ce moment) que la rédaction du Vif lui manifeste depuis son entrée en fonction. Les petites considérations humaines ont souvent le dessus.
Et oui, Isabelle. Les journalistes sont souvent les cordonniers les plus mal chaussés. Prompts à commenter le (petit) et le grand)t monde, mais incapables de regarder ce qui se passe sur leurs plateaux de redaction. Ils ne sont plus, depuis longtemps, des "auteurs salariés" mais bien des unités de production, à l'égal (et sans êtyre péjortatif) des ouvriers de chaînes. Il n'y a plus de patrons de presse. Seuls subsistent des financiers et de redoutables soumissions aux pouvoirs... Le temps de la Résistance est déjà dépassé.
Mais quel gâchis !
La plume politique du journal s'en va.
Il n'y a plus d'écologie/environnement, plus de santé/sciences, plus de culture (seul un supplément glauque qui fait peur).
Perso, j'arrête les frais. Ca suffit.
On a réussi à faire un journal sans journalistes (cf le dernier numéro). Pourquoi pas bientôt un journal délocalisé à l'étranger avec que des pigistes, du bric et du broc ?
Et on nomme Christine Laurent rédactrice en chef, n'importe quoi chez Roularta!
Je crois que vous ne serez pas les seules à quitter Le Vif, Des lecteurs le feront aussi, moi en tout cas.
Etes-vous bien sur que même en période de vaches maigres il n'y ait pas de place pour un nouvel hebdo francophone ? (même sans week-end/focus ni papier glacé). Allez Jacky !
Je vous souhaite bon vent, madame Philippon. Respect
Ex journaliste du Vif, je suis consternée d'apprendre le licenciement de mes anciennes collègues. Ne peut-on pas parler de licenciement abusif ? N'existe-t-il aucune protection des journalistes ?
Valérie Hirsch, Johannesburg
Je suis de tout coeur avec vous mme Philipon.
Tout comme "Poum" le dit: Il serait peut-être temps de créer un nouvel hebdo avec les journalistes "dumpés" par leurs managers de "nouveau match".
Je serais le premier abonné! Vive l'esprit critique et la presse depolitisée!
Comme beaucoup, j'ai appris LA nouvelle de ces licenciements ...Clairement, vos qualités de journalistes ne sont pas les vraies raisons...Je m'étais déjà demandé comment M Faljaoui pouvait être un de ces responsables d'un magazine de qualité lorsque je l'entendais débiter des commentaires "people" aux faux airs économistes à la radio. Comme beaucoup, j'ai vu évoluer les sujets...
Vous partez, c'est triste, comme sont partis et partent encore de nombreux abonnés...Je ne lis plus le Vif et vous remercie et félicite pour ce que vous avez fait de beau en ce magazine. Portez vous bien et la plume haute.
Voici le texte d'un message envoyé au Vif à l'attention de Laurent et copie à Faljaoui
Madame
J’ai lu avec grand intérêt votre éditorial du ° 3004 du Vif.
Vous m’informez que je retrouverai avec plaisir les signatures qui font la richesse du magazine.
Me voilà rassuré.
Je commençais à désespérer d’y lire les éditoriaux de Jacques Gevers, Stéphane Renard et Jean-François Dumont, ainsi que les articles de fond d’Isabelle Philipon, de Pascale Gruber et de Philippe Lamotte.
J’attends donc avec impatience le retour de ces bons journalistes.
Je présume que les remous dont la presse s’est faite l’écho ne sont que la conséquence d’une regrettable série d’erreurs, uniquement imputables à l’ordinateur.
Encore un méfait de l’informatique.
