BoîteDeSurvie(Thévenet)

__''Après plus de deux cents jours d'incessantes et pénibles discussions, la réforme de l'Etat, pourtant posée par certains comme condition préalable à la formation d’un gouvernement, est, à chaque fois, renvoyée sur sa ligne de départ, alourdie d'exigences supplémentaires par des gens dont le plaisir est insatiable et pour lesquels l'histoire et la course du monde paraissent inéluctablement tourner autour de leur fantasmes linguistiques, de leur volonté de revanche sur un passé révolu et, surtout, de leur indécrottable égoïsme de nouveaux riches.

Alors, de la population prise par les difficultés du quotidien et par les angoisses du lendemain, montent le ras-le-bol et l’exaspération, le rejet et le dégoût, la rage et l’exigence. Quoi de plus légitime, de plus normal, de plus compréhensible. Encore faut-il ne pas se tromper de colère. Et de cible… ''__

A voir l'abondance de courriers, d'interpellations et d'initiatives citoyennes, il en ressort une constante : TOUS les responsables politiques sont mis dans le même sac et accusés de se livrer à des jeux de bac à sable, de faire durer le plaisir et d'être déconnectés des attentes de la population. Ainsi, il suffirait des les "enfermer au pain sec et à l'eau" pour que par magie une solution émerge subitement. Ou de consulter la "sagesse populaire" pour que la solution soit, comme par miracle, trouvée.

Qui peut croire un seul instant qu'il peut y avoir un quelconque plaisir à trouver dans ces palabres surréalistes ?

Je ne me suis pas présenté et n'ai pas été élu pour ça.

Vraiment, j'ai autre chose à f...

Si je me suis engagé en politique il y a maintenant près de trente ans, c'est avec la volonté d'agir dans une démarche collective pour changer la vie, pour la rendre plus chaleureuse, plus humaine, plus respectueuse, plus solidaire. C'est là ma passion, ma raison d'être vivant et fier. Toute ma vie d'adulte a été consacrée à cela et je ne m'en plaindrai jamais, cet engagement ayant été source de rencontres personnelles et de découvertes intellectuelles qui ont émerveillé et enrichi mon existence. Qui lui ont donné du sens.

J'ai été élu sur un programme de parti et sur un engagement personnel. Pour porter au parlement des enjeux sociaux et écologiques, pour défendre la solidarité et les libertés citoyennes, la préservation de notre qualité de vie et de celle des générations futures, la juste répartition des richesses collectives. Pour défendre des idéaux démocratiques et planétaires.

Pas pour faire l'inverse.

Pas pour plier devant les diktats d'un parti qui, parce qu'il a gagné les élections dans sa communauté et parce qu'il est docilement suivi par son ancien allié, veut imposer au pays une régression sociale, économique et démocratique sans précédent.

Pas pour accepter docilement une négociation dont l'agenda caché est la dissolution à terme d'un Etat fédéral multi-culturel basé sur le droit des citoyens, son incapacité programmée à faire face à ses missions (assurer et financer les pensions, la solidarité, la justice).

Pas pour admettre un système de financement pervers qui appauvrira implacablement les personnes déjà les plus fragiles du pays.

Pas pour permettre une compétition dangereuse en matière fiscale entre les régions, à l'heure où l'Europe a tant besoin de cohérence et de convergence.

Pas pour rendre les institutions encore plus compliquées pour les citoyens, par exemple en matière de justice, d'allocations familiales ou d'emploi.

Un jour, il faudra voter au parlement

Il est urgent que notre Etat fédéral soit réformé, simplifié, modernisé, rendu plus efficace, plus responsable et plus transparent.

Quels que soient les partenaires autour de la table, ils seront acculés à se montrer constructifs et à négocier un compromis. Il est grand temps d'y parvenir sans quoi la formation d'un gouvernement de plein exercice ne sera toujours pas possible.

Mais ce compromis devra respecter les grands équilibres qui fondent notre pays. Et éviter les pièges de la lassitude, de la pression, du chantage et des caprices. Sans quoi, après un bref moment de soulagement, la désillusion sera grande et la facture très lourde. Pour tous les citoyens.

Car un jour il faudra bien voter ces réformes au parlement, avec toutes leurs conséquences. Et je n'ai ni l'envie, ni l'intention de voter contre mes convictions et contre le mandat de l'électeur. Ni l'envie, ni l'intention.

Et s'il se trouve encore des gens pour croire qu'il y a du plaisir à prendre dans la "bac à sable", qu'ils sachent seulement...

... que je préférerais, et de loin, consacrer mes heures à débattre et tenter de convaincre sur les enjeux réels et urgents du moment : le développement économique durable de notre économie, les emplois verts et utiles, la répartition équitable des contributions et des richesses, l'innovation, la construction européenne, l'éthique en politique, l'efficacité des services publics, etc, etc, etc.

... que je préférerais, encore plus, consacrer le temps enfin disponible à construire des moments de bonheur avec mon fils et mon amoureuse, avec ma famille et avec mes amis.