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Claude Eerdekens a réussi la semaine dernière à se sortir à nouveau de l'oubli politique dont personne ne se plaignait en lançant dans la presse une attaque d'une rare violence contre le Ministre Ecolo Philippe Henry, qualifiant celui-ci de "nul parmi les nuls", d'intégriste et de fossoyeur de l'emploi wallon. Au passage, c'est le gouvernement wallon tout entier, "le plus mauvais depuis des années", qui en prenait pour son grade, l'imprécateur terminant mâlement sa sortie par l'annonce de sa décision de siéger dorénavant comme indépendant au Parlement wallon. Aujourd'hui, il passe la deuxième couche en déclarant dans le groupe Sudpresse qu'Ecolo est un "parti dogmatique, stalinien et militaire". Oufti ! Que voilà des propos couillus qui nous sortent du ronron médiatico-politique habituel !

A décoder néanmoins par un petit retour en arrière sur une histoire mouvementée.

Claudius Imperator, le débouté-bourgmestre !!

N'allez pas chercher les causes de cette puissante saillie dans le soleil de Nice (où il se trouvait en "mission" au salon de l'immobilier), ni sur un quelconque excès de pastis. En fait, notre brave édile socialiste voue depuis plus de 20 ans une haine viscérale, obsessionnelle et maladive à tout de qui ressemble de près ou de loin à un écologiste. Ces cuistres qui ont eu l'outrecuidance de se faire élire dans SON conseil communal, dans SA bonne ville d'Andenne, sur laquelle il entend régner comme un despote éclairé.

Depuis des années, les séances du Conseil communal sont en effet émaillées de scènes hallucinantes lors desquelles, ne supportant pas d'être questionné ou critiqué sur sa gestion par les conseillers Ecolo, le député-bourgmestre sort de ses gonds et, au bord de l'apoplexie, déverse sur ceux-ci des tombereaux d'injures et de grossièretés telles que "khmers verts", "pets de sardines", "rexistes", "connards", etc. Jusqu'à cette homérique séance en 2008 où la TV communautaire Canal C, filma pour une fois avec prise de son et diffusa la séquence sur son antenne. Pris la main dans le sac, ou plutôt la langue dans le pot de fiel, il alla jusqu'à menacer de retirer SES subsides communaux à cette TV pour obtenir d'elle qu'elle retire la séquence, qui aura cela dit un grand succès sur internet.

Car, l'homme est coutumier de l'intimidation. Y compris par des actions en justice, aux frais du contribuable andennais. Il échouera à chaque fois. Comme lorsqu'il ira et perdra jusque devant la Cour de Cassation pour une plainte d'une conseillère communale, empêchée d'exercer librement son droit d'interpellation au Conseil communal. Ou encore lorsqu'il se verra infliger un avis négatif de la Commission Permanente du Pacte Culturel pour utilisation abusive à ses seules fins de publicité personnelle du journal communal (toujours aux frais des mêmes contribuables locaux), au mépris du principe élémentaire de pluralisme démocratique.

Quand ils entendent le mot "stalinien" dans la bouche de Claude Eerdekens, tous ceux qui ont suivi l'actualité andennaise en sont à rire à gorge déployée.

Comme tous ceux qui, devant l'accusation de démagogie, se souviennent de ces propos et allégations grotesques dans la commission Dutroux ou dans l'affaire de l'assassinat d'André Cools et de la saga de la fameuse moto rouge retrouvée dans le garage ... de son grand-père et qui a fait perdre des semaines pour rien aux enquêteurs de la cellule Cools.

Le syndrome Citta verde

Mais revenons-en à ce qui aurait déclenché l'ire du bouillant Eedekens la semaine dernière.

En gros, en ce chaud matin cannois, Claude Eerdekens fulminait contre le blocage "intégriste" de Philippe Henry du projet du Groupe Delhaize d'implanter à Andenne un centre de logistique et son désintérêt total pour ces inespérés emplois promis.

Comme ça devient malheureusement de plus en plus l'habitude, la presse relaya dans un premier temps texto ces accusations sans trop chercher à recouper l'info ou à en savoir plus auprès des intéressés.

Il ne fallut que quelques heures pour que la baudruche se dégonfle. Il apparu assez vite en effet que le Ministre Henry ou son cabinet n'étaient en rien saisis du dossier mais que celui-ci se trouvait entre les mains du Ministre PS Jean-Claude Marcourt (compétent pour le développement économiques et les zonings en Wallonie)... et de la commune d'Andenne, qui n'avait encore rien transmis ! Cerise sur le gâteau, Delhaize le jour même se fendait d'un communiqué de presse affirmant que le dossier était toujours à l'étude, que le principe même de l'implantation d'un centre logistique en Belgique n'était pas encore décidé et encore moins sa localisation géographique !

Et voilà donc notre arroseur arrosé. Fin du premier acte.

Le mystère de la "Clé D'Hondt" et le retour du fils prodigue

Non, il ne s'agit pas du titre du prochain Indiana Jones. La Clé D'Hondt, c'est du sérieux, du lourd. Cette clé est le système de calcul pour la répartition des mandats entres groupes politiques dans les Conseils d'Administration des OIP (Organisme d'Intérêt Public).

Dans ces OIP, on compte nombre d'intercommunales, d'invests, de sociétés hospitalières ou de logement social ou des organismes tels que Mons 2015 (chargé de piloter le dossier de candidature de la ville de Mons au titre envié de Capitale culturelle européenne, suivez mon regard).

Or, l'annonce matinale par le pourfendeur de sa décision de siéger comme indépendant au Parlement wallon n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et les calculettes se sont mises à chauffer. C'est qu'au PS, quant il s'agit de mandats, on sait compter.

Le départ d'un de ses députés ferait passer le groupe PS de 29 à 28 sièges, ce qui modifierait les quotients de calcul d'après la clé D'Hondt et ferait mathématiquement reculer d'un rang le PS dans l'attribution des mandats dans les OIP wallons, au profit du MR et d'Ecolo. C'est compliqué, mais je tiens un très instructif tableau Excel à la disposition de ceux et celles que cela intéresserait. C'est aussi clair que E=mc².

Bref, dans l'intrépide opération "Rambo Eerdekens contre les khmers verts", le PS risquait d'y laisser de nombreux et précieux mandats.

Faut-il y voir malice et y trouver la raison du soudain revirement de notre héros en moins d'une journée ("Finalement, sous les acclamations de mes camarades, j'ai décidé, après avoir attentivement relu la Charte de Quaregnon, de rester et de rentrer, tel un fils prodigue, au bercail.") ? C'est pas mon genre. ;o))

Il y a une chose qui est sûre au moins, c'est que notre irremplaçable génie andennais a encore une fois perdu, dans ce pathétique vaudeville, une bonne occasion de fermer sa grande gueule !

Les chiens aboient, la caravane passe. RIP.