Marc Jasinski
Inutile de préciser' que je me suis désabonné
Avec toute ma sympathie
Écœuré par le licenciement, j'ai adressé le 31 janvier le texte suivant à M. Farjaoui, à Mme Christine Laurent et au “Débat des lecteurs” :
<b>Monsieur Amid FALJAOUI, Directeur général</b>
Monsieur le Directeur général,
Je lis l'hebdomadaire <i>Le Vif/L'Express</i> depuis sa création. Après l'avoir acheté au numéro – je souhaitais favoriser le libraire de mon quartier –, je m'y suis abonné, il y a… de nombreuses années. J'ai poussé ultérieurement la fidélité plus loin en vous accordant, par domiciliation, la faculté de prélever vous-même le cout du renouvellement de l'abonnement.
Comme tout lecteur soucieux de se tenir informé des évènements politiques et sociaux proches et éloignés, je me suis efforcé de lire chaque semaine le compte rendu qu'en faisaient vos journalistes, et de le confronter avec celui de leurs confrères des autres organes de presse. Animé par la volonté d'agir en citoyen responsable et éclairé, et n'étant l'homme-lige de personne, j'appréciais de comparer les analyses et les commentaires accompagnant la relation desdits évènements.
Certains des articles que j'ai lus dans <i>Le Vif</i> ont heurté mes convictions. Il m'est arrivé d'y réagir, et de voir publiées dans le <i>Forum des lecteurs</i> les réflexions qu'ils m'avaient inspirées. Mais je n'ai jamais lu dans vos colonnes d'articles qui m'aient amené à suspecter la probité professionnelle de leurs auteurs. Aussi suis-je proprement <b>scandalisé</b> que, parlant au <i>Soir</i> des quatre journalistes que vous veniez de licencier, vous ayez déclaré : « Elles étaient enfermées dans des a priori intellectuels et idéologiques ».
Je crains, quant à moi, que vous-même soyez “enfermé” dans une logique qui ne peut s'accommoder de l'indépendance rédactionnelle que revendiquaient légitimement Dorothée Klein, Pascale Gruber, Elisabeth Mertens et Isabelle Philippon.
La nouvelle rédactrice en chef, dans l'édito qu'elle signe dans le dernier numéro, déclare : « Plus que jamais, <i>Le Vif/L'Express</i> se doit d'être l'antidote de l'instantanéité. Prendre le temps, aller sur le terrain, nous ouvrir à vos nouveaux territoires et centres d'intérêt, décrypter les faits, exercer votre esprit critique, telle est notre mission, et ce en toute indépendance. » Quoique ce qui vient de se produire suscite quelques inquiétudes, j'accorderai le bénéfice du doute à une équipe qui n'en peut mais…
Cependant, la désinvolture dont vous avez témoigné envers les quatre journalistes que vous avez licenciées, et le mépris que, ce faisant, vous avez infligé à vos lecteurs ressortissent à la plus totale goujaterie et devraient amener vos employeurs à s'interroger sur des mœurs que je n'hésite pas à qualifier de médiévales.
Je vais surveiller semaine par semaine l'évolution du magazine et m'accorder la possibilité, s'il échet, de ne pas renouveler mon abonnement à son échéance, le 7 novembre. J'informe ma banque qu'il est mis fin à la domiciliation que je vous avais accordée.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur général, l'expression de mes regrets.
Choqué par les développements au Vif/L'Express, Ghislain Cotton, écrivain, journaliste et surtout chroniqueur littéraire au VIf depuis 20ans, a décidé de tirer sa révérence dans une envolée lyrique décapante. Voici sa lettre de démission :
Monsieur Faljaoui,
Bien qu'il m'en coûte plus qu'on ne saurait croire, j'ai décidé, après vingt ans, de ne plus collaborer à ce qu'est devenu Le Vif/L'Express (et je ne parle pas seulement du contenu). Je n'ai rien contre les marchands de papier - un métier que M. Eric DeNolf – ndlr : le boss de Roularta - et ses séides pratiquent à merveille - mais que ces marchands-là se prennent de plus en plus pour des patrons de presse me paraît mal élevé.
