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Grand moment d'émotion hier soir au Conseil de Fédération. Carine Russo nous avait fait parvenir une lettre annonçant sa décision de démissionner du Sénat, où elle avait été cooptée en juin 2007.

La lecture de sa lettre s'est déroulée, devant de nombreux délégués et mandataires, dans un silence empli de respect, de compréhension et d'affection.

Carine, avec la sincérité qu'on lui connaît, nous a fait part de sa déception devant la lourdeur du mandat, l'inertie et le formalisme des institutions et de ses difficultés de santé. De sa volonté aussi de préserver aussi sa vie familiale.

Elle a insisté sur sa volonté constante et incontestable de toujours placer l'utile avant le pouvoir.

Carine s'est investie avec force dans les dossiers qui lui tenaient à coeur, comme le sort des sans-papiers et des détenus, tout en se tenant toujours à l'écart des caméras et des micros. Alors qu'elle aurait pu aisément jouer sur le corde people et médiatiser sans difficulté chacune de ses initiatives.

Elle a pratiqué un sens de la pudeur rare en politique. Certains diront contre-performant, considérant que le "faire savoir" prime sur le "savoir-faire".

Carine quitte son mandat parlementaire mais pas ses engagements profonds, toujours aux côtés d'Ecolo, dans des groupes de réflexion et d'action sur les questions des sans-papiers et de la réinsertion des détenus dans la société.

J'ai eu le privilège, depuis quelques années, d'être proche de Carine, tantôt confident, tantôt conseiller et en garde une grande leçon de vie.

Lorsque je me suis exprimé au Conseil de Fédération, j'ai posé cette question très simple: les simples citoyens sont-lis inaptes à l'exercice d'un mandat parlementaire ou les parlements sont-ils inadaptés à leur donner une place efficace et valorisante ? A méditer...

Tous mes voeux de bonheur à Carine, ainsi qu'à Gino et Grégory.