D'autre part, avant même que vous ayez « épuré » votre rédaction de Elizabeth Mertens, Isabelle Philippon et Pascale Gruber, trois journalistes authentiques, compétentes et consciencieuses (après de très longues années de bons et – quoique vous en pensiez - loyaux services) des notes internes ont démontré à quel point vous teniez en mépris les journalistes qui ne partageaient pas nécessairement toutes vos positions. J'ai apprécié par ailleurs votre habileté à neutraliser la rédaction en chef en nommant naguère une personne non dépourvue de talent – Dorothée Klein - mais que vous saviez pouvoir faire danser comme vous siffliez. Et qui n'étant plus nécessaire dans la nouvelle étape franchie se voit elle aussi « récompensée » de sa soumission et de sa naïveté. Naïveté qui fait place, dans votre nouvelle organisation, à l'arrivisme, l'avidité, la science du copinage, de l'intrigue et de la flatterie bien ciblée, entretenus par – Christine Laurent -, celle qui préside aux destinées d'un supplément d'une rare indigence et tire la langue depuis de très nombreuses années pour accéder au poste clinquant que vous lui concédez. Sans rire, à votre place, je m'agripperais des deux mains à mon fauteuil. Cela dit, je ne conteste en rien le droit à la grossièreté ou au mauvais goût (à condition de ne pas en faire une religion : voir la présentation du supplément Focus) qui sont des choix et des comportements ponctuels, contrairement à la vulgarité qui est une disposition permanente de l'esprit, ou de l'âme pour ceux qui en ont une.
Je crains que ce ne soit dans cette dernière voie que s'engage aujourd'hui une presse, Le Vif en tête, qui exige plutôt des journalistes de savoir compter et obéir aux caprices du « marchandising » et de ses mollah que de savoir écrire et analyser leur époque difficile en humanistes (excusez-moi pour ce gros mot qui fait son âge… et le mien aussi, dont l'énormité vous aurait, m'a-t-on dit, inquiété, ce dont je vous remercie).
Au revoir donc, Monsieur Faljoui, bien que nous ne nous soyons d'ailleurs jamais vus et même si j'aurais préféré de loin vous appeler « cher confrère ».
Quelle plume, ce Ghislain Cotton! Et quel esprit, quelle impertinence! Autant de qualités qui, aujourd'hui, n'ont plus vraiment la cote. Je remercie chaleureusement les auteurs de tous les commentaires ci-dessus: ils me tiendront au chaud pendant un long moment, lorsque la vague médiatique soulevée par mon licenciement et celui de plusieurs de mes collègues sera retombée - ce qui est inévitable, et c'est tant mieux, sinon comment la vie ferait-il pour continuer?- et que le blues me rattrapera. J'ai été heureuse de lire Valérie Hirsh, que j'ai effectivement connue au Vif, voici de longues années. Désormais, j'aurai peut-être le temps d'aller lui rendre visite en Afrique du Sud... :-)
Quoi qu'il en soit, je promets aux lecteurs du blog de Jacky de les tenir au courant de mes péripéties futures... Merci à tous, une fois de plus.
Mais il ne faut pas que la "vague médiatique "retombe! Sinon, pourquoi des personnages aussi abjects qu'Amid Faljaoui mettraient-ils un terme à leur entreprise de destruction, à leur politique de la terre brûlée ? Un peu d'émoi et puis le calme? Un peu d'embarras et puis tout rentre dans l'ordre, dans "son" ordre à lui, fait de menaces, d'humiliations, de complots? Il faut penser aux journalistes toujours présents au Vif, et en particulier à Philippe Engels, la dernière grande plume que compte ce qui était, jusqu'il y a peu encore, "mon" hebdo. Le tandem qu'il formait avec Isabelle Philippon était d'une incroyable complémentarité. A lui le flair et l'entêtement, à elle la plume et l'analyse. Que va devenir, dans ce panier de crabes, ce journaliste que je ne connais pas personnellement, mais que je suppose être d'une grande hauteur d'esprit et de coeur? On l'imagine assez mal suporter autant de bassesse humaine. Et, pendant ce temps, monsieur Faljaoui, lui, continuerait à nous heurter les oreilles sur Radio 21, "notre" radio, avec sa revue de presse économique pompeusement baptisée "la chronique d'Amid Faljaoui"? A propos, on aurait bien aimé qu'il profite de cette tribune que lui accorde chaque jour la RTBF pour nous expliquer, en des termes un peu convaincants, les raison du licenciement d'Isabelle Philippon. Pitié! Qu'on nous en débarrasse!
Comme je suis encore abonné au "Vif" (pour quelques mois), je découvre en son édition du 6 février un très long article qui rappelle les scandales politico-financiers de ces dernières années : Charleroy, Huy, Mouscron, Dinant......
La part belle est faite à ceux impliquant le PS.
Que l'on ne vienne donc plus radoter au sujet de l'éventuelle implication du parti socialiste dans les évictions des 4 journalistes.
CQFD.
Ou alors, Faljaoui en a oublié l'un ou l'autre.
Que Madame Philippon continue à écrire avec sa liberté de ton coutumière.
Pourquoi ne pas se lancer dans le journalisme sur le Net ? Après pareille mésaventure, Monsieur Schneidermann du Monde a lancé sa propre société de presse. Pour que la liberté de ton sur la politique intérieure belge continue, je suggère à Madame Philippon de travailler avec Monsieur Scheidermann (là le PS belge francophone est moins puissant, et c'est un socialiste wallon membre du Parti socialiste... français qui l'écrit).
Je lis toutes ces réactions et je tiens à répondre à certaines d'entre elles. Notamment celle sur la possibilité d'éditer une nouvelle publication libre et sérieuse et aux sites internet d'infos. Le problème, dans ce monde impitoyable, est évidemment le coût... Prenez le cas d'une entreprise énorme comme Roularta. Payer des journalistes à mener des enquêtes en profondeur, à faire des recherches, des interviews, à recouper des infos... pour écrire un papier (qui doit toujours être plus court parce que "les gens ne lisent plus...") bref, tout ce que les "vieux routards" faisaient coûte nettement plus cher que de poster des jeunes devant un PC, à retaper des dépêches sur un site internet. La presse sérieuse a des problèmes de rentabilité car, même s'il y a encore des gens (la preuve dans les réactions ci-dessus) pour la réclamer et l'acheter, elle souffre! Et elle est vouée à disparaître si les mentalités restent les mêmes. Je travaille pour une publication sérieuse, qui se veut objective et fouillée, les gens ne se pressent pas pour l'acheter. Son avenir est constamment remis en question. C'est mon bol d'air journalistique, là où je peux vraiment faire mon métier, donner une plus-value. Mais si le public ne l'achète pas, elle périra, et je m'en irai vers une autre publication faire du journalisme fait de rapidité, de rentabilité (il faut écrire au moins XXX feuillets par mois - donc "pisser" du signe, quel que soit l'intérêt, mais il faut que ça remplisse!), de caniveau. Et comme je suis de l'ancienne génération, pas de celle du "tout tout de suite", ce sera source de frustration... Mais le peuple sera content: il trouvera des communiqués déguisés en articles. Où va ce métier???
Voici la traduction française de la carte blanche de Dorothée Klein, ex-rédactrice en chef du Vif/L'Express, parue dans Le Morgen du vendredi 6 février. Cette carte blanche a également été envoyée au Soir, à La Libre et à Vers l'Avenir. Ce dernier a refusé la publication. Le premier a fait savoir qu'il comptait publier. Normalement... A diffuser le plus largement possible.
Le Vif/L’Express. Coup de balai… à la flamande
Dorothée Klein, ex-rédactrice en chef du Vif/L’Express
Un jeudi noir. Le 22 janvier dernier, j’ai été licenciée, quelques minutes avant trois journalistes du Vif/L’Express. Avec une indemnité de départ correspondant au minimum légal et l’interdiction de retourner sur le lieu de travail (sauf le samedi matin pour vider le bureau). Nous avons été jetées comme de vieilles chaussettes, comme si nous avions commis une faute grave. En une demi-heure, un quart de la rédaction du Vif/L’Express a ainsi été balayé. A nous quatre, nous totalisions 74 années au service du Vif/L’Express qui fait partie du groupe Roularta, dont la maison mère se trouve à Roulers (Flandre occidentale). Cette brutalité qu’on pensait n’appartenir ni à notre époque ni à notre secteur a suscité l’émoi chez les lecteurs et dans la profession (ce qui nous a été droit au cœur). Mais cette crise fait aussi écho à un malaise grandissant. La presse écrite va mal. D’une part, maintenir son lectorat relève de la gageure : pourquoi payer pour des infos disponibles par ailleurs gratuitement sur le Net ? Même les titres anglo-saxons de réputation internationale, toujours en avance de quelques années, n’ont pas de réponse à cette question. D’autre part, la baisse de la publicité, le nerf de la guerre médiatique, a commencé à se faire sentir voici un an. Elle s’est encore aggravée à l’automne dernier avec la crise financière et économique.
Ces deux phénomènes ne sont pas sans conséquence sur la vie des rédactions, de plus en plus réduites. Les départs ne sont plus remplacés. Des plans de licenciement sont annoncés. Par ailleurs, les journalistes doivent souvent travailler, en même temps, pour l’édition « papier » et le Net. Il leur faut innover, se remettre en question pour apporter cette « plus-value » qui fera la différence avec l’info gratuite. Ce défi est passionnant, mais aussi exigeant. En quelques années, le métier a profondément changé. Enfin, la « créativité » dont les régies publicitaires font preuve pour démarcher les annonceurs demande une vigilance accrue des rédactions en chef. Tout cela suscite des tensions, des discussions vives au sein des équipes. Au Vif/L’Express, comme dans d’autres rédactions en Belgique francophone. Cela avait-il fini par faire désordre au sein du BMC (Brussels Media Center), où sont regroupées l’ensemble des rédactions francophones et néerlandophones du groupe flamand Roularta ? A-t-on craint le risque de contamination, une forme de « syndicalisme wallon » ? En tant que rédactrice en chef, on m’a reproché d’être « coresponsable des problèmes dans la rédaction ». Avais-je laissé « la rédaction se transformer en un mini-Gaza médiatique » pour reprendre les propos du directeur du Vif/L’Express, Amid Faljaoui, sur la RTBF (29 janvier) ? L’expression est choquante et indélicate.
Jusqu’au 21 janvier dernier, j’aurais contesté quiconque mettait en doute la liberté de la presse en Belgique. Et pour cause : j’en ai fait le plus grand usage. J’ai pris le risque d’adopter un ton parfois provocateur sur des thèmes délicats, comme la crise communautaire, les dérives religieuses, la fraude fiscale, le lobbying pharmaceutique, l’égalité des sexes. Cela ne m’a pas valu que des amis : ainsi, chez mes collègues néerlandophones du BMC, mes prises de position très francophones ont parfois été ressenties comme anti-flamandes. A tort. Dans sa rubrique « Vu de Flandre », Le Vif/L’Express a donné la parole aux ténors de la presse du Nord. Des maladresses ont sans doute été commises. Mais notre travail était honnête. Les lecteurs ne s’y sont pas trompés. En 2007, les ventes du Vif/L’Express ont augmenté de 12 % en librairie. Ce qui m’a alors valu le soutien de la hiérarchie. Par convention éditoriale, tous les sujets de couverture devaient d’ailleurs être avalisés par le directeur du Vif/L’Express.
Puis survint l’hiver des annonceurs. La régie a été mise sous pression. Il m’est alors revenu que les annonceurs n’aimeraient plus mettre de la publicité dans Le Vif/’Express connoté anti-flamand. Faut-il préciser que les annonceurs « nationaux » sont souvent Flamands ? Sans doute une fausse excuse à laquelle de toute façon une journaliste ne peut pas prêter vraiment attention. Mais progressivement, insidieusement, on m’a fait sentir qu’il fallait faire profil bas. Jusqu’à me « lâcher » un peu honteusement le 22 janvier dernier ?
Cela restera sans doute un mystère. Mais je pars sans animosité, la tête haute, avec le sentiment d’avoir fait mon boulot de journaliste jusqu’au bout. Je souhaite courage et pugnacité à tous mes collègues qui continuent envers et contre tout à faire leur métier avec passion, qui investiguent et prennent des risques, avec le désir quelque part de changer le monde. La Wallonie et Bruxelles ont tant besoin d’eux.
@ michel (12h17)
Merci pour votre traduction de ce texte de Madame Klein.
Son article va évidemment dans le sens que beaucoup subodoraient : un coup de balai flamand.
Je crains néanmoins que cette x° "aventure" où l'on voit comment les Flamands traitent ceux qui ont l'outrecuidance de ne pas penser comme eux ou réfléchir dans une autre langue ne tombe désormais aussi dans l'oubli.
Il n'est pas permis en Belgïe-que francophone d'imaginer un seul instant ce que la Flandre veut vraiment et ce que Madame Klein et ses consoeurs avaient eu l'audace de dénoncer régulièrement. Cela relève évidemment de la politique de l'autruche assortie d'une bonne dose de méthode Coué.
Comme d'autres, j'attends la fin de mon abonnement au "Vif" de Faljaoui/Roularta et au "Soir" de Delvaux.
La Libre de Konen ne vaut pas mieux. Là aussi les annonceurs flamands ont activé la censure.
Il me reste la presse étrangère pour me déniaiser particulièrement JP Stroobants (tiens, un ancien belge) au Monde.fr et Jean Quatremer sur Libé.
http://bruxelles.blogs.liberation.f...
Isabelle, sache qu'il y a aussi des collègues flamands qui te soutiennent.
Ex-Roularta depuis quelques semaines, officiellement retraitée depuis quelques jours, écartée et isolée depuis plus d'un an avant cette date fatidique par la direction "nouvelle vague" qui règne chez Roularta, parce que qualifiée d'emmerdeuse moi aussi, j'imagine que le licenciement de mes quatres collègues est dabord du à la bêtise et à la vanité de leurs patrons. Beaucoup plus qu''à une attitude "flamingante" de l'entreprise. L'intelligence et la maîtrise du métier, la défense de sa déontologie et de sa valeur, dérangent. les nouveaux patrons. On veut des journalistes et des redacs-chef dociles. En temps de crise la peur est un moyen excellent pour obtenir la docilité.
Et attention les filles, ce monsieur aime semer l'intox de façon vilaine, même après le départ de ceux qui le dérangeaient . Il l' a fait avec ceux qu'il a liciencié avant vous.
Isabelle, sache qu'il y a aussi des collègues flamands qui te soutiennent.
Ex-Roularta depuis quelques semaines, officiellement retraitée depuis quelques jours, écartée et isolée depuis plus d'un an avant cette date fatidique par la direction "nouvelle vague" qui règne chez Roularta, parce que qualifiée d'emmerdeuse moi aussi, j'imagine que le licenciement de mes quatres collègues est dabord du à la bêtise et à la vanité de leurs patrons. Beaucoup plus qu''à une attitude "flamingante" de l'entreprise. L'intelligence et la maîtrise du métier, la défense de sa déontologie et de sa valeur, dérangent. les nouveaux patrons. On veut des journalistes et des redacs-chef dociles. En temps de crise la peur est un moyen excellent pour obtenir la docilité.
Et attention les filles, ce monsieur aime semer l'intox de façon vilaine, même après le départ de ceux qui le dérangeaient . Il l' a fait avec ceux qu'il a liciencié avant vous.
Merci Tessa!
Ne t'inquiète pas, je sais de quoi est capable ce "monsieur", comme tu dis...
Serrons les coudes et résistons à l'intox!
Un beau jour, il sera démasqué, sois-en sûr.
J'ai participé à un débat sur la presse, ce we, où cours duquel il m'a été confié que certains patrons de presse peu scrupuleux ont la désagréable habitude de lire les mails de leurs journalistes. Pensez-vous que Roularta (groupe dont les patrons semblent ne pas avoir été à l'école des gentlemen) s'abaissent à ce genre de pratiques? Il m'a été confié, au cours de ce même débat, que le licenciement récent des trois journalistes pourrait dès lors avoir une base illégale...
Le "beau jour" n'est peut-être plus si loin que ça, mesdames Philippon et Vermeiren... Du moins, à lire l'article ci-dessous :
http://bougnoulosophe.blogspot.com/...
Ce texte offensif et qui semble bien renseigné pourrait-il trouver un espace dans notre presse "libre" ? Voilà une vraie question étant donné que même la carte blanche de Dorothée Klein n'a pas été publiée par Le Soir ou par La Libre, et a été carrément refusée par Vers l'Avenir. A propos, avez-vous lu l'interview de Mme Klein dans le Pan ?
http://www.lepan.be/?p=3791#more-37...
Petit msg perso à messieurs Jacky Morael et "Molenews - que fait la presse" : même si vous faites la grève du clavier depuis un mois en solidarité avec les licenciées du Vif, pourions-nous connaître votre avis sur l'article ci-dessus et l'interview de Mme Klein ?
Je ne sais pas vous, mais moi, avec ces médias en crise, je suis terriblement inquiète pour l'avenir de la démocratie...
> QUI PEUT RESTER INSENSIBLE AU BAIN DE SANG QUI SE PREPARE ? APPEL URGENT... Voir sur http://leers-nord-libre-et-direct-l...
Madame Philippon,
Nous achetons le Vif chaque semaine que je lis souvent "en oblique" par manque de temps. Mais ces derniers mois, je trouvais qu'il y avait un changement de cap et ces dernières semaines, je le trouvais fort lisse. je n'étais pas au courant de votre licenciement et celui de vos collègues mais sans être au courant et même avec une lecture rapide, j'avais remarqué, sans le savoir, votre absence. Vous nous manquerez sincèrement.
Je n'achèterai plus Le Vif.
Je trouve la dialectique de Mme Philippon particulièrement hypocrite.S'inquiéter de l'avenir du " Vif" parce que la nouvelle rédactrice en chef vient du supplément " Week End" est un "argument" machiste...
Quoi, le fait de diriger un supplément "féminin" fait qu'on ne pourrait point être excellent journaliste ?
Si ma mémoire est bonne, cette Mme Laurent fut pendant quelques années la rédactrice en chef de " l'Instant", cet excellent hebdo d'informations générales qui finit hélas à son tour, comme le "Pourquoi Pas ?" par être racheté par " Le Vif" .
Cela, Mme Philippon le sait pertinemment mais n'en pipe mot.
Je pense alors que vous n'avez jamais lu ce supplément baptisé pompeusemnt à l'anglo-saxonne "life-style" qui ne présente mais alors strictement aucun intérêt, sinon de servir de gobe-mouche à une publicité démesurée.
Quant on pense qu'il a fallu abattre des arbres pour fabriquer ce "produit" qui finit en général immédiatement dans la poubelle de recyclage....
Madame Laurent était pendant de longues années redac-chef de ce supplément indigent, et j'ai beaucoup de mal à imaginer que cette même personne ne se transforme en star de la réflexion politique et societale.
L'Instant était tellement un bon journal ( aux capitaux socialistes)qu'il a finit assez rapidement aux oubliettes de l'Histoire. Roularta a alors charitablement repris la reine Christine pour la cantonner dans un placard bling-bling qui lui allait comme un gant.